Comme au cours des six premiers mois de l’année, le principal soutien au troisième trimestre est venu de l’étranger. « Selon des calculs provisoires, les exportations de biens et de services ont augmenté davantage que les importations », a expliqué l’Office fédéral des statistiques Destatis. Des « signaux contradictoires » sont en revanche venus d’Allemagne, où d’un côté les dépenses publiques et privées ont augmenté par rapport au deuxième trimestre, tout comme les investissements dans le bâtiment, mais d’un autre côté les investissements en biens d’équipement ont continué de reculer, et le déstockage s’est poursuivi, a encore noté Destatis. Sur un an, la croissance est de 0,9 %, a précisé l’Office des statistiques. L’Allemagne a jusqu’à présent plutôt bien résisté à la crise en zone euro, grâce notamment à son économie très orientée à l’export et bien implantée sur les marchés émergents, comme la Chine, qui ont agi comme une véritable soupape pour son industrie.
« L’économie allemande a une nouvelle fois défié tous les chants du cygne », a commenté l’analyste d’ING Carsten Brzeski, qui se félicitait aussi du rebond surprise de la croissance de la France au troisième trimestre, de 0,2 %, selon un chiffre publié jeudi par l’Insee. Cependant pour l’Allemagne « les perspectives sont loin d’être roses, du moins à court terme », a tempéré M. Brzeski, en faisant allusion aux récentes chutes des entrées de commandes industrielles (-3,3 % en septembre sur un mois) et de la production industrielle (-1,8 %). La confiance est également en berne, notamment celle des entreprises, mesuré par l’indice IFO, qui a reculé en octobre pour le sixième mois d’affilée et qui reste à son plus bas niveau depuis deux ans et demi. « Nous ne sommes pas optimistes pour le quatrième trimestre », a aussi expliqué Constantin Wirschke de Natixis. « La faiblesse des partenaires commerciaux de l’Allemagne sera le principal facteur de baisse des chiffres du quatrième trimestre », a-t-il prédit.
Car, souligne Andreas Rees, de UniCredit, « il ne faut pas oublier qu’avec l’absorption d’une part d’environ 40 % des exportations allemandes, la zone euro reste le principal gagne-pain des entreprises allemandes ». Or la partie sud de la région – Italie, Espagne, Portugal et Grèce – est en récession, plombée par des politiques d’austérité draconiennes pour tenter de sortir de la spirale de la dette publique, tandis que le contexte mondial n’est pas non plus des plus reluisants.
Aussi si le gouvernement allemand a récemment rehaussé sa prévision de croissance pour cette année, à 0,8 % contre 0,7 % précédemment, il a nettement abaissé celle pour l’an prochain, à 1 % contre 1,6 % auparavant. La Banque centrale allemande, la Bundesbank, a elle aussi prévu un « net ralentissement économique » en Allemagne pour la fin d’année, voire une contraction.
L’Office fédéral des statistiques doit publier le 23 novembre le chiffre définitif et détaillé de la croissance au troisième trimestre.
(Source : AFP)


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