Le manque d’accès à la contraception et les grossesses non désirées touchent surtout les femmes les moins éduquées, les plus pauvres et habitant majoritairement en milieu rural, relève le document, déplorant le cercle vicieux dans lequel elles sont enfermées. L’Afrique centrale et de l’Ouest est la plus touchée par les problèmes d’accès à la planification familiale (contraception, éducation sexuelle...), a noté Yves Bergevin, de l’UNFPA. « L’incapacité à déterminer quand avoir des enfants et combien en avoir est une conséquence de l’injustice sociale et d’un manque de liberté, qu’elle vient aussi aggraver », insiste l’ONU, qui invite les pays à investir dans la planification des naissances.
Selon l’UNFPA, si les sommes consacrées à la planification passaient de 4 à 8 milliards de dollars par an, toutes les femmes pourraient y avoir accès, ce qui permettrait de lutter contre la « mortalité et la morbidité (maladies) maternelles ». Ainsi, les pays en développement pourraient économiser 5,7 milliards de dollars par an rien qu’en frais de santé maternelle et néonatale. « Il n’y a rien dans le monde de plus inégal que le risque de mortalité maternelle » qui varie très fortement d’un pays à l’autre, a noté M. Bergevin, citant l’exemple du Sud-Soudan, où « une femme a une chance sur sept de mourir de causes liées à la grossesse » et où l’accès à la contraception est pratiquement inexistant. Les grossesses à répétition augmentent le risque d’hémorragie, a-t-il ajouté. Avec les moyens adéquats, « on pourrait, d’ici à 2030, 2035, éliminer la mortalité maternelle de la planète », espère M. Bergevin. En outre, un meilleur accès à la planification aurait permis, en 2012, d’éviter 54 millions de grossesses non désirées (sur 80) et 26 millions d’avortements (sur 40), d’ailleurs souvent réalisés sans conditions médicales adéquates, souligne l’UNFPA.
En meilleure santé et libérées de grossesses non voulues, les femmes sont dès lors « plus indépendantes » et « économiquement plus productives », a expliqué en conférence de presse à Londres Babatunde Osotimehin, directeur exécutif du Fonds. L’accès à la planification des naissances est donc « un droit fondamental » qui conditionne les autres, « droit à la santé et à l’éducation, en particulier, et droit à une existence digne », dit encore le Fonds.
Au final, garantir l’accès de tous à la planification « peut avoir pour effet d’accélérer (...) la réduction de la pauvreté » de pays entiers.
(Source : AFP)


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