Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé qu’il n’y avait « pas d’austérité », mais une « gestion rigoureuse des finances publiques ». Pierre Andrieu/AFP
Sur les trois leviers possibles pour réduire les déficits – croissance, baisse des dépenses, pression fiscale –, la « réduction des dépenses doit être privilégiée », a affirmé hier le ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, à la radio RTL. Une cure qui se fera notamment dans le cadre de la « modernisation de l’action publique », a-t-il dit.
Jusqu’à présent, le gouvernement socialiste de François Hollande a plutôt imposé une cure d’économies sans précédent de 30 milliards d’euros aux Français avec des hausses d’impôts pour les particuliers et les entreprises (20 milliards au total), la dépense publique devant être réduite de 10 milliards par an pendant cinq ans.
Faute de croissance suffisante, la France ne va pas pouvoir tenir son engagement d’un déficit de 3 % du PIB fin 2013 et se retrouve en conséquence en quête de nouvelles économies.
« Nous ne devons pas ajouter de l’austérité au risque de récession », a souligné Pierre Moscovici, lors d’une rencontre avec des journalistes anglo-saxons, alors que des mesures impopulaires comme des taxes sur les retraites ou sur les allocations familiales sont évoquées.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé pour sa part qu’il n’y avait « pas d’austérité », mais une « gestion rigoureuse des finances publiques ».
Opposée à « la énième goutte d’eau qu’on va enlever de la mer en faisant croire qu’on va réduire le déficit », la droite a annoncé une prochaine motion de censure contre la politique du gouvernement. Elle sera déposée « dans la seconde quinzaine de mars », a précisé le président du parti UMP, Jean-François Copé. « En neuf mois, François Hollande a davantage augmenté les impôts que nous en cinq ans », a-t-il dénoncé, allusion au mandat de Nicolas Sarkozy (2007-2012).
La fiscalisation des allocations familiales et des pensions de retraites, évoquée par la Cour des comptes, l’organisme de contrôle des dépenses publiques ? « C’est du court terme. C’est pour trouver encore deux ou trois milliards au détriment des Français », s’est-il indigné.
Voix dissonantes au gouvernement
En attendant – « d’ici à 15 jours », selon une source gouvernementale – les lettres de cadrage budgétaire aux différents ministres, fixant les principales orientations en matière de dépenses pour 2014, des ministères font déjà entendre des voix dissonantes.
L’entourage du ministre du Budget Jérôme Cahuzac s’attend à des discussions « plus dures que jamais », selon le quotidien Le Figaro.
Dès dimanche, la ministre du Logement Cécile Duflot a affirmé que son « ministère » participait « à l’effort collectif, bien plus que d’autres en ce qui concerne les effectifs ». Figurant parmi les deux ministres écologistes participant au gouvernement, Cécile Duflot a plaidé en faveur plutôt d’un « devoir d’investissement ».
Sa collègue de l’Écologie, la socialiste Delphine Batho, affirmait de son côté qu’on était « au maximum de ce qu’on peut faire en termes d’économie et de réduction des dépenses ».
Les discussions pourraient aussi être rudes, comme elles l’ont été lors de la préparation du budget 2013, avec la ministre socialiste de la Culture, Aurélie Filippetti.
Selon le journal économique Les Échos, le gouvernement serait à la recherche pour l’an prochain de 4 à 5 milliards d’économies supplémentaires, un chiffre non confirmé par le ministère de l’Économie.
(Source : AFP)


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