De g. à d. Abdallah Dardari, Fouad Zmokhol et Marwan Iskandar.
« En ces temps de crise, nous avons imaginé cinq initiatives qui peuvent permettre d’appréhender l’année qui s’annonce optimiste », a souligné M. Zmokhol. « La première consiste à bâtir un plan de secours à court terme, basé sur des objectifs réalisables permettant d’accumuler des résultats succincts mais permanents », a-t-il indiqué. Selon le président du RDCL, il serait presque contreproductif d’essayer de mettre en place des projets à long terme « car ils risquent d’être en permanence modifiés à chaque retournement de situation dans le pays ».
Le second point essentiel, selon M. Zmokhol, est le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), « capables de réagir plus vite à une situation de crise et de s’y adapter, contrairement aux grandes entreprises qui ralentissent l’embauche et réduisent leurs investissements en attente de jours meilleurs ». Il propose donc la création d’un fonds de financement, non seulement pour l’investissement, mais aussi pour financer le fonds de roulement (FDR) à coût réduit en aidant les PME à honorer leurs dettes et subvenir à leurs coûts.
En troisième lieu, le RDCL encourage à revivifier le secteur touristique et attirer la diaspora libanaise. « Il devrait être un devoir national pour nos dirigeants, tous bords politiques confondus, de déployer leurs efforts pour ramener les touristes arabes et rebâtir nos liens stratégiques avec la large communauté d’expatriés », a souligné le président du RDCL.
Le quatrième point sur lequel M. Zmokhol s’est attardé concerne la réforme fiscale interne. « Toute réforme fiscale devrait débuter en priorité par une restructuration des dépenses publiques en réduisant les divers coûts bien avant de penser à augmenter les recettes », a fait valoir le président du RDCL. Selon lui, l’État devrait restructurer les écoles publiques, surveiller les prix des générateurs, réorganiser les transport publics au lieu de penser à augmenter les taxes et les impôts sur des citoyens, déjà très affectés par la crise.
Enfin, M. Zmokhol a proposé l’idée de bâtir des partenariats avec les chefs d’entreprise syriens. « Les grandes entreprises syriennes, au lieu de se diriger vers la Jordanie, l’Égypte ou les Émirats arabes unis, pourraient rapidement être délocalisées ici et s’installer dans nos régions rurales », a indiqué le président du RDCL. « Cela contribuerait à réduire notre taux de chômage et à redynamiser notre croissance sur l’ensemble du territoire », a-t-il ajouté. « Nos dirigeants sont connus pour être les spécialistes des occasions manquées, ne les laissons pas passer une fois de plus à côté d’une opportunité à portée de main ! » a conclu M. Zmokhol.
De son côté, M. Iskandar a énuméré les problèmes principaux auxquels le Liban devrait s’attaquer pour mettre fin au cercle vicieux du ralentissement de la croissance. Il a cité le déficit public, le déficit de la balance des paiements, la hausse du chômage, la baisse drastique du nombre de touristes arabes et des investissements directs étrangers, l’inflation galopante ou encore toutes les tensions sociales qui paralysent l’activité économique. « Pour réduire le déficit budgétaire, il faut à tout prix résoudre durablement le problème de l’électricité, et pour le déficit de la balance des paiements, il faudrait émettre des bons du Trésor d’une valeur de 5 milliards de dollars avec des intérêts de 6 % pendant cinq ans qui pourraient être traduits en actions dans le secteur de l’électricité », a-t-il suggéré.
Pour M. Dardari si les réformes à court terme sont essentielles, elles doivent pourtant faire partie d’une stratégie globale. Rappelant que la croissance en 2010 avait atteint un pic de 7 %, il indique néanmoins que les experts ne savent pas si les raisons de ce dynamisme étaient internes ou externes. M. Dardari a en outre insisté sur l’importance de dynamiser l’emploi et l’investissement, et d’encourager les industries créatives.


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12 h 04, le 22 décembre 2012