Cette déclaration marque un tournant car elle affiche une prise de distance d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) avec ses alliés jihadistes d’el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), avec qui il contrôle le nord du Mali depuis sept mois. Ces trois groupes y imposent la charia de manière très rigoriste (lapidations de couples non mariés, amputations de présumés voleurs...) et y commettent de nombreuses exactions.
Tout en saluant les engagements pris par les islamistes d’Ansar Dine, le chef de la diplomatie burkinabè, Djibrill Bassolé, a souhaité qu’ils aillent « au-delà de la déclaration d’intentions ». Il faut que les groupes armés du nord malien « s’abstiennent d’actes et d’exactions qui prennent l’allure de provocations inutiles », a-t-il insisté, alors qu’Ansar Dine n’a pas fait référence à la charia et a seulement évoqué le « respect des droits et des libertés fondamentales ». De son côté, un responsable de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ibrahim Ag Assaleh, a depuis Ouagadougou « félicité » Ansar Dine pour s’être « démarqué du terrorisme », et a lui aussi réclamé le dialogue.
Si le revirement d’Ansar Dine se confirme, une intervention armée africaine dans le nord du Mali ne devra viser que les organisations islamistes « terroristes ». Des chefs d’état-major de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) étaient réunis à Bamako pour étudier le plan d’opération de cette force armée qui a été élaboré par des experts internationaux. Ce « concept d’opération » devrait ensuite être approuvé par les dirigeants politiques régionaux, puis transmis avant le 26 novembre au Conseil de sécurité de l’ONU, qui a voté le 12 octobre une résolution donnant à la Cédéao 45 jours pour préciser ses plans.
(Source : AFP)


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