Portrait de Stéphane Hessel, auteur de « Indignez-vous ! », le 8 février 2011 dans son domicile parisien. Joel Saget/AFP
À la retraite depuis 1983, Stéphane Hessel avait poursuivi son combat contre les injustices par des publications de manifestes et appels, à commencer par le célèbre Indignez-vous ! en octobre 2010.
Cet opuscule de 32 pages, appelant à une « insurrection pacifique », a été vendu à quelque 4,5 millions d’exemplaires dans 35 pays. Il a accompagné les soulèvements populaires contre les régimes dictatoriaux arabes. En Occident, le terme d’« indignés » a été repris par des manifestants en France, Espagne, Grèce, et jusqu’à New York où il a inspiré le mouvement « Occupy Wall Street ». Interrogé en mars 2012, Stéphane Hessel disait « s’étonner » encore de ce succès en ajoutant : « Cela s’explique par un moment historique. Les sociétés sont perdues, se demandent comment faire pour s’en sortir et cherchent un sens à l’aventure humaine. » En 2011, l’intellectuel avait récidivé en publiant Engagez-vous !, un livre d’entretiens ainsi qu’un appel contre l’arme atomique dans « Exigez ! Un désarmement nucléaire total ». Et l’an dernier, il avait sorti en France Déclarons la Paix ! Pour un progrès de l’esprit, reprenant des entretiens avec le dalaï-lama.
« Grand Européen »
Né le 20 octobre 1917 à Berlin, arrivé en France à 7 ans, Stéphane Hessel était le fils de Franz et Helen Hessel, née Grund, qui inspireront, avec l’écrivain Henri-Pierre Roché, le trio Jules et Jim porté à l’écran par le cinéaste français François Truffaut. Naturalisé en 1937, reçu à l’école d’élite française Normale Sup en 1939, le jeune Stéphane, qui parlait allemand, français et anglais, était l’incarnation de l’intellectuel européen. Mobilisé en 1939, puis fait prisonnier, il s’était finalement évadé et avait rejoint le général de Gaulle à Londres. Envoyé en France en 1944, il avait été arrêté et déporté à Buchenwald, où il avait maquillé son identité pour échapper à la mort. Après une nouvelle évasion, il avait réussi à rallier les troupes américaines pour arriver à Paris en mai 1945. À la Libération, il avait rejoint le secrétariat général de l’ONU, avant de participer en tant que secrétaire à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il avait par la suite entamé une carrière de diplomate qui allait le conduire au Vietnam et à Alger.
Élevé à la dignité d’ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, Stéphane Hessel avait alors milité pour les immigrés sans-papiers et pour les Palestiniens, ce qui lui avait valu les vives critiques des associations juives.
En France, plusieurs personnalités ont salué sa mémoire. Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a ainsi notamment rendu hommage à « l’humaniste authentique, le résistant indomptable et le penseur généreux » qui « manquera terriblement à notre pays ». À Bruxelles, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a salué dans un tweet « le grand Européen, toujours engagé, jamais satisfait, mû par un esprit de combat et de liberté ».
(Source : AFP)


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Le pdt du crif dit avoir le droit de s'indigner de la prise de position de Stephan Hessel pour la cause palestinienne, le minable !
13 h 10, le 28 février 2013