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Liban

Raid israélien en Syrie contre un convoi d’armes destiné au Hezbollah

OLJ
31/01/2013

L’aviation israélienne a frappé mardi soir en Syrie un convoi se dirigeant vers le Liban, ont indiqué hier des sources sécuritaires, tandis que des habitants près de Damas ont dit à l’AFP que des missiles avaient touché un « centre de recherches sur les armes non conventionnelles ».
Selon eux, ce centre, qui se trouve à al-Hameh, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Damas, a été touché par six missiles qui l’ont détruit partiellement, déclenchant un incendie et faisant au moins deux morts.
Une vidéo mise en ligne par des militants antirégime de la région ont montré des explosions dans la nuit, ainsi que des flammes au sol.


En revanche, des sources sécuritaires libanaises ont affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’il s’agissait d’un « convoi armé en direction du Liban qui a été touché du côté syrien de la frontière vers 23h30 GMT », sans préciser la localisation exacte de l’attaque.
Selon une source citée par le site Nowlebanon, le convoi qui se dirigeait vers le Liban, plus précisément au Hermel, transportait des armes à destination du Hezbollah. Le convoi a été frappé au niveau de la région de Qousseir.
« La cible était un camion transportant des armes, se dirigeant de Syrie vers le Liban », a dit un diplomate occidental, selon lequel la cargaison ne comprenait probablement pas d’armes chimiques.
Une source au sein de la rébellion syrienne contre le président Bachar el-Assad a déclaré qu’une frappe aérienne avait détruit à l’aube (04h30 GMT) un convoi sur une route montagneuse à environ cinq km au sud du point où l’autoroute Damas-Beyrouth franchit la frontière.

Des armes à destination du Hezbollah
La cargaison comprenait probablement des missiles antiaériens et antichars sophistiqués, a-t-on ajouté de même source. « L’attaque a visé des camions transportant des armements perfectionnés du régime à destination du Hezbollah », a dit cette source en précisant que le bombardement avait eu lieu en Syrie, même si la frontière est difficile à repérer dans ce secteur.


Israël a menacé à plusieurs reprises d’attaquer des convois qui pourraient transporter des armes chimiques ou d’autres types d’armement dont dispose l’armée syrienne, telles que des missiles Scud à longue portée ou des missiles antiaériens vers le Liban pour le Hezbollah.


De source proche des services de sécurité libanais, on précise qu’il « n’y a pas eu d’attaque au Liban, ni à l’intérieur du territoire ni près de la frontière avec la Syrie. »
Le gouvernement israélien a refusé, quant à lui, de s’exprimer sur le sujet. Israël a dit récemment son inquiétude de voir une partie de l’arsenal militaire syrien tomber entre les mains de « groupes incontrôlés ».
En soirée, Damas a annoncé que l’aviation israélienne a visé « un centre de recherche militaire ».

Concertations militaires israélo-US
À Washington, Maison-Blanche et département d’État se sont refusés à tout commentaire sur l’action israélienne. Le chef du renseignement militaire israélien, le général Aviv Kochavi, se trouve actuellement à Washington où il a notamment rencontré le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, ont indiqué à l’AFP deux responsables américains de la Défense.


Toutefois, la chaîne de télévision libanaise, MTV, a rapporté en soirée citant le département de la Défense américaine que « l’armée de l’air israélienne a lancé une frappe militaire ciblée en Syrie. » Selon le colonel Stephen Warren, « le Pentagone observe de près la situation et s’inquiète d’un transfert possible d’armes dangereuses syriennes aux mains de groupes extrémistes. »
De son côté, la chaîne al-Arabiya a rapporté en soirée, citant un expert militaire israélien, que « le convoi ciblé par l’État hébreu en Syrie transportait des missiles SA-17 ».

 

(Pour mémoire : Israël redoute une mainmise du Hezbollah sur les armes chimiques syriennes)

L’aviation israélienne survole le Liban
À Beyrouth, l’armée a fait état d’un survol particulièrement intensif du territoire libanais, affirmant que 16 avions de combat israéliens étaient entrés dans l’espace aérien libanais durant la seule journée de mardi.
Mardi, « en violation de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701, huit avions de combat israéliens ont survolé plusieurs régions libanaises à partir de 09h30 (07h30 GMT) (...) et le dernier a quitté l’espace aérien libanais à 16h30 », a indiqué un communiqué de l’armée.
Ensuite, « quatre avions de guerre israéliens ont survolé plusieurs régions du Liban de 16h30 à 21h05 après être entrés dans l’espace aérien libanais au-dessus de la localité de Rmeich », proche de la frontière israélienne, selon un autre communiqué.
Quatre autres appareils israéliens ont ensuite survolé le Liban « de 21h05 à 02h00 », selon le même texte.


Dimanche, le vice-Premier ministre israélien Silvan Shalom a déclaré que l’État hébreu pourrait réagir militairement au moindre signe indiquant que la Syrie est en train de perdre le contrôle de l’arsenal d’armes chimiques qu’elle posséderait.
Si les chiites du Hezbollah ou les rebelles qui tentent de renverser Bachar el-Assad venaient à s’emparer d’armes chimiques, « cela modifierait de manière spectaculaire les capacités de ces organisations », a dit Silvan Shalom.
Une telle évolution représenterait « un franchissement de toutes les lignes rouges et nécessiterait une nouvelle approche, y compris des opérations préventives », a-t-il ajouté.

Les craintes israéliennes
De sources militaires israéliennes, on souligne que ces inquiétudes ne concernent pas seulement l’arsenal chimique syrien mais aussi les armes conventionnelles.
Selon l’Agence d’information américaine Associated Press, les responsables israéliens craignent que les armes chimiques syriennes ne finissent entre les mains du Hezbollah ainsi que les missiles antiaériens SA-17.
Hier matin, avant les informations concernant la frappe, le général à la retraite Amnon Sofrin, ancien chef du renseignement au sein du Mossad (le service d’espionnage israélien), avait jugé, devant des journalistes, improbable qu’Israël ait recours à des frappes aériennes contre des dépôts d’armes chimiques car elles comporteraient de graves risques humains et écologiques.


L’armée israélienne a redéployé dimanche deux batteries du système antimissile Iron Dome dans le nord du pays en vue d’une éventuelle action militaire contre des cibles en Syrie ou au Liban, une opération qualifiée de « routine » par les responsables.
Le 23 janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait convoqué une réunion du cabinet restreint consacrée aux menaces que pourrait faire peser sur Israël la déstabilisation du régime syrien, en présence des chefs de l’armée et des services de renseignements.
Dimanche, il a mis en garde contre « les importantes menaces sécuritaires qui visent Israël », citant l’Iran et « des armes létales dans une Syrie qui est en train de se désintégrer ».

Demandes de masques à gaz en Israël
Interviewé mercredi par la radio israélienne, Silvan Shalom n’a pas dit si l’armée israélienne avait mené une opération sur le « front nord » mais a rappelé la menace que fait peser le conflit syrien sur toute la région. « Si les choses prennent une mauvaise direction, il faudra bien agir », a-t-il dit.
Les demandes de masques à gaz par des citoyens israéliens ont triplé cette semaine, selon les services postaux israéliens qui sont chargés de distribuer ces masques fournis par le gouvernement.
De son côté, le quotidien israélien Yediot Ahronot a indiqué que l’État hébreu craignait que la guerre civile qui a lieu en Syrie ne constitue l’occasion de fournir au Hezbollah des armes biologiques, ainsi que des missiles Scud (S-15, S-17 et S-22).


Le quotidien a ajouté que le parti chiite libanais a reçu des missiles capables de toucher les navires israéliens, en plus d’une transaction d’armes de 4 milliards de dollars qui lui a été fournie récemment. Le quotidien a ajouté qu’Israël craint que les armes ne finissent entre les mains du Hezbollah en cas de chute du régime de Bachar el-Assad.

 

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CBG

Israel défend sa propre sécurité, et s en fout du reste. Ce n est pas le dernier raid....

Sabbagha Antoine

Une guerre ou personne n'ose fournir de détails vraiment nouveau en tactique de combat .





Antoine Sabbagha

SAKR LEBNAN

C'est encore FLOU...

M.V.

C'est encore une agression israélienne injuste heureusement cette fois ci ,' semble t il ' hors de nos frontières ,c'est encore un acte barbare ... alors que nous avons besoins impérativement d'espoir et d'armements ...pour dynamiser notre démocratie expérimentale et surtout libérer les Fermettes de Chebaa...

Halim Abou Chacra

C'est la "distanciation" du Hezbollah et de son gouvernement de la guerre en Syrie. Ni gouvernement, ni Parlement, ni qui que ce soit, dans ce pays, sait jusqu'où ira cette "distanciation". Sauf qu'elle atteint tous les jours "wilayet el-faqih" à Téhéran. Cela tout le monde en est sûr.

GEDEON Christian

A quoi joue donc Israël?Chacun sait que la déstabilisation du régime syrien est un cauchemar pour Israël.Cherche -t-il à créer un réflexe national autour du régime?Au moment où le chef supposé de l'opposition fait des ouvertures de négociations?Ce ne sont pas quelque missiles de plus ou de moins aux mains du hezb qui vont inquiéter les Israëliens...il faudrait être bête pour le penser ou chercher à le faire croire.Non.Il y autre chose derrière tout çà...Israël estime-t-il que le point de rupture du régime est presque atteint?Et agit- il en conséquence en fonction de ses intêrets?probablement,mais pas seulement en, fonction de ses seuls et uniques intêrets!....les dindons de la farce sanglante qui se joue seront comme d'habitude les peuples dits arabes...les levantins en fait,qui payent au prix fort du sang et de la souffrance la haine dont il sont l'objet depuis des lustres....pourquoi?parcequ'ils continuent en dépit de tout à représenter une possibilté de "vivre ensemble" dont ne veulent ni les Israëliens,ni les "autres"...on m'aura compris,je crois.Nous,Levantins,reclamons le droit d'être ce que nous sommes...et le monde ferait bien de nous écouter!

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