L’année 2013 verra-t-elle enfin la fin de la polarisation entre 8 et 14 Mars, avant ou après l’échéance électorale ? Les cartes seraient rebattues, les alliances revues, de manière à ce qu’une troisième force médiane émerge enfin et puisse faire pencher la balance en Conseil des ministres et à la Chambre...
Selon des observateurs, si les élections ont lieu alors que la crise syrienne continue de battre son plein, la polarisation actuelle ne disparaîtra pas. Au contraire. Dans ce cas, l’émergence d’une troisième force centriste paraît plutôt compromise, même si certains responsables aspirent vivement à ce qu’elle voit le jour. Au plan populaire, le pays restera inexorablement divisé entre 8 et 14 Mars tant que le régime syrien n’aura pas cessé d’exister, et, par conséquent, l’expérience centriste ne prendra pas, comme ce fut déjà le cas en 2009. L’on se souvient avec quelle difficulté certains candidats dits « centristes » ou « indépendants » avaient eu du mal à trouver une place sur les listes.
Si, en revanche, le régime Assad disparaît avant le scrutin, la donne pourrait changer complètement. Un tel développement ôterait au 8 et au 14 Mars leurs outils de mobilisation des masses et les deux camps seraient obligés de se renouveler.
D’aucuns pensent cependant qu’une percée de la troisième force reste possible malgré la polarisation. Cette force serait constituée, dit-on, du Premier ministre Nagib Mikati, du chef du Front de lutte nationale, Walid Joumblatt, du président de la Chambre, Nabih Berry, du chef du parti Kataëb, l’ancien président Amine Gemayel, sous l’ombrelle du président de la République, Michel Sleiman. Ce dernier finirait son mandat en force, à même de jouer enfin pleinement son rôle d’arbitre et d’autorité, ce que l’influence néfaste du régime syrien et la polarisation extrême ont presque rendu impossible depuis son élection en 2008.
Il faut rappeler que, par le passé, un bloc centriste avait réussi à faire élire Sleimane Frangié à la présidence de la République, là où le Helf, bien que représentant la majorité des chrétiens, avait échoué. Si la crise syrienne arrive à son terme et qu’une troisième force émerge enfin avant les prochaines législatives, ou encore si ce bloc centriste voit le jour après les élections, il pourrait jouer un rôle déterminant dans l’élection présidentielle de 2014, de sorte que le prochain président ne soit issu ni des rangs du 8 Mars ni de ceux du 14 Mars, mais provienne d’une troisième voie... Ce président pourrait aussitôt bénéficier d’une majorité parlementaire et populaire et donner de l’espoir aux Libanais.
Il reste à savoir si les élections auront lieu ou pas dans les délais impartis. Cela dépendra du sort de la situation en Syrie et de la possibilité de s’entendre sur une nouvelle loi électorale. Tout devrait se décanter dans les deux prochains mois. C’est à ce moment-là que 8 et 14 Mars sauront enfin si le moment est venu pour eux de cesser d’exister et de sombrer dans l’oubli.
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