Les chars de l'armée libanaise, le lundi 4 février 2013, dans la région de Ersal dans la Békaa. AFP/STR
Des médias locaux ont rapporté que l'armée libanaise a lancé une vaste opération sécuritaire à Ersal (Békaa, est du Liban). Cette opération de la troupe intervient trois jours après la mort de deux militaires dans une embuscade dans cette localité à majorité sunnite près de la frontière syrienne. La troupe, qui assiège Ersal depuis samedi, est à la recherche des individus impliqués dans les affrontements entre ses membres et des hommes armés.
Lundi matin, un photographe de l'AFP a vu d'importants renforts des commandos parachutistes se diriger vers la plaine de la Békaa.
Parallèlement, des Libanais ont brièvement coupé à l'aide de pneus en feu l'autoroute de Tabarja (Kesrouan) ainsi que la route de Sarba (Kesrouan) dans les deux sens en soutien à l'armée libanaise. Plus tard en soirée, la route de Kahalé (sud de Beyrouth) et l'autoroute de Batroun (nord) ont également été brièvement coupées.
Dans un communiqué, l'institution militaire a remercié les Libanais de leur solidarité, leur demandant néanmoins de ne pas recourir aux manifestations et au blocage des routes.
Dans un entretien publié lundi, le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, a assuré que les militaires répondront avec force à toute attaque les visant.
"Nous couperons la main de quiconque agresse l'armée et nous poursuivons les attaquants où qu'ils se trouvent et quel que soit le parti auquel ils appartiennent", a dit le général Kahwagi au quotidien libanais as-Safir.
Dimanche, il avait affirmé aux soldats que l'attaque contre la patrouille de l'armée à Ersal "était préméditée et que les deux victimes avaient été tuées de façon barbare. Les méthodes utilisées vont à l'encontre de nos religions chrétienne et musulmane".
Le général Kahwagi a en outre félicité l'armée qui "fait barrage aux plans visant à impliquer le pays dans la chaos régional".
Un élu local a précisé à l'AFP que le commandant Pierre Bechaalani et l'aspirant Ibrahim Zahrman avaient été assassinés à l'aide de haches et leurs corps mutilés, ajoutant qu'ils avaient été vraisemblablement torturés. Selon des responsables des services libanais de sécurité, les agresseurs étaient des islamistes radicaux.
L'armée a, depuis, lancé une traque pour retrouver les coupables. Elle avait arrêté samedi plusieurs personnes, pour la plupart en possession d’armes. Parmi eux, deux des fils de Ali Houjeyri, le président du conseil municipal du village.
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Le chef des services du renseignement militaire libanais, le général Edmond Fadel, a toutefois assuré lundi que Pierre Bechaalani et Ibrahim Zahrman n'avaient pas été assassinés à la hache et leurs corps mutilés, comme rapporté par certains médias: selon lui, toutes les victimes ont été tuées ou blessés par balles.
Selon le général Fadel, les militaires s'étaient rendus vendredi à bord de deux voitures civiles à Ersal pour arrêter Khaled Hmayed, alias Adam Chahine, un islamiste d'une quarantaine d'années.
"C'est un Libanais, mais il passait la majorité de son temps en Syrie. Il avait participé à une attaque contre un barrage de la police à la frontière (le 1er novembre 2012) et au rapt de sept Estoniens (en mars 2011). Il travaillait avec le Front al Nosra (groupe jihadiste en Syrie) et la Brigade Abdallah Azzam, (branche d'el-Qaëda)", a-t-il expliqué.
"Cet homme, très dangereux et expérimenté, a tiré quatre balles avec son revolver en direction des voitures, les passagers ont riposté, le blessant mortellement", a-t-il ajouté.
En repartant sur la route enneigée, ils sont tombés dans une embuscade tendues par 80 hommes armés, et lors des combats, deux militaires ont été tués et huit autres blessés. Les assaillants ont conduit les blessés à la municipalité où ces derniers ont été battus, et l'armée a réussi a récupérer ses morts et ses blessés dans la soirée, a précisé le général.
Edmon Fadel s'est par ailleurs engagé à ce que l'assassinat des deux soldats ne reste pas impuni.
"L'armée n'oubliera jamais ses morts, ni les hommes qui les ont tués", a-t-il confié aux journalistes.
Le Liban subit le contre-coup de la guerre qui ravage son voisin et qui a causé la mort de 60.000 personnes depuis mars 2011, selon l'ONU. Le nord et l'est du pays ont été le théâtre de bombardements et d'accrochages alors que le régime syrien a demandé aux responsables libanais de mieux contrôler la frontière afin d'empêcher la contrebande d'armes et le passage de combattants.
Selon as-Safir, l'embuscade de vendredi est "un indicateur du risque" posé par "les cellules islamistes qui se sont formées avec la crise syrienne".
Le pays du cèdre est profondément divisé sur le conflit syrien qui a éclaté en 2011. Les chiites du Hezbollah et leurs alliés chrétiens soutiennent le régime de Bachar el-Assad, alors que les sunnites qui sont à la tête du Courant du Futur appuient les rebelles.
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Lundi matin, un photographe de l'AFP a vu d'importants renforts des commandos parachutistes se diriger vers la plaine de la Békaa.
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