Des habitants de Ras el-Ain inspectent les dégâts après des raids de l’aviation sur leur réserve de blé pratiquement brûlée. Samer Abdullah/Shaam News Network/Reuters
Les rebelles syriens, qui tentent d’encercler Alep, ont pratiquement coupé hier les routes venant de la province de Raqa, dans le nord-est de la Syrie, au moment où l’armée essaye d’empêcher par des bombardements massifs leur progression autour de Damas.
Le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a reconnu que « le conflit a atteint son niveau le plus compliqué, le plus difficile, le plus vaste géographiquement et le plus violent en raison de la qualité des armes utilisées », rapporte l’agence officielle SANA. Après plusieurs jours de siège, les insurgés sont parvenus à s’emparer du barrage Techrine sur l’Euphrate, entre les provinces d’Alep et de Raqa, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Cette prise signifie qu’il n’y a pour l’armée quasiment plus de routes reliant Raqa et Alep. Il reste un chemin traversant aussi la rivière mais très difficile et très escarpé », a expliqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. Selon lui, « la principale route venant de Raqa et passant par as-Saoura (sur l’Euphrate) est partagée entre rebelles et forces du régime, donc l’armée ne peut pas compter dessus. L’autre passant par Techrine était la dernière sous contrôle de l’armée, mais maintenant, elle ne peut plus l’utiliser ».
Plus à l’ouest, un chasseur-bombardier a largué plusieurs bombes ou roquettes à proximité d’une école abritant un centre de commandement rebelle à Atmé, à 2 km de la Turquie, sans l’atteindre ni faire des victimes. Ces bombardements ont semé la panique parmi les déplacés qui sont passés par centaines en Turquie avant de revenir. Cette localité, dont un afflux de réfugiés a fait tripler la population de 7 000 habitants, est un centre névralgique de la rébellion et ses environs abritent de nombreux rebelles.
Parallèlement, la Turquie a répété hier que les missiles Patriot dont elle souhaite le déploiement près de sa frontière avec la Syrie n’avaient qu’une vocation défensive, alors qu’une mission d’experts de l’OTAN est attendue dès aujourd’hui pour choisir les lieux où ils pourraient éventuellement être stationnés.
Un tir en provenance de Syrie s’est par ailleurs produit dimanche soir près d’un véhicule militaire israélien circulant dans la partie du Golan occupée par Israël, sans faire ni victime ni dégât, a annoncé lundi une porte-parole de l’armée.
Toujours plus de victimes
Selon un bilan en fin de soirée, les violences ont fait au moins 87 morts hier, surtout dans la région de Damas, selon des activistes. Dimanche, 119 personnes avaient péri dans ce conflit, qui a fait en 20 mois plus de 40 000 morts, selon la même source. Une dizaine d’enfants avaient péri dimanche dans un bombardement aérien sur Deir Assafir, au sud de Damas, ont rapporté des militants, affirmant qu’ils avaient été tués par des bombes à sous-munitions.
Selon l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens, quelque 300 000 à 500 000 réfugiés palestiniens en Syrie sont affectés par la guerre et ont besoin d’aide humanitaire. L’agence fait porter à « toutes les parties en Syrie la responsabilité » de la mort de civils. Par ailleurs, la veille, les rebelles syriens avaient pris le contrôle d’un camp d’entraînement dépendant d’un groupe palestinien favorable au régime Assad, dans la province de Damas. Ce camp dépend du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) d’Ahmad Jibril.
Le Comité international de la Croix-Rouge a une nouvelle fois demandé aux belligérants de faire « en tout temps la distinction » entre civils et combattants, alors même que la situation humanitaire se détériore.
De son côté, le Conseil national syrien (CNS), importante composante de l’opposition, a dénoncé la mort de 130 personnes en trois semaines à Daraya, dans la banlieue sud de Damas. Selon l’OSDH, il s’agit à 80 % de rebelles alors que l’armée tente de chasser les insurgés de leurs bases arrières dans les vergers qui bordent Damas. Pour sa part, le journal progouvernemental al-Watan a rapporté que l’armée avait progressé dans Daraya, affirmant avoir infligé de lourdes pertes aux « terroristes d’el-Qaëda ».
Alors que les combats sont toujours aussi intenses en Syrie, un nouveau camp sera prêt avant la fin de l’année en Jordanie pour accueillir les réfugiés syriens dont le nombre ne cesse de croître, a indiqué un responsable.
Sur un autre plan, la coalition de l’opposition syrienne a nommé hier Walid Safour comme « ambassadeur » à Londres et devient ainsi le second après celui de Paris, indique un communiqué publié sur Facebook. Originaire de Homs mais résidant à Londres, cet ancien enseignant de 62 ans a été plusieurs fois emprisonné en Syrie. Il a été représentant de la confrérie des Frères musulmans en Grande-Bretagne.
Enfin, selon le numéro deux du Hamas palestinien, Moussa Abou Marzouk, l’Iran est en train de perdre ses soutiens au sein de l’opinion publique dans les pays arabes en raison de son appui au président Bachar el-Assad.
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Le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a reconnu que « le conflit a atteint son niveau le plus compliqué, le plus difficile, le plus vaste géographiquement et le plus violent en raison de la qualité des armes utilisées », rapporte l’agence officielle SANA. Après plusieurs jours de siège, les insurgés sont parvenus à s’emparer du barrage Techrine sur l’Euphrate, entre les provinces d’Alep et de Raqa, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Cette prise signifie qu’il n’y a pour l’armée quasiment plus de routes...

