Jessica Chastain, ou lorsqu’Athéna s’en va-t-en guerre. (DR)
de Kathryn Bigelow
Avec Jessica Chastain.
Athéna, déesse de la guerre, est à la mode de nos jours. Elle occupe petit et grand écran. Elle a troqué son armure et son casque contre des cheveux longs, blonds, encadrant son beau visage et une jolie silhouette. Les nouvelles Athéna sont asexuées. Elles connaissent peu le plaisir de la chair, mais se délectent bien de la souffrance des victimes. Athéna porte aujourd’hui le nom de Carrie Matheson (Claire Danes) dans la série télévisée Homeland et de l’agente Maya (Jessica Chastain) au grand écran. Quelle que soit leur époque, elles ont toutes les trois un objectif en tête, voire une obsession : défendre leur cité. Aujourd’hui, on dirait leur « Homeland ».
En 2001, l’Amérique a été attaquée, violée dans ce qu’elle avait de plus sacré et de plus précieux : son inviolabilité, son infaillibilité, son pouvoir à se défendre. Dix ans plus tard, la voilà sous les traits d’une jeune agente de la CIA qu’on qualifierait de killer (tueuse) prête à assouvir sa vengeance, à redonner la dignité à toutes les victimes innocentes. La traque du siècle, de l’homme le plus redoutable, le plus redouté. Trois lettres, OBL, qui ont fait incliner, s’agenouiller la CIA plus d’une fois, qui ont fait douter les États-Unis de leur puissance. Et voilà une jeune Athéna se souciant peu de sa vie privée, mais mobilisant son énergie, ses connaissances, sa perception pour retrouver Oussama Ben Laden ! C’est encore une fois Kathryn Bigelow, qui a fait ses preuves avec les démineurs en Irak, qui récidive avec ce sujet brûlant. Le titre renvoie à l’heure où le leader islamiste a été tué à Abbottabad (banlieue d’Islamabad), au Pakistan, le 2 mai 2011 à 00h30. Au plus proche de la réalité des faits rassemblés par le journaliste Mark Boal, avec lequel Kathryn Bigelow avait déjà travaillé sur Démineurs, ce long-métrage a pourtant bien des lacunes bien que la scène finale est d’une bonne intensité cinématographique. Le manque de consistance des personnages et les raisons de Jessica Chastain à s’obstiner demeurent mystérieux et déséquilibrent cette fiction.
Si l’action n’ennuie à aucun moment et que la prestation de Chastain est louable, bien qu’on la préfère de loin dans Tree of Life, Zero Dark Thirty n’est pas de ces films marquants. Bien au contraire, on est prêt de l’oublier aussitôt sorti de la salle.
Cinemacity,Empire Galaxy/Dunes, Grand Cinemas ABC Achrafieh, Dbayeh/ Concorde/Saïda mall, Planète Abraj/City Complex Tripoli, Cinemall
The Sessions,
de Ben Lewin
Avec Helen Hunt
et John Hawks.
En 1988, à Berkeley, en Californie, le poète et journaliste Mark O’Brien est mandaté pour écrire un article sur la sexualité des personnes handicapées. Lui-même, pratiquement paralysé et confiné à une civière, émet le souhait de perdre sa virginité. Comme Mark est un fervent chrétien, il demande d’abord l’avis du prêtre de sa paroisse, le père Brendan. Il entre ensuite en contact avec une assistante sexuelle, Cheryl, qui a la tâche de calmer ses craintes, de lui apprendre la sexualité et de la mettre en pratique. Quelques rencontres seulement suffisent à bouleverser la vie de famille de Cheryl.
Excellente prestation d’Helen Hunt qui, en thérapeute sexuelle, parvient à nous faire comprendre la mission de ces personnes-là chargées de procurer un peu de bonheur aux handicapés. Très bonne performance aussi de Hawks (Winter Bone) en poliomyélitique cloué sur sa civière ou en position horizontale tout au long du film. L’attention et le dévouement de Hunt pour le personnage de Mark O’Brien sont bien mis en parallèle avec le devoir du prêtre, sympathiquement campé par William H. Macy. Que peut la foi dans ces cas-là ? Le terrestre et le spirituel s’affrontent pour mieux s’analyser, se comprendre. Un film traité sans aucun pathos, mais avec beaucoup d’humour et de subtilité et qu’on aura plaisir à voir.
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