L’affaire est close. On devrait jeter un voile pudique sur cet incident honteux et ne plus en parler, ne serait-ce que pour préserver ce qu’il reste de l’image des Libanais en matière de tolérance. L’autre option, et nous la prendrons, serait au contraire de rebondir sur le sujet et de maintenir le battage jusqu’à ce que certains comprennent enfin que certains agissements sont criminels même s’ils ne causent pas mort d’homme. L’hôtesse de la MEA était sûre de son bon droit. L’hôtesse dans son tailleur turquoise usé, annonçant une destination solaire désabusée. L’hôtesse qui rêvait d’être une hôtesse de l’air, de voir le bas d’en haut, et qui s’est retrouvée hôtesse de terre. L’hôtesse de terre dont la mission se limite à vérifier que le nom sur la carte d’embarquement coïncide avec le nom sur le passeport, et qui de temps en temps prend le micro pour son meilleur rôle : faire courir les retardataires qui s’oublient à la parfumerie. Ce jour-là, écœurée de la médiocrité de sa condition, n’ayant apparemment personne à rappeler à l’ordre, elle prend son micro pour rien. Pour dire. S’offrir son quart d’heure de célébrité. Si ça se trouve, on lui en saura gré en haut lieu d’avoir contribué à faire taire ces Philippins et ces Népalais qu’elle voit et trouve voyants, entend et trouve bruyants. Son regard glisse des passagers des premières classes vers ces voyageurs modestes. Lui est-il si insupportable d’avoir à les accueillir à bord du même avion ? « Il est interdit aux Philippins et aux Népalais de parler dans cette salle », dit la voix spectrale qui sort du micro. Un passager libanais proteste, un seul, loué soit-il. On aurait dû en rester là. Mais non, il a fallu qu’un collègue vienne à la rescousse de la dame. Et menace de barrer à l’homme l’accès de l’avion. On ne reviendra pas sur le dénouement de l’histoire, heureux faut-il le préciser, puisque le ministre des Transports a présenté les excuses du Liban à nos « frères » philippins et que la MEA a renvoyé l’hôtesse et sanctionné l’assistant. Un petit pas mais un bond de géant.
Comme un dérapage ne vient jamais seul, c’est l’armée à présent qui est montrée du doigt, une descente injustifiée ayant été opérée dans un quartier où logent des ouvriers du bâtiment. Leurs papiers sont pourtant en règle. Ils viennent de rentrer d’une longue journée de travail. Ils sont dix à occuper un logement minuscule. De quoi les accuse-t-on ? Secret défense, soit. Mais est-il permis qu’ils soient battus, brutalisés, piétinés sans explication ? Ghassan rêvait d’obtenir 12/20 au bac pour devenir un militaire de métier. Il a eu son bac, moins de 12 cependant. Il a changé de rêve. Ç’aurait bien été la peine de potasser physique et philo pour finir le cerveau dans la botte.
Allez, petit à petit, des mots humains s’ajoutent à notre vocabulaire. Ces incidents nous apprennent à dire « pardon ». Bientôt nous saurons dire « merci ». Et à force, nous y mettrons même du cœur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’affaire est close. On devrait jeter un voile pudique sur cet incident honteux et ne plus en parler, ne serait-ce que pour préserver ce qu’il reste de l’image des Libanais en matière de tolérance. L’autre option, et nous la prendrons, serait au contraire de rebondir sur le sujet et de maintenir le battage jusqu’à ce que certains comprennent enfin que certains agissements sont criminels même s’ils ne causent pas mort d’homme. L’hôtesse de la MEA était sûre de son bon droit. L’hôtesse dans son tailleur turquoise usé, annonçant une destination solaire désabusée. L’hôtesse qui rêvait d’être une hôtesse de l’air, de voir le bas d’en haut, et qui s’est retrouvée hôtesse de terre. L’hôtesse de terre dont la mission se limite à vérifier que le nom sur la carte d’embarquement coïncide avec...
Toujours Merci...il faut en parler...le plus criminel c'est le silence...bravo Mme. abou dib
10 h 44, le 11 octobre 2012