L’opposition laïque et libérale, qui rejette un projet liberticide trop empreint de principes religieux, a dénoncé de nombreuses irrégularités et soutient que même si le « oui » l’emporte, une majorité simple ne suffira pas à légitimer un texte devant faire l’objet d’un consensus. Les opposants de gauche, laïques, socialistes, chrétiens coptes, musulmans libéraux, unis dans leur opposition au décret présidentiel du 22 novembre offrant de larges pouvoirs au chef de l’État, trouvent en effet sur le terrain économique et social des arguments contre les Frères musulmans au pouvoir. Mais à l’approche des législatives, qui devraient se tenir dans un délai d’environ deux mois une fois adoptée la nouvelle Constitution, la confrérie espère toujours que l’opposition finira par renouer avec ses vieux démons de la division. « Si les forces laïques ne parviennent pas à rester unies, le parti Liberté et Justice (PLJ, le parti des Frères musulmans) enregistrera même au final des gains plus importants », affirme Essam el-Erian, vice-président du PLJ.
Les divisions au sein de la société ? Le dirigeant islamiste dit qu’elles existent « dans le monde entier ». Mais les Frères musulmans ne peuvent ignorer le mécontentement croissant de la population. Parmi les Égyptiens qui ont voté « oui » lors du référendum, certains n’ont fait qu’opter pour la stabilité après deux années de troubles postrévolutionnaires. Ils pourraient être sensibles au message des opposants qui dénoncent la mauvaise gestion de l’économie par le pouvoir en place, son indifférence envers les pauvres et des mesures uniquement ciblées pour favoriser les Frères et leurs alliés. L’opposition bâtit ainsi lentement une alternative crédible, mais les Frères musulmans ont construit un maillage social et un réseau caritatif sans équivalent en Égypte, ce qui leur donne l’avantage dans des scrutins comme les législatives où la dimension locale est plus importante.
Le procureur général démissionne
En attendant, l’opposition préparait hier de nouvelles manifestations pour aujourd’hui. Le Front du salut national (FSN), qui réunit les principaux mouvements de l’opposition de gauche et libérale, a appelé à « descendre dans la rue mardi pour défendre les libertés, empêcher la fraude et rejeter le projet de Constitution », avant la seconde étape du vote samedi prochain. Au Caire, le rassemblement doit se faire sur l’emblématique place Tahrir. En soirée, des juges ayant accepté de superviser la première phase du référendum sur le projet de Constitution controversé ont annoncé avoir décidé de boycotter le second tour, accusant les autorités de ne pas avoir tenu leurs promesses. Enfin, le nouveau procureur général, Talaat Ibrahim Abdallah, dont la nomination il y a moins d’un mois par M. Morsi était contestée, notamment au sein de la magistrature, a présenté sa démission, a indiqué une source judiciaire. Sa demande sera examinée par le Conseil suprême de la justice dimanche prochain.
(Source : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine