La carte électorale américaine semblait encore ardue à conquérir pour le candidat républicain Mitt Romney (notre photo), trois jours avant l'élection qui l'opposera au président sortant Barack Obama. Emmanuel DUNAND/
Mitt Romney jouait son va-tout samedi dans une série d'Etats-clé, alors que la carte électorale américaine semblait encore ardue à conquérir pour le candidat républicain, trois jours avant l'élection qui l'opposera au président sortant Barack Obama.
Le président démocrate sortant effectuait lui aussi une tournée au pas de charge dans quatre régions potentiellements décisives, de l'Ohio (nord) à la Virginie (est) en passant par le Wisconsin (nord) et l'Iowa (centre).
Face à 20.000 personnes à Milwaukee au Wisconsin, il s'est réapproprié le thème du "changement", cher à sa campagne de 2008, et dont M. Romney s'est fait l'apôtre ces derniers jours.
"Nous savons ce à quoi le changement ressemble. Et ce que le gouverneur Romney propose, ce n'est pas ça (...) changer les faits quand ils ne sont pas pratiques pour votre campagne, ce n'est pas du changement", a-t-il affirmé. En revanche, "vous me connaissez", a ajouté le président: "vous savez que je me battrai pour vous (...) je tiens mes promesses".
Avant lui, sur la piste de l'aéroport de Dubuque dans l'Iowa (centre) comme plus tôt dans le New Hampshire (nord-est), M. Romney, à la recherche des voix centristes, a promis de collaborer avec les démocrates au Congrès en cas de victoire.
Mais M. Romney, qui semblait moins énergique que ces derniers jours, s'est aussi élevé contre une expression utilisée vendredi par M. Obama: "voter est la meilleure vengeance".
"Hier, le président a dit quelque chose que vous pourriez avoir déjà entendu, que je trouve troublant", a expliqué M. Romney. "Il demande à ses partisans de voter pour une vengeance, je vous demande de voter pour l'amour du pays", a-t-il ajouté à Dubuque.
La porte-parole de la campagne démocrate, Jennifer Psaki, a expliqué que M. Obama avait voulu réagir aux "tentatives d'intimidation" auxquelles M. Romney a eu recours, selon elle, dans une publicité où il affirmait que des constructeurs automobiles américains sauvés grâce à l'argent du contribuable allaient délocaliser leur production en Chine.
Coïncidence, M. Obama, engagé comme son adversaire dans une course sans aucun temps mort, qui limite les repos nocturnes à une poignée d'heures, devait lui aussi participer samedi à une réunion publique à Dubuque, ville de 57.000 habitants séparée de l'Etat-clé du Wisconsin (nord) par le fleuve Mississippi.
Mais la route de la Maison Blanche passe surtout par l'Ohio, où M. Obama a entamé sa tournée samedi matin après y avoir passé toute la journée de vendredi, cherchant à empêcher son adversaire d'y prendre l'ascendant.
Retards dans des Etats-clés
"Je comprends que l'Ohio soit un peu difficile (à conquérir) pour le gouverneur Romney, parce qu'il était contre le sauvetage du secteur automobile américain", a lancé samedi le président sortant à Mentor, près de Cleveland.
L'Ohio, arrière-cour de Detroit, compte de nombreuses entreprises de sous-traitance automobile. Il a une nouvelle fois rejeté l'idée que M. Romney représente "le vrai changement" dont ce dernier se fait l'apôtre depuis quelques jours.
Dans un système de suffrage universel indirect décompté Etat par Etat, les territoires pouvant basculer d'un côté ou de l'autre sont courtisés par les deux camps. L'Ohio est considéré comme le plus décisif: aucun républicain n'a réussi à s'installer à la Maison Blanche sans le remporter.
(Lire aussi: À J-4, Obama et Romney à la conquête de l’Ohio)
Or, sur les dix derniers sondages sur l'Ohio, aucun ne donne l'avantage à M. Romney, qui accuse près de trois points de retard sur le président selon la moyenne du site RealClearPolitics.
Mais M. Obama ne laisse rien au hasard: il reviendra dimanche et lundi dans l'Ohio, conscient du fait que s'il barre la route à son adversaire, ce dernier devra remporter quasiment tous les autres Etats-clé.
Le Colorado (ouest) où M. Romney effectuera deux étapes samedi après-midi, paraît sourire au républicain, mais une victoire ne servirait à rien s'il ne parvenait pas à prendre l'ascendant sur M. Obama dans le Wisconsin et le Nevada (ouest) où il est aussi en retrait, et même s'il conquiert la Floride (sud-est) et la Virginie (est) à l'autre bout du pays.
M. Obama conclura sa journée de samedi par une grande réunion nocturne à Bristow en Virginie, dans un amphithéâtre de 25.000 places, en compagnie de son prédécesseur démocrate Bill Clinton qui se démène sur le terrain en sa faveur: 26 réunions publiques depuis début septembre, et onze de plus prévues d'ici lundi.
Les démocrates ont affiché leur confiance ces derniers jours. Les républicains ont quant à eux mis en avant "l'élan" qui leur permettrait de reconquérir l'exécutif de la première puissance mondiale.
Lire aussi:
Obama peut compter sur des amis à Hollywood, quoi qu'en dise Clint Eastwood
Les élections américaines en chiffres
Retrouvez toutes nos informations sur la présidentielle américaine, dans notre dossier spécial
Le président démocrate sortant effectuait lui aussi une tournée au pas de charge dans quatre régions potentiellements décisives, de l'Ohio (nord) à la Virginie (est) en passant par le Wisconsin (nord) et l'Iowa (centre).
Face à 20.000 personnes à Milwaukee au Wisconsin, il s'est réapproprié le thème du "changement", cher à sa campagne de 2008, et dont M. Romney s'est fait l'apôtre ces derniers jours."Nous savons ce à quoi le changement ressemble. Et ce que le gouverneur Romney propose, ce n'est pas ça (...) changer les faits quand ils ne sont pas pratiques pour...


