Anne-Marie Slaughter, ancienne directrice du centre de prospective du département d’État américain (2009-2011), est professeure de politique et en affaires internationales à l’université de Princeton.
L’ancien président américain Bill Clinton a prononcé l’un des meilleurs discours de sa vie lors de la récente convention démocrate. Les applaudissements ont été particulièrement nourris lorsqu’il a déclaré que la nomination par Barack Obama de Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État, alors qu’elle était l’un de ses principaux adversaires politiques, était la preuve que « la démocratie n’est pas nécessairement un sport sanguinaire ».
L’ovation du public a reflété le point de vue de la majorité des Américains qui pensent que la politique américaine est devenue bien trop partisane et que les rivaux politiques sont plus enclins à s’écharper – « à verser le sang » – qu’ils ne le sont à s’occuper des affaires publiques. Mais ce que disait vraiment Clinton est que la capacité de la secrétaire d’État à se rendre dans d’autres pays et à travailler aux côtés de son ancien adversaire politique pour servir les intérêts nationaux était un excellent exemple de la manière dont devrait fonctionner toute démocratie.
Il est important de souligner ce point parce que dans beaucoup trop de pays, la démocratie reste – littéralement – un sport sanguinaire. Le scrutin ne sert qu’à prendre le pouvoir pour ensuite harceler, emprisonner ou même liquider ses opposants. Ou, comme l’a dit un jour un diplomate américain, « un homme, une voix, une fois » pour décrire cette situation. En fait, la National Endowment for Democracy (NED) (Fondation nationale pour la démocratie) décrit certains pays comme étant des « dictatures électorales ».
Nombreux sont ceux à craindre que le printemps arabe débouche sur une situation analogue, avec des mouvements populaires renversant des despotes pour finalement élire de nouveaux dictateurs. La seule manière d’éviter une telle issue est de défendre plus fermement le processus libre et équitable de l’élection d’un gouvernement que le dirigeant ou le parti élu, même si le vainqueur défend des intérêts opposés aux vôtres.
Ce casse-tête est également celui de la politique américaine au Moyen-Orient face aux révolutions en cours.
Pendant 30 ans, le gouvernement américain a soutenu des dirigeants laïcs qui justifiaient leur mainmise sur le pouvoir en disant que c’était eux ou « les islamistes » – qu’ils dépeignaient comme des fanatiques religieux prêts à ramener leur pays au Moyen Âge. Les États-Unis doivent aujourd’hui convaincre des populations sceptiques qu’ils sont prêts à dialoguer avec des gouvernements islamistes élus.
Les peuples qui ont éprouvé de première main la toute-puissance et la détermination des États-Unis à défendre leurs propres intérêts dans leur région ont de la peine à croire que l’administration américaine est aujourd’hui soudainement prête à approuver une issue qu’elle ne souhaitait pas. En fait, Hillary Clinton a été chahutée par des manifestants coptes et des membres des partis de gauche lors de sa visite en Égypte en juin dernier, persuadés qu’ils étaient que les États-Unis avaient sans doute souhaité voir les Frères musulmans accéder au pouvoir.
La politique étrangère américaine doit à l’avenir incarner un principe simple, mais fort : les États-Unis dialogueront et soutiendront (par le biais de diverses formes d’aides) tout gouvernement élu à la suite d’élections libres et équitables et suivies par des observateurs internationaux, qui gouverne ensuite dans le cadre d’une Constitution ratifiée par les électeurs, dont le respect est supervisé par un pouvoir judiciaire indépendant.
Les Américains ne pensent pas que la démocratie libérale est la meilleure forme de gouvernement parce que ce que veut le « peuple » est nécessairement bien ou juste, mais parce qu’elle oppose des intérêts divergents. Comme l’écrivait James Madison dans Le Fédéraliste, « il est d’une grande importance en République non seulement de défendre la société contre l’oppression de ceux qui la gouvernent, mais encore de garantir une partie de la société contre l’injustice de l’autre ».
Une Assemblée véritablement représentative au XXIe siècle n’établira pas un régime politique qui tolère les prisonniers politiques, la censure, l’oppression des minorités et des femmes, la torture, les disparitions ou la détention sans jugement. Les gouvernements qui respectent leurs principes constitutionnels, même lorsque ceux-ci sont imparfaitement interprétés et appliqués, ne devraient pas risquer de glisser vers la dictature et devraient se corriger d’eux-mêmes dans la durée.
Tant que les gouvernements respectent ces paramètres, les États-Unis devraient examiner leur propre fonctionnement avant de juger celui des autres. Le vice-président américain Joseph Biden a également prononcé un discours percutant lors de la convention démocrate, dans lequel il a cité une phrase du discours d’accession à la présidence d’Obama, disant que les États-Unis doivent occuper la première place dans le monde, non par « l’exemple de notre puissance, mais par la puissance de notre exemple ». En termes de pratique démocratique, cet exemple est aujourd’hui sérieusement terni.
La Cour suprême américaine a interprété la Constitution des États-Unis de manière à invalider les restrictions imposées au financement des campagnes électorales, permettant de fait aux entreprises et particuliers les plus riches d’acheter les élections. Le soutien apporté par les milliardaires compte aujourd’hui bien plus que celui d’un citoyen ordinaire, tournant en ridicule le principe de « un homme, une voix ».
Les deux principaux partis politiques américains utilisent de plus les moyens à leur disposition une fois au pouvoir pour redessiner les districts électoraux à leur avantage et au préjudice de leurs adversaires. Et dans certains États, les républicains tentent ouvertement d’empêcher certains Américains de voter en demandant aux électeurs de fournir un document d’identité avec photo, qui peut s’avérer coûteux et difficile à obtenir. Cette exigence est une nouvelle version du suffrage censitaire, utilisé pendant des années par les démocrates dans les États du Sud pour exclure les Afro-Américains du droit de vote.
La démocratie ne peut fonctionner correctement que si le principe suivi par tous les citoyens est : « Je peux détester ce que vous représentez, mais tant que vous êtes élu de manière équitable et que vous gouvernez dans le respect de la Constitution, je défendrai jusqu’à la mort votre droit à affronter la concurrence et à gagner. » Si la démocratie doit être un sport, alors tous les joueurs doivent respecter les règles du jeu.
© Project syndicate, 2012.
Traduit de l’anglais par Julia Gallin.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Voila comment un peuple se doit de reflechir et penser. Ils ont au moins la decense d'accepter toutes les idees aussi bonnes ou mauvaises qu'elle soient, ils acceptent les gens tels quels meme s'ils ne sont pas d'accord avec eux et attendent le bon moment pour changer leurs positions. Leurs respects des opinions et de la liberte des autres les a conduit aux succes qui a conduit ce pays d'une simple colonie a LA superpuissance qu'elle est. Et dire qu'un enturbanne enterre, un ophtalmo bete et stupide soutenuent par des barbus Perses se veulent leur faire la guerre? Si ca leur chante, mais le resulltat est connu d'avance car la liberte et la dignite chez l'etre humain monte de plus en plus dans son estime et consideration. Nous verrons qui tiendra le plus longtemps la Liberte ou l'obscurantisme.
05 h 07, le 21 septembre 2012