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À La Une - Rapport

"75% des cas d'atteinte à la liberté religieuse concernent des chrétiens"

"Les menaces sur la liberté religieuse ne diminuent pas", note "Aide à l'Eglise en Détresse" dans son 9e rapport.

En août 2012, de nouvelles violences ont opposé coptes et musulmans en Egypte. Archives/AFP

Les menaces qui pèsent sur la liberté religieuse dans le monde restent toujours aussi vives, touchant également aujourd'hui les pays du "printemps arabe", relève le 9e rapport d'Aide à l'Eglise en Détresse (AED), rendu public mercredi.

 

Du fait de leur nombre, estimé à deux milliards de fidèles, soit le plus grand groupe religieux au monde, les chrétiens, qui n'utilisent pas la force pour se défendre, en sont "très clairement" les principales victimes, selon AED.

Ainsi, indique le rapport bisannuel, présenté par Marc Fromager, directeur d'AED, à la Conférence des évêques de France, "75% des cas d'atteinte à la liberté religieuse concernent des chrétiens".

 

Reste, dit-il, que "la grande nouveauté cette année provient du +printemps arabe+ et des secousses qui traversent toute cette région. De toute évidence, c'est la question de la liberté religieuse qui apparaît comme étant centrale dans l'évolution de ces pays".

Ainsi, note-t-il, "avec l'arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie, et leur objectif clairement affiché d'y imposer la loi islamique, certains redoutent l'instauration d'une dictature théocratique".

Marc Fromager cite ainsi le cri d'alarme lancé par le juriste tunisien, Yadh Ben Achour : "Les Tunisiens vivent aujourd'hui la religion de l'islam comme un cancer qui dévore le corps social tout entier. Si cela continue, le Bon Dieu lui-même ne voudra plus de la Tunisie".

 

(Pour mémoire : Les chrétiens d’Égypte ont de plus en plus peur)

 

En tête des pays les moins tolérants, AED pointe l'Arabie Saoudite, pays qui considère les chiites comme des citoyens de seconde zone et où une fatwa lancée en mars 2012 par le Grand Mufti estimait nécessaire de détruire toutes les églises chrétiennes.

 

En Corée du Nord, où toute liberté religieuse est niée, les prisonniers pour motifs religieux, catholiques ou protestants, sont plus durement punis que les autres dans les camps d'internement et de rééducation déjà très répressifs.

 

Le Pakistan, quant à lui, a connu son "annus horribilis" en 2011, selon le rapport AED, marquée par l'exécution par des extrémistes de neuf personnes, dont deux leaders catholique et musulman, favorables à l'abolition ou à la modification de la loi sur le blasphème.

 

(Pour mémoire : Accusée de blasphème, Rimsha a été libérée sous caution)

 

En Inde, malgré la liberté de culte, les communautés musulmane et chrétienne restent les plus vulnérables, accusées de prosélytisme ou conversions forcées.

 

L'Irak s'est dépeuplé de plus d'un tiers de sa population chrétienne persécutée depuis 2003, passant d'un million de fidèles à 300.000.

 

Le rapport cite également l'Iran, la Chine, le Soudan et le Vietnam, notant que la négation ou restriction de la liberté religieuse, "peut être le fait des Etats, mais aussi de groupes extrémistes".

 

"De manière générale, note-t-il, on peut dire que le droit à la liberté religieuse est davantage bafoué au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie".

 

Parmi les principales conclusions du rapport, l'AED, présent dans 150 pays, mais dont les recherches en concernent 195, relève que "les menaces sur la liberté religieuse ne diminuent pas".

Les pays qui jouissaient d'un calme relatif, tels que la Tunisie, la Libye, l'Egypte et la Syrie, "sont maintenant source de graves inquiétudes. De plus la pression de l'extrémisme islamique sur des pays africains, tels que le Kenya, le Mali, le Nigéria et le Tchad a augmenté et menace de déstabiliser d'importantes régions de l'Afrique".

L'AED relève de fréquents "affrontements" et de "sérieuses violences" dans les pays où l'identité religieuse est liée à l'origine ethnique, comme le Kosovo ou la Bosnie-Herzégovine, et des pays asiatiques tels que le Bangladesh, l'Indonésie et l'Inde".

 

Même si l'AED est une oeuvre de l'Eglise catholique, son rapport publié tous les deux ans, "se veut une étude factuelle de la situation de tous les groupes religieux, sans parti pris ni jugement".

 

 

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Du fait de leur nombre, estimé à deux milliards de fidèles, soit le plus grand groupe religieux au monde, les chrétiens, qui n'utilisent pas la force...

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A l'évidence, l'obligation pour les membres de la communauté internationale "de protéger et de préserver les droits de l’ensemble de ses citoyens et citoyennes" ou encore les pressions morales et diplomatiques sur les États qui violent les principes contenus dans la déclaration universelle des droits de l'homme, se sont avérées nettement insuffisantes. Il faudra donc, en un premier temps, que cette déclaration fasse désormais partie du droit international exécutoire. En un second temps, des sanctions de plus en plus lourdes, y compris des poursuites devant un Tribunal International, devront être infligées aux pays qui violent ces principes. Ainsi seront-ils enfin contraints de mettre au pas tous leurs barbus hirsutes vociférant leur haine, tous orteils crasseux dehors, les yeux injectés de sang prétendant vouloir dicter nos actes.

Paul-René Safa

04 h 35, le 18 octobre 2012

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Commentaires (1)

  • A l'évidence, l'obligation pour les membres de la communauté internationale "de protéger et de préserver les droits de l’ensemble de ses citoyens et citoyennes" ou encore les pressions morales et diplomatiques sur les États qui violent les principes contenus dans la déclaration universelle des droits de l'homme, se sont avérées nettement insuffisantes. Il faudra donc, en un premier temps, que cette déclaration fasse désormais partie du droit international exécutoire. En un second temps, des sanctions de plus en plus lourdes, y compris des poursuites devant un Tribunal International, devront être infligées aux pays qui violent ces principes. Ainsi seront-ils enfin contraints de mettre au pas tous leurs barbus hirsutes vociférant leur haine, tous orteils crasseux dehors, les yeux injectés de sang prétendant vouloir dicter nos actes.

    Paul-René Safa

    04 h 35, le 18 octobre 2012

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