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À La Une - Syrie

Téhéran devrait dire "stop" à Damas, affirme Ankara

Une centaine de blessés sont admis chaque jour à l'hôpital principal de Damas ; les rebelles progressent dans le camp de Yarmouk.

Une maison détruite dans la ville rebelle d'Aazaz, dans la région d'Alep. Ahmed Jadallah/

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé mardi l'Iran à "envoyer des messages clairs" au régime de Damas en vue de le pousser à mettre fin aux violences qu'il commet.

 

"Au lieu de critiquer le système (de missiles antimissiles Patriot dont la Turquie se dote), l'Iran devrait dire 'stop' au régime syrien qui a de manière continue opprimé son propre peuple et provoqué la Turquie par des violations de (sa) frontière", a dit M. Davutoglu à des journalistes à Ankara.

"Ce que nous attendons de l'Iran, ce n'est pas qu'il fasse des déclarations sur le déploiement d'un système défensif, mais qu'il utilise ses leviers et adresse des messages clairs afin de s'assurer que l'oppression cesse", a poursuivi M. Davutoglu.

 

"Ceux qui suivent étroitement le dossier savent que le système Patriot sert à la défense et ne sera pas actionné, sauf s'il y a une attaque" visant la Turquie", a-t-il martelé. "Aujourd'hui, s'il y a un élément dans la région qui menace la paix, c'est bien la politique agressive du régime syrien", a encore dit le ministre.

 

Ces commentaires font suite à des inquiétudes exprimées ces derniers jours par des responsables politiques et militaires iraniens quant au déploiement de Patriot sur le territoire turc.

 

A la demande de la Turquie, les Etats-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas vont mettre en place des batteries de ces missiles, dans le cadre de l'Otan, pour renforcer les défenses de ce pays à sa frontière avec la Syrie, en proie à un conflit meurtrier depuis 21 mois.

Des soldats allemands sont d'ailleurs arrivés lundi soir en Turquie pour préparer l'installation de missiles Patriot allemands dans ce pays afin de le protéger d'éventuelles menaces syriennes, dans le cadre d'une mission de l'Otan. Selon l'agence de presse Anatolie, la délégation comprend également des militaires néerlandais.

 

Le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, a qualifié de "provocation" l'installation des Patriot à la frontière syrienne, mettant en garde contre ses conséquences "incalculables".

Le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, avait auparavant déclaré que cette mesure faisait partie "des plans pour une guerre mondiale" ourdis par "les pays occidentaux".

 

(Lire aussi : Un journaliste US dit avoir été détenu par des miliciens pro-Assad liés au Hezbollah)

 

 

Une flottille russe en Méditerranée

Dans ce contexte, la Russie a dépêché une flottille de navires de guerre en Méditerranée en prévision d'une éventuelle évacuation de ses ressortissants de Syrie, signe supplémentaire de l'inquiétude du principal allié du régime de Damas devant la progression des insurgés menaçant désormais la capitale.

 

Ces navires se dirigent vers le littoral syrien "pour faciliter une éventuelle opération d'évacuation de ressortissants russes (...) Les préparatifs de ce déploiement se sont déroulés en toute hâte et sous le sceau de la confidentialité", précise l'agence de presse russe Interfax.

Moscou dispose d'une base navale au port syrien de Tartous.

 

 

Exode massid du camp de Yarmouk

Sur le terrain, les rebelles syriens ont pris le contrôle d'une importante partie de Yarmouk, grand camp palestinien du sud de Damas, mais l'armée se préparait mardi à une contre-attaque d'envergure, poussant les habitants à un exode massif.

 

Selon un habitant de Yarmouk venu récupérer des affaires chez lui, "des centaines d'insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL) se trouvent mardi à l'intérieur" du camp. Il a assuré que l'armée syrienne a donné jusqu'à 12H00 (10H00 GMT) aux 150.000 habitants pour prendre leurs affaires et partir.

"Des habitants ont décidé d'obtempérer mais d'autres de rester", a affirmé à l'AFP un autre habitant.

 

Par ailleurs, de nombreux Palestiniens, entassés dans des bus et voitures, attendent d'entrer au Liban au poste-frontière de Masnaa, a constaté un photographe de l'AFP. Selon la Sureté générale et l'UNRWA (agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens), 2.000 Palestiniens ont traversé la frontière dimanche et lundi, mais mardi l'affluence était encore plus grande.

Le porte-parole de l'UNRWA à Jérusalem, Sami Mhasha, a indiqué que "selon des estimations prudentes, au moins 50% ont quitté ou quittent le camp pour trouver refuge dans d'autres quartiers de la capitale".

 

La Syrie compte 490.000 Palestiniens, en majorité venus du nord de la Palestine lors de la première guerre israélo-arabe de 1948, rejoints par d'autres au fil des conflits.

 

"Nous ne pouvons pas dire pour le moment que quelqu'un a pris totalement le contrôle du camp" a indiqué via Skype à l'AFP Abou al-Soukan, un militant habitant le camp, soulignant que l'armée du régime, toujours déployée dans le quartier mitoyen de Tadamoun, pouvait revenir à tout moment.

 

 

Pénurie de pain et de combustible

Par ailleurs, une centaine de blessés sont admis chaque jour à l'hôpital principal de Damas, où le personnel médical fait face à une pénurie de médicaments et d'anesthésiants, a annoncé mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

"Les blessures les plus fréquentes sont des brûlures et des blessures par balles ou dues à des explosions", a déclaré Tarik Jasarevic, porte-parole de l'organe onusien, lors d'une conférence de presse à Genève.

Parmi les blessés se trouvent de plus en plus de femmes et d'enfants et on observe une hausse du nombre de cas de malnutrition en provenance de la province de Damas, de Deir Ezzor, Hassakeh, Deraa et Homs, a-t-il précisé.

 

Des pénuries de pain et de combustible aggravent en effet la situation, ont déclaré des responsables du Programme alimentaire mondial (PAM) lors de cette même conférence de presse.

"La situation humanitaire est grave et nous avons des difficultés d'accès. La distribution a ralenti mais nous continuons de fournir des denrées", a expliqué Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM, à la veille du lancement d'un appel de fonds pour la Syrie en 2013 par les agences de l'Onu. "De longues files d'attente devant les boulangeries sont désormais la norme en de nombreux endroits en Syrie", a-t-elle ajouté, précisant que le PAM était dans l'incapacité de doper son assistance en raison d'un manque de partenaires sur le terrain et de difficultés à atteindre les régions les plus durement frappées par le conflit.

 

 

Reportage

Une victoire au goût amer pour les rebelles à Alep

 

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé mardi l'Iran à "envoyer des messages clairs" au régime de Damas en vue de le pousser à mettre fin aux violences qu'il commet.
 
"Au lieu de critiquer le système (de missiles antimissiles Patriot dont la Turquie se dote), l'Iran devrait dire 'stop' au régime syrien qui a de manière continue opprimé son propre peuple et provoqué la Turquie par des violations de (sa) frontière", a dit M. Davutoglu à des journalistes à Ankara.
"Ce que nous attendons de l'Iran, ce n'est pas qu'il fasse des déclarations sur le déploiement d'un système défensif, mais qu'il utilise ses leviers et adresse des messages clairs afin de s'assurer que l'oppression cesse", a poursuivi M. Davutoglu.
 
"Ceux qui suivent étroitement le dossier savent que le système Patriot sert à la...
commentaires (2)

Le Hezbollah aux abois nous est apparu dans l'appel de Nasrallah pour le dialogue. Le rêve du Fakih s'en va en fumée et celui de Nasrallah, en héros national, idem. C'est plutôt en criminel de guerre et la prison qui semble être son horizon futur. Vendu corps et âmes a l'Iran, le Hezbollah ne control plus sa destinée et son avenir parait sombre. Seul un sursaut intelligent de la part de la branche dite "Libanaise" nous permettrais de sauver le plus de meubles possibles. Un dictateur et théocrate de surcroît, peut il l’être? A voir, mais il est clair qu'il n'y aura pas de négociation pour pour le futur gouvernement, ni de consensus et surement plus de tiers de garantie. Je le défie d'oser bouger une cartouche pour tenter de mettre la main sur le pays et que ceux qui l’espère ou qui l'en croit capable subiront son sort qui est de passer en justice pour les crimes politiques mais aussi crimes de guerres et faits et méfaits en Syrie. Le temps de la paix se rapproche et plutôt que Nasrallah ne le pense.

Pierre Hadjigeorgiou

07 h 51, le 18 décembre 2012

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Commentaires (2)

  • Le Hezbollah aux abois nous est apparu dans l'appel de Nasrallah pour le dialogue. Le rêve du Fakih s'en va en fumée et celui de Nasrallah, en héros national, idem. C'est plutôt en criminel de guerre et la prison qui semble être son horizon futur. Vendu corps et âmes a l'Iran, le Hezbollah ne control plus sa destinée et son avenir parait sombre. Seul un sursaut intelligent de la part de la branche dite "Libanaise" nous permettrais de sauver le plus de meubles possibles. Un dictateur et théocrate de surcroît, peut il l’être? A voir, mais il est clair qu'il n'y aura pas de négociation pour pour le futur gouvernement, ni de consensus et surement plus de tiers de garantie. Je le défie d'oser bouger une cartouche pour tenter de mettre la main sur le pays et que ceux qui l’espère ou qui l'en croit capable subiront son sort qui est de passer en justice pour les crimes politiques mais aussi crimes de guerres et faits et méfaits en Syrie. Le temps de la paix se rapproche et plutôt que Nasrallah ne le pense.

    Pierre Hadjigeorgiou

    07 h 51, le 18 décembre 2012

  • Début probable de la division de la Syrie en cantons confessionnels . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 46, le 18 décembre 2012

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