Russia Today a diffusé la semaine dernière une interview avec Bachar el-Assad. RT/AFP
La chaîne russe internationale Russia Today (RT) a réalisé un gros coup en diffusant la semaine dernière une interview du président Bachar el-Assad. Cette interview, dans laquelle M. Assad faisait vœu de « vivre et mourir » en Syrie, a été diffusée quelques jours après que l’organe de surveillance de la télévision britannique (Ofcom) eut critiqué la chaîne publique russe pour son manque d’impartialité sur le conflit en Syrie.
Réagissant à ces accusations, Margarita Simonian, la rédactrice en chef de cette chaîne diffusée en anglais, en arabe et en espagnol dans le monde, a défendu le travail de RT, dans un message électronique. La chaîne, lancée en 2005 par le Kremlin avec de gros moyens et l’objectif avoué de faire pendant aux grandes chaînes occidentales, donne la parole « aux deux parties », a affirmé Margarita Simonian. Elle a souligné que le lendemain de la diffusion de l’entretien avec Bachar el-Assad, Russia Today avait diffusé des interviews d’un responsable du Conseil national syrien et d’un porte-parole des rebelles. « C’est la définition même d’une couverture équilibrée », a-t-elle souligné.
Dans un rapport publié le 5 novembre, Ofcom avait cependant dénoncé un manque « de points de vue alternatifs ». Le rapport était fondé sur l’analyse d’un bulletin d’information de juillet durant lequel un commentateur blâmait l’opposition pour l’échec du plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan. Le bulletin avait été suivi d’un reportage sur des acteurs syriens prorégime.
Mme Simonian a en retour accusé les médias occidentaux de faire eux-mêmes une couverture « biaisée » du conflit. « La plupart des médias ont adopté une position résolument prorebelle et choisissent souvent d’ignorer les atrocités absolument dévastatrices et les actes de terrorisme commis par l’armée rebelle », a-t-elle déclaré.
La journaliste de RT qui a réalisé l’interview de Bachar el-Assad, Sophie Chevardnadzé, petite-fille de l’ancien ministre soviétique des Affaires étrangères Édouard Chevardnadzé, a estimé à l’antenne de la chaîne que le président syrien avait été « diabolisé par la presse ». Elle a accusé la chaîne américaine ABC d’avoir biaisé au montage une précédente interview.
Depuis sa création sous le slogan « Question more » (« Interrogez-vous davantage »), Russia Today a multiplié les initiatives pour se positionner en contrepoint des grands médias occidentaux. Elle a ainsi recruté le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, pour des interviews de personnalités réalisées depuis Londres. La première était celle du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. Selon le journal d’opposition Novaïa Gazeta qui s’est procuré un document interne, le Kremlin a approuvé des financements à hauteur de 11,2 milliards de roubles (277,6 millions d’euros) pour RT en 2013.
Défendant sa « différence », Russia Today a aussi fait une campagne de publicité avec des messages comme « Staline écrivait de la poésie romantique, le saviez-vous ? ». Destinée à une audience internationale, Russia Today est en fait plutôt en retrait des chaînes domestiques russes, dont l’approche du conflit syrien est souvent ouvertement partisane. Les commentaires de ces chaînes décrivent couramment les rebelles syriens comme des « bandits » ou des « terroristes », et leurs reporters accompagnent le plus souvent des unités de l’armée régulière syrienne. « La télévision russe couvre mal le conflit en Syrie, ne faisant que refléter le point de vue officiel », estime Alexeï Malachenko, de l’antenne du centre Carnegie de Moscou.
Réagissant à ces accusations, Margarita Simonian, la rédactrice en chef de cette chaîne diffusée en anglais, en arabe et en espagnol dans le monde, a défendu le travail de RT, dans un message électronique. La chaîne, lancée en 2005 par le Kremlin avec de gros moyens et l’objectif avoué de faire pendant aux grandes chaînes occidentales, donne la parole « aux deux parties »,...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Et Phare-Télé ? Quel "Reflet" ?
03 h 45, le 18 novembre 2012