Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Sleiman et Mikati adressent un blâme à Mansour

Via une démarche unilatérale, le ministre libanais des Affaires étrangères a demandé une réunion de la Ligue arabe pour dénoncer le film islamophobe.

Le chef de l’État libanais a demandé des explications à l’ambassadeur iranien à la suite des propos du commandant en chef des pasdaran sur la présence de gardiens de la révolution au Liban. Photo Dalati et Nohra

Le Conseil des ministres qui s’est réuni hier soir au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État, le président Michel Sleiman, a été principalement axé sur certains dossiers politiques ainsi que sur le bilan de la visite du pape Benoît XVI au Liban. La séance a été marquée essentiellement par le sévère blâme que le président Michel Sleiman et le Premier ministre Nagib Mikati ont adressé au ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, pour sa démarche unilatérale auprès de la Ligue arabe, entreprise quelques instants seulement après le dernier discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait réclamé une réunion de la Ligue pour dénoncer le film islamophobe. M. Mansour était aussitôt entré en contact avec le secrétaire général de la Ligue afin de demander cette réunion sans se concerter au préalable avec le chef de l’État et le Premier ministre.

 

La réunion du gouvernement a en outre porté sur la poursuite de l’examen du projet de budget, sous l’angle de la recherche de nouvelles recettes pour couvrir la récente révision de l’échelle des salaires dans le secteur public. Dans ce cadre, la proposition – appuyée par le président Sleiman et M. Mikati – d’annuler l’augmentation des rémunérations des députés et ministres a été rejetée par 19 voix contre 11. Il reviendra par conséquent au Parlement de se prononcer sur ce plan.


Le Conseil des ministres a été précédé, note-t-on, de deux démarches importantes effectuées dans la journée par le président Sleiman. Le chef de l’État a d’abord convoqué au palais de Baabda l’ambassadeur d’Iran, Ghadanfar Rukn Abadi, afin de demander des explications officielles de Téhéran au sujet de la déclaration du commandant des gardiens de la révolution, le général Mohammad Ali Jaafari, qui a indiqué dimanche, au cours d’une conférence de presse, que des membres des pasdaran (les gardiens de la révolution) sont présents au Liban et en Syrie à titre de « conseillers ». Cette indication a été démentie par le ministère iranien des Affaires étrangères qui a affirmé que « les commentaires citant le général Jaafari au sujet de la présence des gardes en Syrie étaient partiels, incorrects et ne sont en aucune manière exacts ».

 

(Lire aussi : Joumblatt : Les intérêts iraniens rejoindraient-ils ceux de certains cercles occidentaux ?)


Autre sujet soulevé hier dans la journée par le président Sleiman : les informations faisant état d’un raid de l’aviation militaire syrienne contre la région de Ersal dans la Békaa. Le chef de l’État a demandé au ministre de la Défense, Fayez Ghosn, de mener une enquête à ce sujet pour déterminer les circonstances de cette nouvelle agression syrienne.

Le Conseil des ministres
Pour en revenir au Conseil des ministres, au début de la séance, le président Sleiman, appuyé en cela par M. Mikati, a adressé un blâme au ministre des AE, Adnane Mansour, à qui il a souligné qu’avant d’effectuer sa démarche auprès de la Ligue arabe pour demander la convocation d’une conférence ministérielle, il aurait dû d’abord le consulter et s’en référer au gouvernement, et cela indépendamment du bien-fondé de la convocation de la conférence ministérielle. M. Mikati a abondé également dans le même sens, soulignant à l’adresse de M. Mansour que dans ce genre de situation, il doit consulter le Premier ministre et le gouvernement. M. Mansour a tenté de se défendre, soulignant qu’il avait agi en sa qualité de président en exercice du conseil de la Ligue et que sa démarche a revêtu un caractère essentiellement administratif. Le ministre du Travail Sélim Jreissati est venu à la rescousse de son collègue des AE en présentant une argumentation justifiant sa démarche. Le président Sleiman est toutefois revenu à la charge, soulignant que M. Mansour devait bel et bien se concerter au préalable avec le chef de l’État et le Premier ministre.


Le président Sleiman a ensuite évoqué le bilan de la visite du souverain pontife, mettant l’accent sur la portée et l’importance de cette visite et sur la signification de la participation de tous les Libanais, indépendamment de leur appartenance confessionnelle, à l’accueil réservé au pape. Le chef de l’État a ensuite remercié la commission ad hoc présidée par le ministre Nazem Khoury, ainsi que les unités de l’armée et des Forces de sécurité intérieure, en plus des médias et des institutions pédagogiques, pour tous les efforts qu’ils ont déployés afin d’assurer le succès de cette visite pontificale.


Le chef de l’État a d’autre part condamné le film islamophobe, soulignant qu’il est en contradiction avec « les valeurs prônées par l’Occident et avec le respect des libertés publiques et de la liberté de culte ». Sur ce plan, le président Sleiman a demandé au ministre des AE de soumettre à la Ligue une proposition de résolution interdisant toute atteinte aux religions. Le chef de l’État a toutefois ajouté que la condamnation de ce film devrait se faire « de manière pacifique et civilisée ».


Le président Sleiman a par ailleurs évoqué la situation à la frontière avec la Syrie, déclarant à ce sujet : « Aujourd’hui (hier), une agression s’est produite contre le secteur de Kherbet Daoud, dans la région frontalière de Ersal. L’enquête se poursuit sur ce plan afin de prendre les mesures qui s’imposent. Nous devons maintenir le contact avec les responsables syriens, en application de notre devoir à l’égard des citoyens libanais que nous devons protéger. »
Prenant à son tour la parole, M. Mikati a lui aussi condamné le film islamophobe, soulignant que son timing est « suspect ». Le Premier ministre a stigmatisé en même temps les réactions violentes à ce film, affirmant qu’elles contredisent les enseignements de la religion musulmane.


Il convient d’indiquer pour conclure qu’un porte-parole de l’armée libanaise a minimisé le raid syrien d’hier, affirmant qu’« il y a eu des bombardements en territoire syrien et non pas en territoire libanais ».

 

 

Lire aussi

Nasrallah : La diffusion de la totalité du film islamophobe aurait des conséquences très graves

Le Conseil des ministres qui s’est réuni hier soir au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État, le président Michel Sleiman, a été principalement axé sur certains dossiers politiques ainsi que sur le bilan de la visite du pape Benoît XVI au Liban. La séance a été marquée essentiellement par le sévère blâme que le président Michel Sleiman et le Premier ministre Nagib Mikati ont adressé au ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, pour sa démarche unilatérale auprès de la Ligue arabe, entreprise quelques instants seulement après le dernier discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait réclamé une réunion de la Ligue pour dénoncer le film islamophobe. M. Mansour était aussitôt entré en contact avec le secrétaire général de la Ligue afin de demander cette réunion sans se...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut