Oscar Niemeyer a conçu un projet au Liban : la foire internationale de Tripoli. C’était dans les années soixante. Un trésor aujourd’hui oublié, totalement négligé. Un site qui « fait sans doute partie des sept merveilles de l’architecture moderne, l’une des plus émouvantes dans son état d’inachèvement et de semi-abandon », selon les termes de Frédéric Edelmann, qui y consacre un article dans le quotidien Le Monde en 2005.
C’est en 1963 que le projet débute, après que le président Fouad Chéhab eut invité l’architecte brésilien à réaliser une foire internationale permanente à Tripoli, capitale du Liban-Nord. Oscar Niemeyer propose un site tourné vers l’extérieur, vers la mer. Sa proposition ne séduit pas les responsables libanais qui refusent que la foire tourne le dos à la ville. Malgré sa proximité géographique avec la mer, Tripoli n’est pas une ville maritime, mais plutôt une ancienne forteresse, bâtie sur une colline. Certains affirment que Niemeyer aurait pris ombrage de ces directives imposées. Mais le projet est tout de même réalisé, de 1968 à 1974.
La grande halle, le pavillon libanais, le théâtre expérimental, le théâtre en plein air, un musée de l’Habitat, un héliport tout en courbes et béton forment un ensemble futuriste dont la modernité frappe encore le visiteur quarante ans après. Lorsque la guerre éclate, en 1975, le projet, quasi achevé, est stoppé. Et le site devient une caserne pour soldats syriens. Et ce jusqu’au début des années 1990, quand les canons se taisent enfin.
Visite guidée
Depuis, plus rien ou presque. Quelques expositions et événements organisés ponctuellement par le conseil d’administration de la foire, un organisme semi-public. Et deux grands projets avortés : le premier, lancé en 2004 par la Chambre de commerce et d’industrie de Tripoli, prévoyait de transformer la foire en un « village touristique destiné à accueillir des millions de visiteurs par an, sur le modèle de Disneyland » ; le second date de 2006, quand le site a failli être transformé en centre de distribution de produits chinois pour toute la région. Faute de financement, les deux projets n’ont pas abouti, au grand soulagement des défenseurs du patrimoine, qui craignaient un massacre pur et simple de cette œuvre majeure de Niemeyer.
Grâce à l’action de ces amoureux du patrimoine, la foire a d’ailleurs été inscrite sur la liste 2006 des 100 sites les plus menacés dans le monde. Une liste établie par le World Monuments Fund. Aujourd’hui, la foire somnole. Les bâtiments de Niemeyer sont toujours là, nus, en béton brut, en bon état, comme figés dans le temps. Le parc est entretenu. De rares sportifs y font leur jogging. L’été, de jeunes mariés y prennent la pose pour immortaliser leur bonheur. Parfois, quelques touristes déambulent entre les structures de béton.
C’est tout.
Oscar Niemeyer a conçu un projet au Liban : la foire internationale de Tripoli. C’était dans les années soixante. Un trésor aujourd’hui oublié, totalement négligé. Un site qui « fait sans doute partie des sept merveilles de l’architecture moderne, l’une des plus émouvantes dans son état d’inachèvement et de semi-abandon », selon les termes de Frédéric Edelmann, qui y consacre un article dans le quotidien Le Monde en 2005.C’est en 1963 que le projet débute, après que le président Fouad Chéhab eut invité l’architecte brésilien à réaliser une foire internationale permanente à Tripoli, capitale du Liban-Nord. Oscar Niemeyer propose un site tourné vers l’extérieur, vers la mer. Sa proposition ne séduit pas les responsables libanais qui refusent que la foire tourne le dos à la ville. Malgré sa...


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quel gachis, qu'on fait les hommes politiques de Tripoli ? a part de la politique politicienne, et se remplir les poches
05 h 03, le 07 décembre 2012