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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

La Birmanie accueille la « légende » Obama

Le président américain a profité de sa visite éclair pour tenter de doper les réformes.
Barack Obama est devenu le premier président américain en exercice à poser le pied en Birmanie hier, accueilli par une foule en liesse célébrant sa « légende ». Des dizaines de milliers de badauds tentaient d’immortaliser l’instant en prenant des photos, et certains portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Bienvenue Obama » ou le très éloquent « Légende, héros de notre monde ».
Au cours de sa visite, M. Obama s’est entretenu avec le président Thein Sein, crédité de ce profond mouvement de réformes depuis la dissolution de la junte en mars 2011. Il a également été reçu au domicile de l’opposante Aung San Suu Kyi. Les deux lauréats du prix Nobel de la paix s’étaient déjà rencontrés brièvement en septembre, à Washington. « Le moment le plus difficile dans une transition est quand le succès est en vue. Nous devons alors faire très attention de ne pas être trompés par le mirage du succès », a déclaré celle que ses admirateurs appellent la « Dame ».
Le président a ensuite prononcé un discours à l’université de Rangoun, haut lieu de la lutte pour la démocratie. Les bâtiments délabrés sont quasiment à l’abandon depuis le soulèvement étudiant de 1988, qui a fait jusqu’à 3 000 morts. Ce n’est donc pas un hasard si le président américain a choisi de s’adresser ici, devant Aung San Suu Kyi, à des centaines d’étudiants, de travailleurs humanitaires et autres dignitaires pour saluer les réformes qui ont transformé la Birmanie depuis un an et demi. « Je suis venu à cause de mon respect pour cette université », a-t-il assuré, debout à la tribune devant une bannière étoilée entourée de deux drapeaux birmans. Ici, « les étudiants ont réclamé les droits de l’homme élémentaires », a relevé Obama. « Votre Parlement a récemment adopté une résolution pour revitaliser cette université et elle doit retrouver sa grandeur, parce que le futur de ce pays sera déterminé par l’éducation de sa jeunesse. »
La Maison-Blanche espère que ce premier voyage en Birmanie encouragera le processus de réformes entamé par le président Thein Sein en mars 2011. Les États-Unis ont imposé des sanctions économiques contre la junte à partir de la fin des années 1990. Mais la quasi-totalité d’entre elles ont été levées ces derniers mois, dont vendredi l’interdiction des importations de produits birmans. « Thein Sein tire déjà de ce voyage un bénéfice très significatif sur le plan intérieur, a estimé Maël Raynaud, analyste politique. Obama fait de lui un président intouchable, de moins en moins susceptible d’être renversé par l’aile dure. »
À l’ouest, des violences communautaires qui ont par ailleurs fait 180 morts en juin et en octobre entre des bouddhistes de l’ethnie Rakhine et des musulmans de la minorité des Rohingyas suscitent toujours au sein de la population birmane un ostracisme qui confine au racisme. À ce sujet, M. Obama a donc lancé un appel solennel à la fin des violences communautaires dans l’ouest de la Birmanie, estimant qu’il n’y avait « pas d’excuse » pour la violence contre les civils, saluant « les engagements du gouvernement à régler ces questions de justice, de responsabilité, d’accès humanitaire et de citoyenneté ».
Quant au cas brûlant des prisonniers politiques, le chef de l’État birman a promis de mettre en place d’ici à la fin de l’année un mécanisme pour examiner tous les cas. Des militants de l’opposition ont d’ailleurs annoncé dans la matinée que 44 d’entre eux avaient été libérés.
Après sa visite éclair en Birmanie, le président américain s’est rendu au Cambodge où il a dénoncé les violations des droits de l’homme, estimant au cours d’une rencontre « tendue » avec le Premier ministre Hun Sen qu’elles étaient un « obstacle » à l’approfondissement des relations entre leurs deux pays, selon un responsable américain. Barack Obama a estimé « que son voyage en Birmanie était la preuve » que « des pays avançant sur la voie des réformes politiques et améliorant le respect des droits de l’homme » pouvaient en tirer des bénéfices. Mais les Cambodgiens ont immédiatement rejeté les accusations américaines, assurant avoir été victimes d’une « campagne pour manipuler la vérité ».
(Source : AFP)
Barack Obama est devenu le premier président américain en exercice à poser le pied en Birmanie hier, accueilli par une foule en liesse célébrant sa « légende ». Des dizaines de milliers de badauds tentaient d’immortaliser l’instant en prenant des photos, et certains portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Bienvenue Obama » ou le très éloquent « Légende, héros de notre monde ».Au cours de sa visite, M. Obama s’est entretenu avec le président Thein Sein, crédité de ce profond mouvement de réformes depuis la dissolution de la junte en mars 2011. Il a également été reçu au domicile de l’opposante Aung San Suu Kyi. Les deux lauréats du prix Nobel de la paix s’étaient déjà rencontrés brièvement en septembre, à Washington. « Le moment le plus difficile dans une transition est...
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