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À La Une - Iran

Le rial iranien atteint son niveau historique le plus bas

La monnaie iranienne a chuté de 17 % lundi et de 75 % en un an.

La valeur du rial a chuté de 17% lundi 1er octobre. Atta Kenare/AFP

La dégringolade de la monnaie iranienne, le rial, s'est accélérée lundi avec une chute de plus de 17%  face au dollar, atteignant son niveau historique le plus bas, résultat d'une pénurie de divises fortes en raison des sanctions occidentales.

 

A l'ouverture du marché, le rial avait commencé avec une chute de 9% qui s'est accélérée pour atteindre 17%.

 

La chute du rial face au dollar depuis un an a accéléré l'inflation, qui est officiellement de 23% environ.

"Les prix augmentent chaque jour et ça ne s'arrête pas", dit Khosro un retraité qui doit continuer à faire le taxi pour arrondir les fins de mois.

 

Les prix des produits alimentaires ont doublé en un an et l'augmentation ne se limite pas aux produits importés, mais touche aussi les produits locaux.

"Le prix de mon dentifrice, une marque étrangère, a triplé en quelques mois. Du coup, je vais acheter un produit iranien. Mais il a aussi presque doublé", dit Maryam, une jeune Iranienne.

 

En fin de journée, le dollar s'échangeait à 34.500 rials sur le marché libre, contre environ 29.600 la veille.

 

Certains sites spécialisés ont cessé d'afficher le taux de change entre le rial et le dollar mais continuaient à le donner pour l'euro et les autres devises fortes. Les agences Mehr, Isna et le site spécialisé Mesghal donnaient pour leur part le taux de change du marché libre pour le dollar.

 

Le dollar valait seulement 13.000 rials fin 2011, ce qui signifie que la monnaie iranienne a perdu en un an plus de 75% de sa valeur. La monnaie iranienne n'a cessé de reculer par paliers successifs, victime de la pénurie de devises et de l'inflation galopante provoquées par les sanctions bancaires et pétrolières occidentales contre l'Iran.

 

L'Iran est soumis à des sanctions de l'ONU ainsi qu'à un embargo bancaire occidental mis en place depuis 2010 par les Etats-Unis et l'Union européenne pour son refus de cesser ses activités nucléaires sensibles. L'Occident accuse l'Iran, qui dément, de vouloir fabriquer l'arme atomique. Les sanctions économiques occidentales visent à réduire les exportations de pétrole et à empêcher dans le même temps les transactions des pétrodollars.

 

La chute historique de la monnaie iranienne montre le "succès" des sanctions internationales imposées à l'Iran, a d'ailleurs estimé lundi la diplomatie américaine. La dégringolade est révélatrice de "la pression internationale implacable et de plus en plus réussie que nous faisons tous peser sur l'économie iranienne", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

 

"C'est un désastre", avait déclaré plus tôt dans la journée à l'AFP le directeur d'une société d'importation sous couvert de l'anonymat. "Un client a perdu un milliard de rials en un jour" soit 30.000 dollars selon l'actuel taux.

 

Lundi, les agents de change refusaient d'acheter et de vendre des dollars. "Nous ne savons pas ce qui va se passer dans les prochains jours et ce que le gouvernement va faire", a déclaré l'un d'eux cité par Fars.

 

Ces taux sont "artificiels et il n'y pas de réels échanges sur le marché", a déclaré Nosrat Ezzati, le porte-parole de l'Association des agents de change, cité par l'agence officielle Irna.

 

Le gouvernement a créé la semaine dernière un nouveau "centre d'échange" où des dollars sont mis à la disposition des importateurs à un taux inférieur à celui du marché libre. Mais la création de centre n'a pas empêché la chute du rial.

"Ce centre a en fait accéléré la hausse du dollar", a déclaré à l'AFP Hirad Hatami un journaliste économique. "C'est une bulle (...) Nous devons donner du temps, par exemple deux semaines pour voir si ce centre peut permettre de contrôler le marché", a-t-il ajouté.

 

Le président de la Banque centrale, Mahmoud Bahmani, a affiché son optimisme malgré la chute du rial. "Avec la hausse des échanges dans le centre, les effets seront ressentis sur le marché", a déclaré M. Bahmani, selon l'agence Isna.

 

En attendant, de nombreux Iraniens qui comptaient partir en vacances pour de lointaines destinations doivent renoncer à leur projet, les voyages devenant de plus en plus chers. Et ceux qui ont envoyé leurs familles à l'étranger pour y vivre ou faire des études ont de plus en plus de mal à leur envoyer de l'argent.

 

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