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Interdépendance

C’était en effet rageant. Dans un tel contexte économique, pour immobiliser cinq cent mille personnes actives sur les routes pendant trois heures, ce qui multiplie par autant le temps d’improductivité et les litres d’essence gaspillés, sans compter les voyageurs qui ont manqué leurs avions et les ambulances qui ne sont jamais arrivées, il fallait une très bonne raison. La répétition du défilé de l’Indépendance n’en est pas une. Un couac dans la polka ? Une fausse note dans le Koullouna ? Pardon, mais le Koullouna tout entier est devenu une fausse note. « Koullouna » : tous ensemble. Voilà ce que cela voulait dire au temps des pères de cette dérisoire indépendance. Près de 70 ans plus tard, nous sommes encore à la recherche de l’impossible unité, voire de la pertinence du « nous ». Il est loin le temps où la fanfare du Koullouna soulevait des frissons patriotiques et le passage du président de la République des tempêtes de grains de riz et de pétales de roses. Tout se passe aujourd’hui comme si le pouvoir s’isolait de plus en plus des réalités sociales et du « Liban d’en bas ». La preuve, le défilé ne profitera qu’à une poignée d’officiels alignés avec morgue sur une tribune inaccessible aux regards des badauds.
La séparation est telle qu’en quelques années, l’État a progressivement et presque définitivement perdu son prestige. Durant la période de reconstruction qui a suivi la fin officielle de la guerre, les Libanais avaient un tel désir d’ordre et de normalité qu’ils étaient prêts à tous les sacrifices pour mériter leur pays, même à payer impôts et amendes, c’est dire, alors qu’ils avaient, des années durant, perdu l’habitude de le faire, soumis qu’ils étaient au racket des milices. Mais la corruption a poursuivi son œuvre, et au lieu d’accompagner le peuple dans ses aspirations, les politiques l’ont conduit à leur avantage, dans les venelles du communautarisme et des prébendes. Du coup, les dossiers prioritaires, la santé, l’éducation, la sécurité routière, la retraite, le logement, ont été relégués au plan obscur. L’essentiel, ou ce qu’on nous présente comme tel, étant les combats de coqs qu’ils se livrent, roi, chacun sur son tas de fumier télévisé. Où se trouve, parmi tous ces passionnés, ces enragés de leur appartenance, le sage qui prendra enfin la barre de notre navire à la dérive ?
L’insécurité des routes est un symptôme. Les chauffards qui roulent à des vitesses obscènes et slaloment entre les voitures au mépris de la vie des autres ne sont que la face grimaçante de notre vrai problème : la fermeture totale à autrui. L’autre soir, un automobiliste roulant en sens interdit a voulu m’imposer de lui céder le passage. Je lui ai rappelé qu’il était en contravention. Dans son langage fleuri, il m’a entre autres répondu : « Tu te prends pour l’État ? » Et si c’était le cas, il serait qui, lui ? En l’absence d’un chat, les souris, que dis-je, les rats et la vermine s’en donnent à cœur joie. En ce jour de dérisoire indépendance, songeons à notre interdépendance. Hors du lien qui fait de nous un même peuple, point de salut.
C’était en effet rageant. Dans un tel contexte économique, pour immobiliser cinq cent mille personnes actives sur les routes pendant trois heures, ce qui multiplie par autant le temps d’improductivité et les litres d’essence gaspillés, sans compter les voyageurs qui ont manqué leurs avions et les ambulances qui ne sont jamais arrivées, il fallait une très bonne raison. La répétition du défilé de l’Indépendance n’en est pas une. Un couac dans la polka ? Une fausse note dans le Koullouna ? Pardon, mais le Koullouna tout entier est devenu une fausse note. « Koullouna » : tous ensemble. Voilà ce que cela voulait dire au temps des pères de cette dérisoire indépendance. Près de 70 ans plus tard, nous sommes encore à la recherche de l’impossible unité, voire de la pertinence du « nous ». Il est loin le...
commentaires (4)

ON a acheté DU Äadass, DU Késhékk et DU Fattoûch ! Tous ces rituels semblent bons, même si en matière de commémorations et de n'importe quoi d'autres, il faut pratiquer leurs rituelles mais pas spécialement le Reste. La pauvre petite Chèèèvre d’un bestiaire termine en Mal des années rouges funestes, couleur d’une Contrée presque Non prospère, instable et sanguinaire ! Car la Chèvre occupe une place de choix sur la table de certains "Malsains". A un point tel que certains garnissent leurs Tabblïyééés pour placer cette Caprine sous les meilleurs auspices en plein au Milieu de leurs meilleurs Tablées ! Cela étant, que ce soit ou non de leur faute, les Biquettes ne vont pas bien. Le Monde Entier en est désolé, fasciné et attendri par ces bestioles qu'il est, peut-être parce qu'elles ne mouftent pas Elles à la différence de "Malsains" qu’on aura garde de citer pour s’éviter un quelconque braillard ! Comme chacun sait, les Chèvres n'ont pas bénéficié du dégagement de "forme buccale" permettant de contraster les sons émis par des cordes vocales. Leur incontinence verbale, leur logorrhée déferlante, de même que leur Enflure verbale à certains "Malsains" leur sont donc interdites….. H e u r e u s e m e n t ! Autre singularité appréciable, elles n'enseignent Rien à leurs petits et Tant Mieux ! Étant donné que ce sera mal fait, car elles auraient appliqué spontanément la mimétique éducation de leurs Maîtres....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

09 h 11, le 22 novembre 2012

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Commentaires (4)

  • ON a acheté DU Äadass, DU Késhékk et DU Fattoûch ! Tous ces rituels semblent bons, même si en matière de commémorations et de n'importe quoi d'autres, il faut pratiquer leurs rituelles mais pas spécialement le Reste. La pauvre petite Chèèèvre d’un bestiaire termine en Mal des années rouges funestes, couleur d’une Contrée presque Non prospère, instable et sanguinaire ! Car la Chèvre occupe une place de choix sur la table de certains "Malsains". A un point tel que certains garnissent leurs Tabblïyééés pour placer cette Caprine sous les meilleurs auspices en plein au Milieu de leurs meilleurs Tablées ! Cela étant, que ce soit ou non de leur faute, les Biquettes ne vont pas bien. Le Monde Entier en est désolé, fasciné et attendri par ces bestioles qu'il est, peut-être parce qu'elles ne mouftent pas Elles à la différence de "Malsains" qu’on aura garde de citer pour s’éviter un quelconque braillard ! Comme chacun sait, les Chèvres n'ont pas bénéficié du dégagement de "forme buccale" permettant de contraster les sons émis par des cordes vocales. Leur incontinence verbale, leur logorrhée déferlante, de même que leur Enflure verbale à certains "Malsains" leur sont donc interdites….. H e u r e u s e m e n t ! Autre singularité appréciable, elles n'enseignent Rien à leurs petits et Tant Mieux ! Étant donné que ce sera mal fait, car elles auraient appliqué spontanément la mimétique éducation de leurs Maîtres....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 11, le 22 novembre 2012

  • Fifi,c'est magistral,comme d'habitude. Ce que j'aime le plus dans ton texte est qu'il décrit la situation tout en engageant le lecteur à se remettre en question ; ça suffit de faire des commentaires cyniques et désespérés , réagissons ! si chacun de nous faisait un mouvement pour demander que l'Etat fasse son travail , je suis certaine qu'il se passerait quelque chose ! En nous installant dans le fatalisme pessimiste , nous nous rendons complices de ces personnes qui sont sensées assurer nos droits et qui au lieu de cela se sucrent sur le dos de notre pays et le maintiennent dans sa médiocrité.

    Hélène Wardé

    06 h 33, le 22 novembre 2012

  • Madame le " KOULLOUNA" c'est KOU...LOUNA !

    SAKR LEBNAN

    03 h 12, le 22 novembre 2012

  • "Hors du lien qui fait de nous un même peuple, point de salut." ! Quel Lien ? Et quel Même(s) Peuple(s) ?

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 26, le 22 novembre 2012

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