Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Irak

Des tribus sunnites « novices » en manifestation

Les haut-parleurs crachent un air du temps de Saddam Hussein. Indifférents, des anciens bavardent autour d’un café. Depuis deux semaines, des tribus sunnites campent à Samarra pour protester contre « les injustices » que leur fait subir le pouvoir chiite de Bagdad.
D’abord relativement discrètes dans le mouvement de contestation sunnite qui secoue l’Irak depuis fin décembre, les tribus de Samarra, dont l’influence est considérable, ont décidé d’investir la place al-Haq le 1er janvier. Pas démotivés par le froid mordant de ce bout de terre situé à 120 km au nord de Bagdad, plus de 2 000 manifestants, uniquement des hommes, dorment chaque nuit sous des tentes installées autour d’une estrade.
Le soir, des orateurs se succèdent au micro pour réclamer le départ du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, relayant les appels de tribus sunnites de Anbar, qui jugent que ce dernier « les a insultés ». Car le mouvement de la place al-Haq traduit le malaise généralisé de la minorité sunnite. « Le gouvernement de Bagdad ne devrait ni nous exclure ni nous marginaliser. On nous refuse des emplois, nos droits sont niés. Le gouvernement n’enquête pas sur nos proches qui ont disparu et il voudrait que nous nous taisions ? » s’indigne cheikh Talal Khalid al-Saaoui.
Des drapeaux irakiens, dont un de l’époque de Saddam Hussein, ondulent au vent. La journée est rythmée par les appels à la prière de la mosquée al-Razzaq et les arrivées aléatoires de camions chargés de vivres. « Nous sommes novices dans l’art de manifester », s’excuse Naji Abbas al-Mizan, propulsé porte-parole du campement. Le chef de la tribu des Achraaf à Samarra, cheikh Haythem al-Haddad, dont le crâne est ceint du traditionnel keffieh rouge et blanc à damier, sonde la foule du regard. « Toutes les tribus de Samarra participent (au mouvement). Il y a 25 tribus à Samarra et elles ont environ 10 à 15 tribus alliées », se félicite-t-il.
Le mouvement de protestation des sunnites irakiens a démarré en trombe dans les derniers jours de décembre, après l’arrestation de neuf gardes du ministre des Finances Rifaa al-Issawi, un sunnite. Outre la libération de prisonniers, les manifestants réclament l’abrogation de lois antiterroristes dont ils estiment faire les frais. Dans leur ligne de mire, Nouri al-Maliki a alterné les menaces et les concessions pour essayer de mettre fin au mouvement, qui se traduit notamment par le blocage de l’autoroute reliant Bagdad à la Syrie et à la Jordanie, dans la province sunnite de Anbar.
Par ailleurs, les tribus s’estiment tout autant victimes des enlèvements et attentats, qui restent quasi quotidiens dans la région de Samarra, que le reste des Irakiens.
Mais les manifestants ne veulent surtout pas tomber dans l’écueil du confessionnalisme en faisant endosser la responsabilité de leurs malheurs à leurs concitoyens chiites et ainsi raviver les vives tensions entre les deux communautés. « Nous demandons à nos frères chiites du Sud de protester car nous sommes un seul peuple et nous voulons préserver l’unité nationale. Nous sommes tous unis par le sang et les liens de l’islam », souligne Abou Tarik, 51 ans. Mais s’ils ont eux aussi manifesté, les chiites irakiens l’ont fait pour apporter leur soutien à Nouri al-Maliki.
(Source : AFP)
Les haut-parleurs crachent un air du temps de Saddam Hussein. Indifférents, des anciens bavardent autour d’un café. Depuis deux semaines, des tribus sunnites campent à Samarra pour protester contre « les injustices » que leur fait subir le pouvoir chiite de Bagdad.D’abord relativement discrètes dans le mouvement de contestation sunnite qui secoue l’Irak depuis fin décembre, les tribus de Samarra, dont l’influence est considérable, ont décidé d’investir la place al-Haq le 1er janvier. Pas démotivés par le froid mordant de ce bout de terre situé à 120 km au nord de Bagdad, plus de 2 000 manifestants, uniquement des hommes, dorment chaque nuit sous des tentes installées autour d’une estrade.Le soir, des orateurs se succèdent au micro pour réclamer le départ du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut