Des rebelles célèbrent leur victoire sur un char détruit de l’armée, après la prise de la stratégique école d’infanterie dans le nord de la Syrie. Zain Karam/Reuters
Pour les rebelles, la prise de l’école est un nouveau succès après celui remporté une semaine plus tôt sur la grande base militaire de Cheikh Souleimane, même si elle avait été le fait des jihadistes du Front al-Nosra, désormais considéré par Washington comme une organisation terroriste. « Nous sommes fiers quand un soldat tombe pour une bataille victorieuse », explique Moustafa Maraï, un combattant rebelle de 26 ans rencontré à environ un kilomètre de la base. « Mais si j’avais eu le choix, j’aurais préféré qu’Abou Fourat soit toujours en vie », assure le jeune homme. « Il transformait toute opération en succès, c’est difficile de trouver quelqu’un comme lui », poursuit-il.
La brigade Liwa al-Tawhid a confirmé samedi la mort d’Abou Fourat, tué selon un responsable par un tir de char. Avant la crise, Abou Fourat dirigeait une brigade de blindés de l’armée syrienne. Il a fait défection après avoir mis sa femme et ses enfants à l’abri, et avait rejoint la rébellion, où cet homme avenant et intelligent était très apprécié. Montant en première ligne sur les fronts les plus dangereux d’Alep, en particulier ceux de Salaheddine et de Seif al-Dawla, il était également en charge des opérations militaires au sein de sa brigade, liée aux Frères musulmans.
« La nouvelle a été terrible pour nous », raconte Hafidh Ibrahim, un responsable de Liwa al-Tawhid, au QG de la brigade à Alep. « Nous avons perdu un très grand esprit militaire », poursuit-il. Évoquant deux autres gradés morts dans la bataille pour l’académie militaire, il souligne que « ces responsables militaires étaient toujours sur le terrain, ils avaient une grande expérience et ont formé beaucoup de combattants ». « Abou Fourat était comme un père pour nous soldats », se souvient Abdullah Kirz, qui a combattu plusieurs fois à ses côtés, ajoutant : « Quand l’un d’entre nous se sentait triste, il nous remontait le moral. Il était un symbole pour nous tous. J’ai l’impression d’avoir perdu une partie de moi-même. »
À l’entrée de l’école d’infanterie, à une dizaine de kilomètres au nord d’Alep, des douilles tapissent le sol maculé de sang. La façade et les barricades qui avaient été érigées par les soldats sont criblées de balles. Voitures calcinées, cratères d’obus de mortier : la bataille a été féroce. Au total, au moins 23 autres combattants rebelles et 20 membres des forces du régime ont été tués le même jour, selon l’OSDH. Cette école « est un point stratégique car de là, ils bombardaient des localités comme Maara ou Azaz », explique Abou Yezen, un responsable rebelle sur place.
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Au Nord, recul, A Damas, recul, au centre bientôt recul et la bataille va être longue? Elle l'a été suffisamment a ce jour. Le régime s’écroulera brusquement sans crier gare, du jour au lendemain et c'est pour bientôt! Tres bientôt Hassouna!
08 h 12, le 18 décembre 2012