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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Clafoutis de tuiles

Les prix flambent, la dette s’envole, le chômage grimpe... La croissance, elle, a pris le chemin inverse et plonge vers des profondeurs abyssales. On s’était dit jadis qu’on allait peut-être y trouver du pétrole. Bingo ! On en a trouvé, mais d’ici à ce que les neuneus communautaires finissent de se crêper la touffe pour le partage du jus de fossile, l’énergie sera tellement diversifiée et bon marché, que seuls les riches pourront frimer en s’éclairant à la bougie.
Pour l’heure, on en est encore à mouliner les mêmes histoires de camions-citernes de mazout que le Tyranneau de Damas s’apprête à biberonner, les mêmes castagnes et bourre-pif autour des données informatiques de la téléphonie que les « francophons » de chez nous appellent « data », les mêmes fantasmes d’une loi électorale qui ne sera pondue qu’à la veille du scrutin...
Face à ce clafoutis de tuiles, les deux mêmes camps vermoulus d’il y a près de dix ans : les barbus et leurs pendentifs agrumes, le Barbichu et ses accessoires bariolés dont il pilote à distance l’animation sur Twitter.
Entre les deux, un gestionnaire de patrimoine comme rarement l’histoire contemporaine en a produit : Istiz Nabeuh, toujours à califourchon sur sa rente viagère du Parlement. Depuis des semaines, il est d’une discrétion de violette. Normal, il attend de voir qui va gagner avant de retourner sa crêpe et faire dans la grosse caisse. Son GPS à lui ce n’est ni le mazout ni la téléphonie, mais la circonscription unique allant du Liban-Sud jusqu’à Téhéran, en passant par Bassora en Irak, pour faire le plein de chiites et accessoirement régaler quelques poulains d’ici. Un parangon d’élégance, le haut perché législatif...
Entre-temps, le Libanais du bas d’en bas n’a droit jusque-là qu’à quelques images aussi virtuelles que poétiques : celles de croisières maritimes improbables à bord de centrales électriques flottantes turques, que la population attend avec angoisse et dont elle suit le trajet nœud après nœud.
– « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
– « Non, duchesse, rien. Juste l’électricité qui trembloie et EDL qui merdoie. »

 

gabynasr@lorientlejour.com

Les prix flambent, la dette s’envole, le chômage grimpe... La croissance, elle, a pris le chemin inverse et plonge vers des profondeurs abyssales. On s’était dit jadis qu’on allait peut-être y trouver du pétrole. Bingo ! On en a trouvé, mais d’ici à ce que les neuneus communautaires finissent de se crêper la touffe pour le partage du jus de fossile, l’énergie sera tellement diversifiée et bon marché, que seuls les riches pourront frimer en s’éclairant à la bougie.Pour l’heure, on en est encore à mouliner les mêmes histoires de camions-citernes de mazout que le Tyranneau de Damas s’apprête à biberonner, les mêmes castagnes et bourre-pif autour des données informatiques de la téléphonie que les « francophons » de chez nous appellent « data », les mêmes fantasmes d’une loi électorale qui ne...
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