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Parfumeur : un mélange subtil d’innovation, de marketing et de science

Témoignage métier D’origine algérienne, elle pose ses valises au Liban en 2006 pour y rejoindre Jihad, son mari libanais. Au pays du Cèdre, Ludmila Bitar se lance dans la création de parfums et, six ans plus tard, elle crée sa propre société.
06/10/2012
Diplômée en psychologie du consommateur de l’université Laval au Canada en 1999, Ludmila ne se contente pas de cette première formation. Elle s’installe en France et décroche en 2001 un diplôme en marketing de l’Essec.
L’univers olfactif la passionne. Elle travaille pour Takasago, société d’origine japonaise, une des plus grandes maisons de création de parfums, avant d’intégrer L’Oréal. Le monde du travail constitue pour la jeune diplômée un « choc ». « On se jette dans la gueule du loup et on n’est pas protégé comme on l’était à l’université, confie-t-elle. C’est une épreuve émotionnelle, culturelle et professionnelle. » C’est également un apprentissage édifiant, selon Ludmila, qui poursuit : « J’ai travaillé sur le lancement de plusieurs marques de parfums et de cosmétiques. Cela a constitué pour moi une expérience très constructive. »
Dynamique, après son départ de L’Oréal en 2006, elle exerce, en free-lance, le métier de consultante olfactive, en parallèle à son travail dans l’enseignement et la photographie. En 2012, elle se décide à sauter le pas et se lance seule dans ce qui la passionne : la création de parfums. « Je voulais m’y investir depuis 2006. Il en était donc temps. C’est un cheminement naturel », explique-t-elle. Mais comme toute nouvelle initiative, son projet a son lot d’appréhensions. « Je craignais que le projet ne marche pas et n’attire pas de clientèle. J’avais également peur de ne pas récupérer les fonds investis et de ne pas pouvoir gérer ma vie professionnelle, familiale et personnelle », précise-t-elle. Évoquant sa formation initiale, Ludmila affirme que ses études lui ont été très utiles, « car la création de fragrances nécessite une bonne compréhension du consommateur ».

Un mélange subtil
Quand on lui demande de définir son métier, elle répond, avec douceur, que c’est un mélange subtil de créativité, de marketing et de science. « Il faut savoir allier créativité et satisfaction des attentes du consommateur. C’est une alchimie très délicate qui ne s’apprend qu’après expérience », explique-t-elle. Son objectif : créer un parfum personnalisé et unique, « une signature olfactive », une identité personnalisée comme une robe. Sa collection, mise en vente depuis le mois de septembre, comporte également des bougies, des chandelles et des savons parfumés. Perfectionniste, la créatrice ne lésine pas sur la qualité de ses produits. « Les fragrances sont fabriquées à Paris, les bougies à Grasse, capitale mondiale de la parfumerie, et les savons faits main au Chouf », précise-t-elle. Quand on lui demande s’il y a du « sang » algérien dans sa collection, elle répond avec beaucoup d’assurance que son vécu et ses racines contribuent à structurer ses créations. « Mon approche n’est pas vraiment culturelle. C’est tout à la fois des envies, des sensations et des créations », ajoute-elle, avant de poursuivre : « Je m’adresse aux amateurs de luxe et de raffinement et je leur propose un voyage olfactif et de bien-être exceptionnel. »
Mère de deux enfants, Ludmila est très contente au Liban. Elle n’a pas l’obstacle de la langue et a de nombreux amis.
Aux étudiants qui hésitent à choisir un métier, Ludmila recommande de « se lancer dans un domaine épanouissant et qu’ils aiment », avant de conclure : « Se lancer à fond pour ne pas avoir de regrets. Il faut tout essayer dans la vie. »

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