À Québec, où il a dirigé l’archevêché entre 2003 et 2010, il a provoqué plusieurs levées de boucliers en défendant haut et fort les positions traditionnelles du Vatican contre le mariage homosexuel ou l’avortement, même en cas de viol, ou sur l’enseignement religieux dans les écoles publiques. « Avec une personne qui avait des positions aussi affichées, son retour de Rome, où il était en poste à la curie jusqu’en 2002, a créé un clivage » au sein de l’Église locale, estime Gilles Routhier, doyen de la faculté de théologie et des sciences religieuses de l’université Laval à Québec. D’autant que ces positions n’ont plus la cote au Québec, où la société a peu à peu tourné le dos à l’Église catholique à partir de « la révolution tranquille » de 1960, marquée par la montée du nationalisme francophone, la naissance d’un État moderne et une révolution des mœurs et des mentalités.
En bon traditionaliste, le cardinal Ouellet a même rétabli le confessionnal dans l’archidiocèse de Québec, là où les prêtres ne pratiquaient plus depuis plusieurs années que l’absolution collective. La presse locale l’a surnommé « le cardinal de fer », lui qui s’était donné pour tâche la « réévangélisation » d’une province dont les nombreuses églises sont aujourd’hui peu fréquentées, qui a légalisé le mariage homosexuel et l’adoption homoparentale, banni l’enseignement religieux des écoles publiques et où l’union libre (38 % des couples) bat des records mondiaux, deux enfants sur trois naissant hors mariage.
En 2007, dans une sortie inattendue, le cardinal Ouellet a cependant demandé pardon, au nom de l’Église, pour les abus sexuels de certains prêtres. Deux ans plus tard, son frère Paul, un artiste multidisciplinaire, a été condamné à 15 mois de travaux d’utilité publique pour avoir agressé sexuellement deux adolescentes dans les années 1980.
Troisième d’une fratrie de huit enfants, Marc Ouellet est né le 8 juin 1944 dans le village de La Motte, en Abitibi, alors une région de colonisation récente au nord-ouest du Québec. Un pays de défricheurs, de bûcherons et de mines d’or. Il sera ordonné prêtre dans sa paroisse en 1968 après avoir obtenu une licence de théologie à l’université de Montréal.


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S'il y a des positions rétrogrades a condamner se sont plutôt celles des défenseurs de l’homosexualité, de l'adoption homo parentale et des unions libres. L’église ne fait que nous rappeler nos responsabilité devant Dieu. En a-t-elle jamais imposé a quiconque par la force ses vues sur les problèmes sociaux? Jamais. Mais elle dérange! Elle dérange parce qu'elle nous rappelle toujours que nous sortons des normes, des lignes rouges tracées par Dieu. Car nous voulons nous permettre tout sans limites tout en ayant bonne conscience. Eh bien désolé, mais cela ne marche pas comme cela que cela plaise ou pas. Malgré tout, les peuples sont libres de se conduire vers la décadence, les méfaits et la perversité. Ils sont éphémères et le seront après la mort, l’église elle est éternelle.
05 h 50, le 18 février 2013