Selon le Financial Times de samedi, qui cite deux sources proches du dossier, l’UBS veut réduire la taille de sa banque d’investissement, à l’origine de ses graves difficultés pendant la crise bancaire de 2008, et la recentrer sur le courtage d’actions, de devises et les activités de conseil.
Les licenciements devraient essentiellement concerner le back-office de la banque.
De son côté, l’agence Bloomberg, citant une source proche du dossier, indique que la suppression de quelque 10 000 emplois devrait être étalée sur plusieurs trimestres.
Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la banque helvétique s’est refusé à tout commentaire.
La banque employait fin juin 63 500 personnes dans le monde.
Le quotidien suisse Tages-Anzeiger avait révélé à la mi-octobre qu’UBS prévoyait de supprimer à l’échelle mondiale environ 20 % de ses effectifs, soit quelque 12 700 postes, principalement dans les services informatiques (IT).
Au lendemain de cette publication, le directeur général d’UBS, Sergio Ermotti, avait envoyé un courriel à tous les employés de la banque pour leur demander de rester discrets et leur indiquer que la banque était « déterminée » à prendre toutes les mesures pour faire face à la situation difficile dans le secteur financier.
M. Ermotti avait précisé que la banque était en train de passer en revue ses activités mais n’avait pas encore pris de « décision finale ».
UBS travaille à un plan de recentrage de ses activités sur la gestion de fortune internationale et la banque universelle en Suisse.
Quant à sa banque d’investissement, il s’agit de la rendre moins complexe et moins gourmande en capitaux, en réduisant la taille de son bilan comme l’ont fait la plupart des autres grandes banques dans le monde, affectées par le durcissement des normes prudentielles consécutif à la crise financière.
« De nombreux salariés ont déjà été convoqués par la banque pour leur proposer de partir en préretraite ou de partir », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier requérant l’anonymat. Toute l’industrie bancaire suisse est en train de traverser une grave crise. Credit Suisse, l’autre grande banque suisse, a annoncé cette semaine qu’elle allait devoir réaliser un milliard de francs suisses (800 millions d’euros) d’économies supplémentaires d’ici à trois ans. Pour y arriver, des suppressions d’emplois, non encore chiffrées, sont à l’ordre du jour.
Les deux grandes banques avaient déjà annoncé l’année dernière des suppressions d’emplois. Pour UBS, il s’agissait de 5 500 emplois et pour Credit Suisse de 3 500 emplois.
La 3e grande banque suisse cotée en Bourse, Julius Baer, va aussi supprimer en 2013 un millier d’emplois dans le monde, suite au rachat de certaines activités de Merrill Lynch à Bank of America.
Depuis 2008, le secteur bancaire suisse est moins performant et doit faire face à des vents contraires, comme le démantèlement du secret bancaire, une baisse des marges et une hausse des primes de risque.
Selon une étude de Swiss
banking, l’Association des banques suisses, « à l’avenir, la création de valeur du secteur bancaire devrait croître de 1,9 % par an, soit un rythme similaire à celui de l’ensemble de l’économie », alors que dans les années précédant la crise, le secteur bancaire progressait beaucoup plus que l’ensemble de l’économie suisse.
À court terme, ajoute Swis banking, « l’environnement devrait se dégrader, mais les adaptations aux conditions attendues devraient ouvrir la voie à un retour de la croissance ».
Le secteur bancaire suisse a déjà connu de graves crises, comme au début des années 2000. Mais il a toujours réussi à se rétablir, en raison notamment de la flexibilité du marché du travail en Suisse, avec des licenciements et des embauches plus faciles que dans les autres pays européens. De ce fait, le taux de chômage en Suisse est un des plus bas du monde, avec un taux inférieur à 3 %.
En septembre dernier, le taux de chômage était de 2,8 %, et la Suisse prévoit un taux de 2,9 % pour l’ensemble de l’année.
(Source : AFP)


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