Le cheikh salafiste Ahmad el-Assir demande à l'un de ses partisans d'enlever sa cagoule lors des funérailles, lundi 12 novembre 2012, de deux membres de son mouvement tués la veille lors d'affrontements avec des membres du Hezbollah à Saïda, au Liban-Sud. REUTERS/Ali Hashisho
La ville de Saïda a observé hier une journée de deuil général pour les victimes des heurts ayant opposé dimanche les islamistes de cheikh Ahmad el-Assir aux éléments du Hezbollah. Les écoles publiques et privées, ainsi que les sociétés commerciales ont été fermées hier à la demande commune du réseau scolaire de Saïda, la Rencontre de concertation, parrainée par la députée Bahia Hariri, l’Association des commerçants de Saïda et les nassériens d’Oussama Saad.
L’armée, déployée en force dès dimanche, a renforcé par ailleurs ses contrôles afin d’éviter toute dégradation de la situation sécuritaire, aussi bien dans la ville que dans ses banlieues. Dans le prolongement de la réunion du Conseil central régional de sécurité à Saïda dimanche soir, le commandant militaire de la région du Liban-Sud, le général Ghassan Salem, a présidé hier une réunion des chefs d’unités militaires, en présence du commandant de la gendarmerie, le général Joseph Doueihy. Des patrouilles de blindés, ainsi que des unités fixes et mobiles ont veillé sur la sécurité des citoyens, tandis que se déroulaient les obsèques des deux compagnons de cheikh el-Assir tués la veille.
Des centaines de partisans d’Ahmad el-Assir ont en effet participé aux funérailles de Loubnan el-Izza et d’Ali Samhoun, tués dimanche. L’armée a renforcé sa présence dans la ville pour ces funérailles, alors qu’une vingtaine de salafistes armés, dont certains étaient masqués, patrouillaient dans le quartier.
« Que Dieu te maudisse (Hassan) Nasrallah ! »
Après les prières à la mosquée Bilal ben Rabah, les deux hommes ont été mis en terre en pleine ville, au niveau du rond-point al-Karama. L’imam de la mosquée Bilal ben Rabah a appelé ses partisans à prier pour les martyrs qui sont une source de fierté pour la oumma, la nation musulmane, « c’est pour cette raison que nous avons décidé de les enterrer ici, au rond-point de la Dignité », a-t-il poursuivi. « Félicitations mes frères (...), Dieu vous a choisis pour être les martyrs de la nation », a lancé le cheikh salafiste, en larmes. Et d’ajouter : « Loubnan (el-Izza) s’est marié il y a quelques jours et il a refusé de rentrer chez sa femme avant de manifester avec nous, ici, au rond-point de la Dignité. Ali était ingénieur, il refusait de rentrer chez lui après son travail uniquement pour manifester avec ses frères. » « Que Dieu te maudisse (Hassan) Nasrallah (secrétaire général du Hezbollah), félicitations à nos martyrs », ont scandé les partisans du cheikh salafiste lors de l’enterrement.
Un appel au « châtiment des meurtriers »
Par ailleurs, la famille de Ali Charbini, d’origine égyptienne, a pleuré son fils, âgé de seulement 16 ans, qui se trouvait par hasard sur les lieux des affrontements. La mère de la victime, « Oum Ali » Charbini, a tenu hier une conférence de presse au bureau du secrétaire général de l’Organisation populaire nassérienne Oussama Saad. « Mon fils ne soutient aucune partie et il a été tué sur le seuil de notre magasin », a-t-elle déploré. De son côté, le père d’Ali, Mahmoud Charbini, s’est réuni avec Oussama Saad. Visiblement sous le choc, il a appelé au « châtiment des meurtriers » de son fils.
Déjà, une enquête a été ouverte dimanche sur l’affaire de l’altercation entre le fils d’Ahmad el-Assir et des agents des Forces de sécurité intérieure à Saïda, à quelques heures des affrontements entre les salafistes et le Hezbollah. Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, poursuit les interrogatoires pour identifier les personnes ayant tiré sur le barrage des FSI à Saïda.
Notons enfin que les secouristes de Saïda se sont réunis pour dénoncer les agressions subies dimanche par l’équipe des secouristes et leurs ambulances, « qui se tiennent pourtant à égale distance de toutes les parties », selon leur communiqué.
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