Plusieurs centaines de personnes se sont rendues hier sur la place Rouge à Moscou pour honorer la mémoire de Staline, enterré au pied du Kremlin. Alexey Sazonov/AFP
Plusieurs centaines de personnes, toutes générations confondues, se sont en effet rendues hier matin, par un froid polaire, sur la place Rouge à Moscou pour honorer la mémoire de Staline, enterré au pied du Kremlin, endroit le plus symbolique et le plus prestigieux de Russie. Brandissant des drapeaux rouge et or ornés de la faucille et du marteau, emblème de l’Union soviétique, ou des portraits du dirigeant mort le 5 mars 1953, elles ont déposé, à l’instar du chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov, d’énormes bouquets d’œillets rouges devant son buste. « Avec lui au pouvoir, l’ordre régnerait, pas comme maintenant », maugrée Ioulia Kalatcheva, 45 ans. Pour cette militante communiste, les autorités actuelles « manquent de fermeté ».
Comme elle, de nombreux Russes conservent une attitude ambivalente à l’égard du défunt dictateur, entre la condamnation de la terreur et son rôle dans la victoire à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon un sondage du centre Levada publié hier, près de la moitié de la population estime que Staline a joué un rôle « positif », contre un tiers qui pense le contraire. « Staline était un génie, il a fait d’un pays arriéré une superpuissance », estime Larissa Tokounova, une juriste de 50 ans venue spécialement de la péninsule du Kamtchatka, située à huit fuseaux horaires de Moscou, en Extrême-Orient russe. « Si nous voulons remettre sur pied le pays, on ne pourra le faire que comme lui l’a fait », ajoute-t-elle. Le règne stalinien a pourtant été marqué par un régime de terreur, de répression et d’arbitraire, la déportation de peuples entiers (Tchétchènes, Ingouches, Tatars de Crimée, etc.) et la mort de millions de personnes, fusillées ou exterminées dans les camps de travail.
Nostalgie
Mais depuis le milieu des années 1990, son image s’est progressivement améliorée, les réformes libérales provoquant une montée de la nostalgie pour l’époque soviétique. Et avec l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête de l’État, le processus de réhabilitation du dictateur s’est poursuivi de plus belle, la position du président russe sur le sujet n’étant pas sans équivoque. « Dans l’histoire, tout n’est pas noir ou blanc », estime Roman Fomine, organisateur d’un des hommages à Staline. « L’époque était dure, rude. Il y a eu des répressions, mais elles ne doivent pas masquer la grandeur qu’a atteinte le pays », ajoute cet entrepreneur de 48 ans.
Une centaine de personnes se sont également rassemblées devant le musée consacré au dictateur à Gori, sa ville natale, en Géorgie. « Gloire au grand Staline », pouvait-on lire en géorgien et en russe sur une banderole exhibée par les participants qui se sont réunis devant la petite maison en bois où le dictateur est né en 1878 à Gori, à environ 50 km au nord-ouest de Tbilissi. « Staline est divin, Staline est immortel ! » a lancé Nugzar Avaliani, 76 ans, membre du Parti communiste géorgien, sous les applaudissements de l’assistance. Après un rassemblement d’une heure, le groupe d’admirateurs, pour la plupart des personnes âgées, s’est rendu dans une église proche du musée pour participer à un requiem à la mémoire de Staline.
(Source : AFP)


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Prière lire dans ma réaction : Staline est le bourreau le plus SANGUINAIRE. Merci.
14 h 17, le 06 mars 2013