Rassemblement des manifestants devant le siège de la TVA à Beyrouth hier matin.
Deuxième jour de grève réussi pour les administrations publiques, les ministères, les municipalités et les écoles libanaises. Du nord au sud du pays, des milliers de fonctionnaires, d’enseignants des écoles publiques et privées et de retraités ont répondu positivement à l’appel pour une mobilisation massive lancé par le comité de coordination syndicale. Ils réclament que soit transmis au Parlement, dans les plus brefs délais, le projet de loi sur la grille des salaires et protestent contre le « laisser-aller et les tergiversations du gouvernement » autour de la question. À Beyrouth, les grévistes se sont rassemblés hier matin devant le siège de la TVA dans le secteur du Palais de justice, et des sit-in étaient organisés devant les sérails des autres villes du pays.
Dans un communiqué, le comité de coordination syndicale s’est félicité de la « réussite » de la mobilisation « qui a paralysé le secteur public et la majorité des écoles » et a mis en garde le gouvernement contre un durcissement de ses positions, évoquant à plusieurs reprises le spectre d’une grève ouverte si la situation venait à se prolonger. De son côté, le président du comité de coordination, Hanna Gharib, a confirmé que cette grève de 48 heures « n’est qu’un début ». « Nous allons vers l’escalade, le comité va tenir une réunion pour décider des prochaines étapes », a-t-il ajouté, en appelant les grévistes à « rester unis ».
Même son de cloche du côté des représentants des enseignants. « La grille des salaires ne va pas mener le pays à la faillite, il l’est déjà à cause des vols et des détournements de l’argent public », a accusé le représentant du syndicat des enseignants, Antoine Medawar. Il a par ailleurs demandé aux parents d’élèves de soutenir les grévistes, assurant que les enseignants allaient, si nécessaire, rattraper les cours perdus pendant les jours de fermeture.
Le ministre des Finances, Mohammad Safadi, a affirmé de son côté, dans un communiqué, qu’il était favorable à la transmission du projet de loi au Parlement « dans les plus brefs délais » et « selon la version rédigée par le ministère des Finances pour le Conseil des ministres ».
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