Las d’attendre des armes de l’étranger qui ne viennent pas, les rebelles syriens fabriquent leurs propres machines de guerre. Mouzaffar Salman/Reuters
« Personne ne nous aide. Alors, on fait tout nous-mêmes pour abattre Bachar », explique l’un des hommes, un barbu, tout en continuant à travailler le fer. « Nous sommes des volontaires, des travailleurs, nous n’avons jamais été soldats », ajoute-t-il en expliquant que, grâce à Internet, ils affinent peu à peu leur technique. Pour les explosifs, ils extraient le TNT des roquettes gouvernementales qui n’ont pas explosé et les recyclent dans leurs propres armes. La portée et la puissance des mortiers varient selon les personnes interrogées. « Ils sont fabriqués sur place. Ils n’ont pas la force des roquettes du régime, mais ils font leur effet », estime Abou Mohammad, qui proclame fièrement que ses engins peuvent provoquer des trous de plus de trois mètres.
Pour un autre artificier, les mortiers, fabriqués en une journée, ont une portée maximum de 6 km. Le succès du tir n’est cependant pas garanti. Deux ouvriers affirment que les obus atteignent 80 % à 90 % de leurs cibles. Mais parfois, ils n’explosent pas, ou prématurément. « Plus on travaille, plus on gagne en expérience », souligne l’un d’eux. Il explique avoir découvert qu’en laissant déposer trop longtemps le mélange propulseur, ce dernier absorbe l’humidité ambiante, ce qui empêche l’explosion.
À Alep, les insurgés ont tiré des mortiers à partir d’un tuyau fixé sur l’essieu d’une voiture.
Récupération peut rimer aussi avec réparation : des mécanos tentent ainsi de remettre en état un char T-72 tombé récemment aux mains des rebelles, mais à la boîte de vitesses bloquée. « Nous n’avons ni blindés, ni avions, ni artillerie. Nous n’avons que ce que nous saisissons comme butin de guerre et nous combattons Assad avec ce que nous avons », dit l’un des mécaniciens, Abou Djoumaa.
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