« Je ne peux pas parler de délai de rigueur pour le déploiement » de la force, a cependant déclaré hier à Ouagadougou le représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit. Ce dernier a rencontré à Ouagadougou des représentants d’Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali. Il s’agit de la première rencontre officielle entre un responsable onusien et Ansar Dine.
En dépit du volontarisme affiché, de nombreuses questions subsistent et notamment sur le consensus réel des pays de la zone concernant la nécessité d’une intervention armée au Mali. « On n’a pas le choix, il faut intervenir », a réitéré le président nigérien, Mahamadou Issoufou. Puissance régionale incontournable mais réticente à une intervention internationale à ses portes, l’Algérie a indiqué qu’elle prendrait « les mesures appropriées » pour assurer la défense de ses intérêts et la protection « maximale » de ses frontières.
Selon M. Ouedraogo, l’intervention se fera « par phases. On n’a pas besoin de déployer toute la force en même temps, ce n’est pas une guerre classique. Il y aura des opérations spéciales », a-t-il dit. Au sujet du soutien logistique des pays occidentaux, et notamment de la France, il a déclaré : « Nous avons demandé un soutien aérien. Tous nos partenaires, la France entre autres, ont promis leur soutien. » L’éventualité de frappes aériennes « dépendra des difficultés sur le terrain », a-t-il précisé. Toutefois, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a écarté cette éventualité. La France n’interviendra « en aucun cas » elle-même au Mali, a affirmé également le président François Hollande, rappelant que Paris s’était engagé à « soutenir logistiquement » les pays africains pour mettre un terme à l’occupation du nord du Mali par des « groupes terroristes ». Demain, la participation européenne à une probable intervention au Mali dominera une rencontre à Paris de dix ministres de cinq pays européens – France, Allemagne, Pologne, Italie, Espagne – qui voient à travers cette action militaire l’occasion de relancer l’Europe de la défense.
(Source : AFP)


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