Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est intervenu hier à l’Assemblée générale de l’ONU, où il a qualifié le conflit syrien de « désastre régional avec des implications mondiales ». Il a dans la foulée réclamé une action du Conseil de sécurité pour mettre fin aux violences qui ont fait plus de 29 000 morts en 18 mois. « C’est une menace grave et croissante pour la paix et la sécurité internationales qui réclame l’attention du Conseil de sécurité », a-t-il souligné, appelant à « soutenir de manière ferme et concrète les efforts » du médiateur Lakhdar Brahimi. L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, de retour de Syrie, avait estimé lundi devant le Conseil de sécurité qu’il n’y avait « pas de progrès en vue aujourd’hui ou demain » vers une issue au conflit. Le dossier syrien est bloqué au Conseil de sécurité en raison de l’opposition de la Chine et de la Russie, fidèles alliés du régime syrien, à des sanctions contre Damas. Ces pays ont bloqué à trois reprises des résolutions. « Nous devons mettre fin à la violence et à l’afflux d’armes aux deux camps et mettre en œuvre le plus vite possible une transition menée par les Syriens eux-mêmes », a souligné M. Ban. « Des violations brutales des droits de l’homme continuent d’être commises, en premier lieu par le gouvernement, mais également par des groupes d’opposition. De tels crimes ne peuvent rester impunis. Il n’y a pas de prescription pour une telle violence », a-t-il ajouté.
Menaces d’État à État
Également, le secrétaire général des Nations unies a rejeté hier les menaces d’opérations militaires proférées d’État à État, dans une référence évidente aux déclarations de responsables israéliens, iraniens et américains autour du programme nucléaire de Téhéran. « Je rejette (...) à la fois la rhétorique qui vise à délégitimer (autrui) et les menaces d’opérations militaires potentielles lancées par un État contre un autre. De telles attaques auraient des effets dévastateurs », a-t-il déclaré à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. « Les discours belliqueux retentissants de ces dernières semaines sont alarmants et doivent nous rappeler la nécessité de solutions pacifiques et du respect total de la Charte de l’ONU et du droit international », a-t-il poursuivi. Ban Ki-moon n’a pas spécifié les pays qu’il visait, mais les récentes déclarations de responsables iraniens, américains et israéliens laissent peu de doutes sur son intention.
Sur la question israélo-palestinienne, Ban Ki-moon a jugé que la porte à un règlement négocié du conflit était « peut-être en train de se refermer pour de bon », du fait notamment de la poursuite des implantations israéliennes en Cisjordanie. « La solution à deux États est la seule option viable. Pourtant, la porte est peut-être en train de se fermer pour de bon », a-t-il dit. « L’expansion continue des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sape considérablement les efforts en faveur de la paix. Nous devons absolument sortir de cette impasse dangereuse », a-t-il poursuivi.
(Source : agences)
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