Des milliers d’ouvriers ont manifesté hier contre la fermeture d’une usine de Goodyear en France. Patrick Kovarik/AFP
Rassemblés sur le parking du siège de Goodyear à Rueil-Malmaison, dans la banlieue parisienne, où se tenait dans le même temps un comité d’entreprise extraordinaire, les salariés ont crié des slogans hostiles au projet de suppression de 1 173 postes de l’usine d’Amiens (Nord).
Revêtus de tee-shirts rouges marqués « Non aux licenciements » à l’avant et « Goodyear patrons voyous » dans le dos, certains manifestants ont lancé des fumigènes, de la peinture et des œufs aux forces de l’ordre, positionnées en cordon policier, et qui ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes.
Des salariés des usines automobiles de PSA, du métallurgiste ArcelorMittal ou du groupe pharmaceutique Sanofi, également victimes de plans sociaux, se sont joints aux employés de Goodyear.
Selon la police, les manifestants sont un millier, 3 000 pour un syndicat.
Selon un porte-parole de la direction de cette entreprise, la réunion du comité d’entreprise extraordinaire (CCE) porte notamment sur des mesures d’accompagnement de la fermeture de l’usine d’Amiens et sur « le contexte économique ».
« C’est la première journée de lutte pour faire voir qu’on veut se battre pour notre emploi », alors que des plans sociaux tombent en cascade, explique Mickaël Mallet, délégué du personnel chez Goodyear.
Les syndicalistes se sont voulus rassurants sur leurs objectifs. « Nous partons faire du bruit, simplement, pas pour casser », a assuré Franck Jurek, délégué CGT (syndicat majoritaire), alors que le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, s’est inquiété récemment des risques « d’implosion ou d’explosions sociales » face à la montée du mécontentement dans le pays.
Appel du gouvernement au dialogue
Hier, le ministre français du Travail, Michel Sapin, a invité tous « les salariés en colère » à intensifier, « privilégier » le dialogue avec leur entreprise, pour trouver les « solutions » pour éviter les licenciements. Concernant Goodyear, il a estimé qu’il y avait « encore des possibilités ».
Dans leurs revendications, les manifestants réclament une loi contre les licenciements boursiers dans les entreprises qui réalisent des bénéfices, une promesse de campagne du président François Hollande élu en mai 2012.
Chez Peugeot, des discussions se poursuivaient hier entre la direction et les syndicats sur la fermeture programmée en 2014 de son site d’Aulnay-sous-Bois en région parisienne. En l’état actuel des négociations, un accord avec la direction de PSA sur son plan de restructuration serait « une honte », a jugé le délégué syndical CGT, Jean-Pierre Mercier.
Entre 2012 et 2014, 11 214 suppressions de postes sont envisagées chez le premier constructeur français, dont 3 000 à Aulnay et 1 400 à Rennes (Ouest), avec une phase de départs volontaires ouverte jusqu’au 31 décembre.
Les autres syndicats jugent possible de parvenir à un projet d’accord sur les mesures d’accompagnement des salariés touchés par la restructuration.
Chez les syndicats de Renault, au contraire, le ton est au pessimisme, les deux principaux ont averti qu’ils ne signeraient pas en l’état l’accord de compétitivité voulu par la direction. Le projet porte notamment sur la suppression de 8 260 emplois en France d’ici à 2016, soit plus de 15 % des effectifs, a priori sans fermeture de site ni licenciement.
Mais la direction demande aussi le gel des salaires en 2013, un allongement du temps de travail, une plus grande mobilité, et prévoit une augmentation des volumes de production pour préserver l’avenir du groupe automobile.
(Source : AFP)


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