Pour l’heure, les Libanais, tous les Libanais, ceux du 8 Mars comme ceux du 14 Mars, engagés dans le marathon de tous les défis, ont réussi la gageure de s’arrêter au bord du précipice et de rester sourds à l’appel du vide.
Un moment de grâce inespéré alors que toute la région répercute les vociférations des derniers tyrans comme les anathèmes des fous de Dieu déterminés à en découdre avec les « hérétiques » et autres suppôts du diable...
Le Liban est-il, pour autant, sorti du cercle de feu, de la zone des secousses sismiques ? Loin de là, bien évidemment, et l’avenir risque de lui réserver de biens mauvaises surprises.
Le baromètre, nul ne l’ignore, se trouve en Syrie et de ses variations dépendra la suite des évènements, ceux qui toucheront inévitablement le Liban du fait de la proximité géographique comme des liens familiaux, partisans ou communautaires.
Que le régime Assad tombe aujourd’hui ou demain, que la rébellion, dans toutes ses composantes, réussisse, à bref ou long délai, à se débarrasser de l’oppresseur, la position des diverses parties libanaises sera passée au crible à l’heure des bilans, de l’inévitable face-à-face post-révolution.
Le Hezbollah s’y est-il préparé, lui qui continue à soutenir, politiquement et militairement, un pouvoir qui n’a aucune chance de survie? Le Hezbollah a-t-il conscience que son implication dans la guerre contre les insurgés a donné aux jihadistes, et à la Qaëda plus précisément, de nouveaux motifs de lutte, une raison supplémentaire pour étendre au Liban leur action terroriste, pour y puiser des partisans façonnés à leur image ?
N’est-il pas venu le temps des remises en question, des autocritiques, celles qui dresseront le tableau des pertes et profits à l’aune des bouleversements qui agitent la région ? Est-ce en s’embourbant dans le marécage syrien, en envoyant ses membres se faire tuer en « jihadistes » à Homs, Damas ou Alep, que le Hezbollah accomplit sa « mission sacrée » face à « l’usurpateur israélien » ?
Peut-on encore parler de résistance, quand les militants perdent la vie dans des guerres de rue sur un sol arabe, quand ils sont sacrifiés sur l’autel des intérêts iraniens, quand les arsenaux rouillés explosent au milieu d’agglomérations civiles et qu’une chape de plomb s’abat sur la population prise en otage ?
Que cesse donc l’imposture des « armes divines », d’un combat tout aussi « divin » qui s’est fourvoyé dans les venelles des règlements de comptes, comme en mai 2008, ou dans les rues infâmes des guerres civiles, comme en Syrie. Que s’élèvent bien haut les voix chiites indépendantes qui dénoncent déjà les égarements d’une résistance ramenée à la dimension de milice. Que les quatre vérités soient dites, sans peur et en toute franchise, pour éviter le pire à venir, pour nous prémunir contre les tempêtes qui gonflent.
Que le Courant patriotique libre, qui a « fusionné » avec le Hezbollah en croyant, ainsi, préserver la paix civile, reconnaisse, enfin, qu’en ce faisant il a permis à son allié de prendre l’État en otage arguant d’une couverture chrétienne fort aimablement consentie.
Aujourd’hui, ce ne sont pas des mea culpa qui sont requis, mais des prises de position courageuses qui permettront de remettre les pendules à l’heure, de bloquer la voie menant à la catastrophe.
Sinon, le jour venu, quand la « folie syrienne » aura investi nos villes et villages, quand sunnites et chiites seront entraînés dans la discorde redoutée, il sera trop tard pour exprimer des regrets. Il est parfois des paris qui nous explosent au visage, comme celui de miser sur une paix civile asservie au bon vouloir d’une faction armée, confessionnelle de surcroît...
Mais l’endoctrinement laisse-t-il encore une place à la pensée libre ?


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Hassan Nasrallah doit tout aux Iraniens, des tonnes d'argent et tout son arsenal. Il est menotté. Assad veut l'entrainer à tout prix et contre sa volonté dans une guerre sur le sol Libanais. L'affaire Samaha est un exemple. Pour barrer la route à ce complot et très discrètement, je donne le feu vert au Président Sleiman d'agir comme il le fait maintenant.
15 h 37, le 08 octobre 2012