Rechercher
Rechercher

Liban - Le Commentaire

Les leaders libanais face à leurs responsabilités historiques

Si la responsabilité de l’armée et des FSI est de préserver la sécurité et la stabilité du pays, celle des hommes politiques est de trouver une solution aux causes de l’instabilité et de l’insécurité, et non de se contenter de critiquer les moyens mis en place pour mater les fauteurs de troubles, surtout lorsque ladite solution a penché pour un « arrangement à l’amiable » avant que l’option de la force ne soit envisagée...


Les raisons de l’instabilité au Liban sont pourtant bien connues : les Libanais sont divisés entre partisans et adversaires du régime syrien. Il ne s’agit pas d’un soutien politique ou médiatique uniquement, mais d’un appui concret, à travers l’envoi de combattants pour se battre aux côtés de tel ou de tel camp. Cela ne peut qu’entraîner une extension géographique du domaine de la crise syrienne vers le Liban. C’est pourquoi les autorités libanaises et les différents leaders, toutes orientations confondues, devraient s’entendre sur les moyens de mettre concrètement en application la fameuse politique de dissociation du conflit syrien, conformément à la déclaration de Baabda. C’est le seul moyen de neutraliser, de sanctuariser et d’immuniser le Liban à tous les niveaux, d’autant que l’ingérence dans les batailles ne changera rien au dénouement final de la crise et que le conflit oppose aujourd’hui des axes régionaux et internationaux.
Pourquoi le Liban doit-il toujours payer la facture de son ingérence dans les conflits des autres, tandis que d’autres pays savent se tenir à l’écart et garantir ainsi leur sécurité et leur stabilité ? La question revient inlassablement depuis 1943, et les Libanais ne semblent toujours pas tirer les leçons du passé. Pourquoi, à titre d’exemple, les frontières syriennes avec la Turquie et la Jordanie demeurent-elles calmes, en dépit de quelques escarmouches éphémères et limitées... ?


Si le gouvernement actuel est incapable de mettre en application une politique permettant de garder le Liban à l’abri de la politique des axes, les leaders respectifs sont appelés à assumer leurs responsabilités vis-à-vis de la patrie, des citoyens et de l’histoire. Aussi devraient-ils sans plus tarder se réunir et décider d’opter pour une position de neutralité totale vis-à-vis des événements de Syrie et autres, en spécifiant que le Liban ne devrait s’occuper que de ses propres affaires. Accuser l’armée et les forces de sécurité de manquer à leur devoir est facile, au demeurant. Comment ne pas tenter de trouver une solution à l’amiable lorsque ce sont des frères qui s’entre-tuent, au lieu de choisir immédiatement l’option de la force ? C’est ce qu’a fait le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, pour éviter de se voir reprocher ultérieurement une bavure quelconque. D’autant que chaque camp tient les forces de l’ordre à l’œil, et toute discrimination en faveur de tel ou de tel camp ne ferait au final qu’envenimer davantage la situation.


Tous les leaders sont appelés aujourd’hui à se garder de critiquer les forces de l’ordre. À Nahr el-Bared ou Adaïssé, l’armée et les FSI ont fait leurs preuves, mais elles savaient sur qui elles tiraient : l’ennemi. Ici, qui est l’ennemi lorsque des frères tuent leurs frères ? Au lieu de lancer des flèches aux agents de l’ordre, les leaders devraient plutôt collaborer en ôtant toute immunité aux fauteurs de troubles et en facilitant le rôle de la justice. La sécurité est un droit inaliénable du citoyen, et c’est leur responsabilité qui est en jeu. Cela, ils ne devraient jamais l’oublier.

 

Lire aussi

Sleiman : « Tripoli ne doit pas constituer une caisse de résonance du conflit en Syrie »

Si la responsabilité de l’armée et des FSI est de préserver la sécurité et la stabilité du pays, celle des hommes politiques est de trouver une solution aux causes de l’instabilité et de l’insécurité, et non de se contenter de critiquer les moyens mis en place pour mater les fauteurs de troubles, surtout lorsque ladite solution a penché pour un « arrangement à l’amiable » avant que l’option de la force ne soit envisagée...
Les raisons de l’instabilité au Liban sont pourtant bien connues : les Libanais sont divisés entre partisans et adversaires du régime syrien. Il ne s’agit pas d’un soutien politique ou médiatique uniquement, mais d’un appui concret, à travers l’envoi de combattants pour se battre aux côtés de tel ou de tel camp. Cela ne peut qu’entraîner une extension géographique du...
commentaires (3)

Tout a fait d'accord avec vous sur le fait que les responsables devraient prendre leurs responsabilités mais je ne partage pas votre avis que le conflit en Syrie se soit répandu au Liban, mais pense plutôt que c'est celui au Liban qui s'est étendu en Syrie et je m'explique: Vous vous posez la question, pourquoi nous seul sommes atteint et pas les autres? Simplement parce que les autres n'ont pas de partis avec des affiliations et allégeances étrangères qui, plus est, les armes. Les "armés" sont a idéologie Nazi, théocratique et a pensée unique, et voient leurs mentors principaux s’effondrer sur tous les plans. Ils pourraient tout casser, tout prendre mais ne le peuvent pas faute de soutient populaire suffisant et surtout présence de l'ONU et lignes rouges. Les autres ont le soutient populaire et une légitime rancoeur contre le mentor. Alors a défaut de pouvoir se taper dessus a la maison, ils le font par Syriens interposés. Sauf que les dérapages existent aussi car personne n'a encore fait d'omelette sans casser les oeufs. Une seule solution, tous doivent remettre leurs armes a l’armée sans exception et sans conditions. Mais la aussi c'est impossible car ceux qui les détiennent n'en sont pas propriétaire.

Pierre Hadjigeorgiou

04 h 40, le 11 décembre 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Tout a fait d'accord avec vous sur le fait que les responsables devraient prendre leurs responsabilités mais je ne partage pas votre avis que le conflit en Syrie se soit répandu au Liban, mais pense plutôt que c'est celui au Liban qui s'est étendu en Syrie et je m'explique: Vous vous posez la question, pourquoi nous seul sommes atteint et pas les autres? Simplement parce que les autres n'ont pas de partis avec des affiliations et allégeances étrangères qui, plus est, les armes. Les "armés" sont a idéologie Nazi, théocratique et a pensée unique, et voient leurs mentors principaux s’effondrer sur tous les plans. Ils pourraient tout casser, tout prendre mais ne le peuvent pas faute de soutient populaire suffisant et surtout présence de l'ONU et lignes rouges. Les autres ont le soutient populaire et une légitime rancoeur contre le mentor. Alors a défaut de pouvoir se taper dessus a la maison, ils le font par Syriens interposés. Sauf que les dérapages existent aussi car personne n'a encore fait d'omelette sans casser les oeufs. Une seule solution, tous doivent remettre leurs armes a l’armée sans exception et sans conditions. Mais la aussi c'est impossible car ceux qui les détiennent n'en sont pas propriétaire.

    Pierre Hadjigeorgiou

    04 h 40, le 11 décembre 2012

  • Responsabilités dites-vous ? RESPONSABLES DE LEURS IRRESPONSABILITÉS... vous dis-je !

    SAKR LEBNAN

    03 h 02, le 11 décembre 2012

  • "Pourquoi le Liban doit-il toujours payer la facture de son ingérence dans les conflits des autres, tandis que d’autres pays savent se tenir à l’écart et garantir ainsi leur sécurité et leur stabilité ? La question revient inlassablement depuis 1943, et les Libanais ne semblent toujours pas tirer les leçons du passé". Tout simplement parce que depuis 1943 justement, le Liban n'a jamais connu un Etat de droit, le Liban n'a jamais été vraiment indépendant, le Liban a toujours été sous influence des uns, sous tutelle des autres, au point que ses frontières avec ses deux voisins (et néanmoins ennemis) ne sont toujours pas officialisées par les instances internationales. Les leaders actuels face à leurs responsabilités ? Ils sont face à leurs responsabilités depuis longtemps, mais ils n'osent pas les affronter. Je ne vois ni pourquoi ni comment, par les temps (et les armes) qui courent, nos dirigeants sauraient brusquement se prendre en mains, seuls comme des grands.

    Robert Malek

    20 h 01, le 10 décembre 2012

Retour en haut