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Moyen Orient et Monde - Conférence De Presse

Hollande « impatient » de partir à la reconquête des Français

Compétitivité, hausse de la TVA, rôle du Premier ministre, mariage homosexuel, menaces de récession, tensions avec les élus communistes et écologistes, crises internationales : rendez-vous demain...

François Hollande devra avant tout répondre au sentiment de flou sur la conduite des affaires du pays. Kenzo Tribouillars/AFP

Avec sa première grande conférence de presse du quinquennat, François Hollande tentera demain de reconquérir les Français avec lesquels il entend instaurer un « face-à-face » à même de répondre aux doutes d’une opinion qu’il juge « extrêmement stressée ». L’actualité devrait être balayée pendant deux heures devant plus de 300 journalistes attendus dans la salle des Fêtes de l’Élysée.
François Hollande, connu pour ses bons mots, aura l’occasion d’imprimer son style comme l’ont fait par exemple avant lui un François Mitterrand séducteur donnant volontiers la parole aux journalistes femmes ou un Valéry Giscard d’Estaing professoral. Les archives télévisées recèlent des morceaux d’anthologie, tels Charles de Gaulle bondissant comme un cabri en évoquant « l’Europe, l’Europe, l’Europe », Georges Pompidou citant Paul Éluard ou Nicolas Sarkozy lançant « avec Carla, c’est du sérieux ». François Hollande devra avant tout répondre au sentiment de flou sur la conduite des affaires du pays qui, ajouté aux affres de la crise, a conduit ses concitoyens à le juger sévèrement. « Je vais m’appliquer à en donner le cadre général dès ma prochaine conférence de presse », a-t-il ainsi déclaré dans un entretien à Marianne. « J’ai compris aussi que les Français voulaient me voir davantage en première ligne, et m’impliquer personnellement. » Désireux de rompre avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy en début de mandat, François Hollande veut aujourd’hui apparaître comme « l’interlocuteur direct » des Français qu’il juge dans Marianne « extrêmement stressés ». « J’avais souhaité en arrivant donner à la parole présidentielle un style moins obsédant, moins oppressant. Et, de cela, je crois qu’ils continuent de m’être reconnaissants. En revanche, ils désirent davantage un face-à-face avec leur président. Eh bien, je vais faire ce qu’ils désirent ! » dit-il.
Selon son entourage, François Hollande est « impatient » de s’exprimer. « Il y a une volonté de convaincre les Français du bien-fondé de la ligne qui est la nôtre et de répondre en transparence à toutes les questions », dit un conseiller. Aux accusations de flottement, François Hollande répond par la « cohérence » de l’action menée depuis mai : d’abord le sauvetage de la zone euro, puis le dialogue social et le redressement des comptes. Enfin, le pacte de compétitivité destiné à relancer la machine économique française. Une politique dont il espère recueillir les fruits, en termes de croissance et de baisse du chômage, dès la fin 2013. Cinq syndicats, dont la CGT et la CFDT, appellent à des manifestations et rassemblements contre l’austérité mercredi en France. Une ministre juge pour sa part « très important que le président montre aux Français qu’il est en forme ».

Tri
Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le député UMP Hervé Mariton attendait vendredi du président qu’il « fasse le tri entre ses engagements » et « assume que, à la fois dans le rythme et dans le déroulé de l’action, l’exercice du pouvoir est un peu différent de sa conquête ». Interrogé, le député écologiste de Paris Denis Baupin évoquait un sujet tenant à cœur aux élus Verts : « Ce que j’attends du président, c’est qu’il dise que la fiscalité écologique n’est pas renvoyée aux calendes grecques. » Les doutes des élus et des Français se reflètent dans la presse. « Couacs, hésitations, choix économiques, renoncement... Y a-t-il vraiment un président en France ? » s’interroge L’Express, tandis que Le Point voit surgir « Le grand méchant doute ». En six mois, la fonction présidentielle a changé l’ancien député de Corrèze.
Celui que l’on n’appelle plus « le président normal » a raréfié ses déplacements en région, pris par les voyages à l’étranger et un agenda élyséen qui le fait apparaître plusieurs fois par jour avec ses invités sur le perron de l’Élysée, sourire aux lèvres. Les bains de foule et autres déambulations qu’il affectionnait pendant la campagne sont rares. C’est sans presse que François Hollande s’est promené fin octobre avec sa compagne Valérie Trierweiler dans les jardins de l’Élysée, désormais ouverts au public un dimanche par mois.
Malgré l’isolement du pouvoir, François Hollande affirme ne rien méconnaître des angoisses de ses concitoyens et des interrogations qui naissent dans le camp de la majorité. « Ils s’inquiètent ? Ils ont raison. C’est bien de s’inquiéter, ça donne de l’énergie », a-t-il dit au Nouvel Observateur.

Ratés d’Ayrault
Ces derniers temps, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a fait les frais des ratés de communication, déclarations intempestives et autres commentaires d’éditorialistes. « Il ne faut pas s’y tromper : ce n’est pas tant lui qu’on vise, c’est moi », dit François Hollande, dont l’action satisfait moins de la moitié des Français selon les sondages. La popularité « c’est cyclique », tempère une ministre. « Je prends date : dans six mois, les choses qui est aujourd’hui présentées comme des faiblesses seront considérées comme des forces. Les Français sont plus lucides que l’opposition. Et puis les médias vont se lasser du lynchage. »  Avant de faire face aux Français, M. Hollande a présidé hier pour la première fois à Paris les cérémonies commémorant l’armistice du 11 novembre 1918, une journée du souvenir dédiée désormais à « tous les morts pour la France » en vertu d’une loi voulue par Nicolas Sarkozy et votée par le Parlement en février dernier. Le chef de l’État s’est notamment recueilli sur la tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de triomphe, entouré de Caroline, 14 ans, et Charles, 15 ans, les enfants de militaires tués cette année en Afghanistan.
Les noms des 13 soldats français tués en 2012 en Afghanistan ont été cités, en présence de leurs familles, avec lesquelles François Hollande s’est entretenu.
(Source : Reuters)
Avec sa première grande conférence de presse du quinquennat, François Hollande tentera demain de reconquérir les Français avec lesquels il entend instaurer un « face-à-face » à même de répondre aux doutes d’une opinion qu’il juge « extrêmement stressée ». L’actualité devrait être balayée pendant deux heures devant plus de 300 journalistes attendus dans la salle des Fêtes de l’Élysée.François Hollande, connu pour ses bons mots, aura l’occasion d’imprimer son style comme l’ont fait par exemple avant lui un François Mitterrand séducteur donnant volontiers la parole aux journalistes femmes ou un Valéry Giscard d’Estaing professoral. Les archives télévisées recèlent des morceaux d’anthologie, tels Charles de Gaulle bondissant comme un cabri en évoquant « l’Europe, l’Europe,...
commentaires (4)

D'ailleurs curieux horaire pour une conférence de presse...17heures,c'est l'heure des fonctionnaires,qui ont déjà fini de travailler depuis belle lurette...ce n'est pas l'heure des travailleurs du secteur privé ou des indépendants...M. Hollande a donc choisi délibérement de s'adresser à sa base électorale,et à sa seule base électorale...étonnant,non?

GEDEON Christian

04 h 16, le 13 novembre 2012

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Commentaires (4)

  • D'ailleurs curieux horaire pour une conférence de presse...17heures,c'est l'heure des fonctionnaires,qui ont déjà fini de travailler depuis belle lurette...ce n'est pas l'heure des travailleurs du secteur privé ou des indépendants...M. Hollande a donc choisi délibérement de s'adresser à sa base électorale,et à sa seule base électorale...étonnant,non?

    GEDEON Christian

    04 h 16, le 13 novembre 2012

  • Reconquête ? Seulement 5 mois après son élection par défaut... il va prendre une baffe populaire ! même ou surtout ...par les français gogo et bisounours qui s'aperçoivent ,dés maintenant... qu'il se sont fait bluffer dans les grandes largeurs...!

    M.V.

    12 h 09, le 12 novembre 2012

  • Ah bon. En tout cas, il détient le record de la désillusion populaire la plus rapide.

    Robert Malek

    05 h 47, le 12 novembre 2012

  • Devarit plutôt repartir à la reconquête de son gouvernement...et prendre de vraies mesures avant que le vrai scandale de ND des Landes(aéroport de Nantes) n'éclate...pas le scandale écologique,l'autre,le financier...

    GEDEON Christian

    04 h 59, le 12 novembre 2012

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