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Radio days

L’Unesco a ce privilège de pouvoir rebaptiser les jours du calendrier au nom des espèces à protéger (Journée de la femme, Journée de l’enfant) ou des causes à promouvoir (la gentillesse, le cancer du sein). L’an dernier, le 13 février a été consacré Journée mondiale de la radio. Avant-hier, nous célébrions donc la deuxième édition de cet hommage à un dinosaure technologique qui nous vient du XIXe siècle. Pourquoi la radio? Parce qu’à l’ère de l’Internet et des téléviseurs LED, la bonne vieille radio est le dernier moyen de communication accessible à tous et surtout aux populations et aux communautés les plus défavorisées, les plus marginalisées, les plus éloignées de la civilisation. C’est par la radio que sont menées en Afrique les campagnes de prévention contre le sida, c’est par la radio que les populations amazoniennes sont sensibilisées à la déforestation, c’est aussi par la radio que les habitants du sud du Liban sont éduqués à la gestion de l’eau.
Cela dit, la radio a toujours occupé une telle place dans nos vies que nous avons chacun une histoire personnelle avec la bête. Dans mon enfance de baby boomer, la radio siégeait à la cuisine où notre nounou écoutait à tue-tête des chansons populaires arabes. Quand nous rentrions de l’école affamés, et qu’en poussant la porte derrière laquelle Fayrouz s’époumonait à couvrir le sifflement de la cocotte, nous libérions les senteurs du confort et du réconfort, la radio concentrait à elle seule le bonheur d’être chez soi. Tout se mêlait à tout, la voix poignante de la diva sentait l’ail et la coriandre et le déjeuner avait la saveur des vieilles chansons d’amour. Ma grand-mère, en revanche, n’avait jamais renoncé au monument qui lui servait de récepteur. Ce grand meuble de bois blond, coquettement orné d’un napperon de dentelle, crachouillait un sabir où l’on distinguait parfois un vocable familier. Nous rêvions devant les noms de pays sur lesquels se déplaçait le curseur à mesure que nous tournions le bouton. Il nous semblait qu’en nous arrêtant sur « Paris » ou « Oslo », un correspondant mystérieux nous raconterait des histoires d’ailleurs. Mais rien ne venait. C’était très frustrant.
Michel Tournier raconte avec le talent qui est le sien l’omniprésence de cette radio de la dimension d’une cheminée qui siégeait à la place d’honneur dans les pièces à vivre. Il faut imaginer, dit-il, l’effet de l’appel du 18 juin 1940 dans les foyers français. La voix habitée du général de Gaulle qui tombait de nulle part, avec l’effet d’un message divin, dans l’atmosphère pesante d’un couvre-feu. En 1976 ou 77, alors que nous allions à l’école entre deux volées d’obus, notre mère nous avait équipés d’un petit transistor, gri-gri supposé nous protéger en nous indiquant les zones de combat. Premier contact avec la voix qui sauve et son grain qui cachait mal un tremblement inquiet. Ma radio était rouge et tenait au creux d’une main. Elle m’a appris à écouter.
L’Unesco a ce privilège de pouvoir rebaptiser les jours du calendrier au nom des espèces à protéger (Journée de la femme, Journée de l’enfant) ou des causes à promouvoir (la gentillesse, le cancer du sein). L’an dernier, le 13 février a été consacré Journée mondiale de la radio. Avant-hier, nous célébrions donc la deuxième édition de cet hommage à un dinosaure technologique qui nous vient du XIXe siècle. Pourquoi la radio? Parce qu’à l’ère de l’Internet et des téléviseurs LED, la bonne vieille radio est le dernier moyen de communication accessible à tous et surtout aux populations et aux communautés les plus défavorisées, les plus marginalisées, les plus éloignées de la civilisation. C’est par la radio que sont menées en Afrique les campagnes de prévention contre le sida, c’est par la radio...
commentaires (1)

Douce nostalgie Fifi pour ce transistor fierté des petits et grands et qui accompagna aussi les sinistres jours noirs de la guerre civile de 1975.... De nos jours c'est le télephone portable qui fait tout . Nazira.A.Sabbagha

Sabbagha A.Nazira

11 h 09, le 14 février 2013

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Commentaires (1)

  • Douce nostalgie Fifi pour ce transistor fierté des petits et grands et qui accompagna aussi les sinistres jours noirs de la guerre civile de 1975.... De nos jours c'est le télephone portable qui fait tout . Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha A.Nazira

    11 h 09, le 14 février 2013

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