Bank Audi a posé la question de l’extraction du gaz comme amortisseur à long terme pour les finances publiques.
« L’économie libanaise a enregistré une performance terne au cours des neuf premiers mois de l’année, évitant une contraction nette » a indiqué Bank Audi dans son dernier rapport trimestriel. Selon les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI), la croissance du PIB réel atteindrait 2 % cette année. « Le troisième trimestre a connu une détérioration de la situation sécuritaire locale suite aux enlèvements à répétition sur le territoire libanais », poursuit Bank Audi. En effet, l’ensemble des indicateurs du secteur réel confirment ce ralentissement dans un contexte d’attente caractérisant les moteurs de la croissance interne et externe de l’économie libanaise. Le secteur de la construction, à l’image de la macroéconomie, a continué de connaitre une stagnation depuis le début de l’année 2012, et ce pour la deuxième année consécutive. Toujours selon le rapport semestriel, la demande sectorielle a connu un ralentissement tel que le révèle la diminution du nombre de ventes immobilières de 9 %, entraînant ultimement un ajustement à la baisse de l’offre immobilière reflété par la contraction des nouveaux permis de construire et des livraisons de ciment (-14,3 % et -7,9 % respectivement). « Mais les prix sont restés relativement plats dans un contexte de facteurs structurels tels que la quasi-absence de spéculation, le faible effet de levier des entrepreneurs et des investisseurs, et la disponibilité limitée de terrains », a ajouté Bank Audi. En ce qui concerne le secteur tertiaire, les incertitudes politiques au cours de la majeure partie de l’année ont affecté le commerce et le secteur des services. Les indicateurs de l’activité de l’aéroport ont connu des taux de croissance plus faibles, alors que la valeur des chèques compensés et le nombre de touristes ont enregistré une contraction nette. L’amélioration relative de l’activité au port de Beyrouth peut, quant à elle, être plus ou moins liée à la déviation des marchandises de routes affectées par la situation en Syrie.
Les finances publiques dans le rouge
Toujours selon le rapport de Bank Audi, les finances publiques ont été affectées cette année par un ralentissement économique local et une situation politique tendue bloquant les réformes. Le déficit public du Liban s’est détérioré dans le contexte d’une croissance des dépenses totales dépassant celle des recettes publiques. Le FMI prévoit que le déficit public du Liban accaparera 7,9 % du PIB en 2012, renversant la tendance baissière que le pays était en train de connaître depuis 2007. La dette publique a pour sa part atteint 56,0 milliards de dollars en septembre 2012, accaparant environ 136 % du PIB et figurant toujours parmi les ratios les plus élevés au sein des pays émergents.
L’activité bancaire a de son côté connu une croissance modérée depuis le début 2012 dans des conditions d’exploitation difficiles, caractérisées par des marges d’intérêt étroites, des pressions baissières sur les revenus hors intérêt. L’activité totale des banques, mesurée par l’actif total de ces dernières, a progressé de 5,5 % au cours des neuf premiers mois de 2012 pour atteindre les 148,4 milliards de dollars en septembre dernier, soit 350 % du PIB du Liban.
L’extraction du gaz
En guise de conclusion, Bank Audi, a posé la question de l’extraction du gaz comme amortisseur à long terme pour les finances publiques. « Le problème le plus critique pour le Liban demeure les finances publiques, indique le rapport, avec un ratio dette publique/PIB avoisinant les 135 % et un ratio déficit public/PIB de plus de 7 % en 2012. En l’absence de réformes structurelles ou d’une ère de croissance économique vigoureuse, de tels ratios sont aptes à se détériorer davantage, estime Bank Audi, ou dans le meilleur des cas à se maintenir à leurs niveaux actuels. Parmi les scénarios possibles d’atterrissage en douceur figure l’extraction potentielle de gaz le long des côtes du sud du Liban qui, dans le cas où elle venait à se matérialiser, demeure apte à mettre fin aux problèmes fiscaux du pays. »
Pour mémoire
Incertitudes économiques : les ténors du secteur bancaire sont rassurants


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine