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À La Une - Syrie

Assad appelle à un dialogue intersyrien

La crise syrienne est une menace "pour le monde", déclare Brahimi après avoir rencontré le président à Damas.

Un homme fuyant les combats entre les combattants de l'ASL et l'armée syrienne, le 14 septembre 2012, à Alep. MARCO LONGARI/

Le président Bachar el-Assad a reçu samedi matin, selon la télévision syrienne, l'émissaire international Lakhdar Brahimi en mission en Syrie pour tenter de trouver une solution au conflit sanglant.

 

Le président syrien a appelé à un dialogue intersyrien lors de cette rencontre, rapporte la télévision syrienne.

"Le véritable problème en Syrie c'est de combiner l'aspect politique et le travail sur le terrain. Le travail sur l'aspect politique se poursuit, notamment par un appel à un dialogue centré sur les aspirations du peuple syrien".

 

"Le succès de l'action politique dépend des pressions sur les pays qui financent, entraînent les terroristes et font entrer des armes en Syrie afin qu'ils cessent de le faire", a ajouté M. Assad faisant allusion aux insurgés.

Il a assuré que son pays "coopèrera avec tous les efforts sincères pour résoudre la crise, tant que ces efforts sont neutres et indépendants".

 

"La crise est dangereuse, elle s'aggrave et elle représente une menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde", a déclaré, de son côté, le médiateur aux journalistes dans un hôtel de Damas, après un entretien avec le chef d'Etat syrien.

"Nous allons faire de notre mieux pour aller de l'avant et pour mettre tous nos efforts et nos possibilités en vue d'aider le peuple syrien", a encore ajouté l'émissaire.

Il a précisé que "le gouvernement syrien a promis d'aider le bureau (du médiateur) à Damas pour qu'il mène à bien son travail". Ce bureau sera dirigé par le diplomate Mokhtar Lamani.

"Nous allons être en contact avec les pays qui ont des intérêts et une influence sur le dossier syrien", a signalé M. Brahimi.

 

Vendredi, le nouveau médiateur, en mission pour la première fois en Syrie, avait eu des contacts avec des membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND, opposition de l'intérieur).

"Nous avons dit à M. Brahimi (...) notre soutien à ses efforts pour régler la crise, en faisant cesser la violence et les tueries, en assurant les soins médicaux (aux blessés) et en libérant les détenus politiques, et ce en prévision d'une étape transitoire" conformément à l'accord de Genève conclu fin juin, a indiqué à la presse Hassan Abdel Azim, porte-parole du CCCND, qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes.

"Le plan (de paix) Annan sera amélioré. Il y aura des idées et des mesures nouvelles car la crise en Syrie ne trouvera de solution que par un compromis arabe, régional et international", a-t-il affirmé à l'issue de la rencontre.

 

L'accord de Genève fixe des principes pour la transition en Syrie, mais sans appeler au départ du président Assad.

Le plan de paix en six points de Kofi Annan était entré en vigueur le 10 avril, mais le prédécesseur de M. Brahimi n'est jamais parvenu à obtenir l'application de sa demande de cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties et qui devait s'accompagner du lancement d'un dialogue politique.

 

Hier, M. Brahimi s'est également entretenu avec l'ambassadeur russe et le chargé d'affaires chinois en Syrie, a indiqué Vannina Maestracci une porte-parole de l'ONU à New York. Moscou et Pékin sont deux alliés de poids de Damas et ont déjà bloqué trois résolutions condamnant la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU.

 

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a aussi rencontré le personnel des Nations unies sur place ainsi qu'un délégué du Comité international de la Croix-rouge (CICR), alors que la situation humanitaire dans les villes pilonnées par les forces du régime s'aggrave de jour en jour.

 

Jeudi, jour de son arrivée à Damas, l'émissaire s'était entretenu avec le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem. Il avait aussi rencontré l'ambassadeur iranien en Syrie, selon la porte-parole de l'ONU.

 

Samedi, M. Brahimi devrait également avoir des entretiens avec "un groupe d'ambassadeurs arabes, une délégation de l'Union européenne et des représentants de l'opposition" syrienne.

 

La visite de M. Brahimi intervient alors que le conflit, qui a débuté par une révolte populaire le 15 mars 2011 réprimée dans le sang par le régime qui assimile les rebelles à des terroristes, entre dans son 19e mois.

 

 

Au troisième jour de sa visite à Damas, le médiateur international, Lakhdar Brahimi,

s'est entretenu, le 15 septembre 2012, avec le président syrien Bachar el-Assad. AFP/SANA

 

 

Pas de répit sur le terrain

 

Alors qu'à Damas, la diplomatie était à l'oeuvre, sur le terrain les combats et les bombardements se poursuivaient faisant au moins 37 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)

 

Dans la métropole du nord, Alep, l'armée faisait face aux rebelles postés aux accès du quartier de Boustane al-Bacha qu'ils contrôlent alors que des hélicoptères attaquaient les quartiers de Hanano et Sakhour, bastions rebelles.

Après une semaine de combats pour le contrôle du quartier stratégique de Midane (centre), l'armée en a repris la majeure partie, érigeant des points de contrôle pour la première fois, selon un correspondant de l'AFP.

 

A 35 km au nord-est d'Alep, au moins douze civils ont été tués et une soixantaine blessés, dans des raids aériens sur la ville d'Al-Bab, tenue par les rebelles, ont indiqué à l'AFP des sources hospitalières.

 

A Damas, un enfant et cinq rebelles ont été tués dans le quartier de Hajar al-Aswad (sud) où les forces du régime étaient déployées en force, a indiqué l'OSDH, faisant état aussi d'affrontements dans la banlieue de la capitale.

Les violences ont également touché les provinces de Deraa (sud), Homs, Idleb et Deir Ezzor.

 

Selon l'OSDH, les violences ont fait 132 morts dont 100 civils à travers la Syrie vendredi, où comme toutes les semaines, des manifestations hostiles au régime ont eu lieu à travers le pays alors que les combats ont fait rage à Damas et Alep.

 

Alors que l'année scolaire débute dimanche, plus de deux mille écoles ont été détruites ou endommagées au cours du conflit et des centaines d'autres sont utilisées comme abris, selon l'Unicef.

"Ce sera un défi immense" d'assurer la scolarisation des enfants, a déclaré à la presse à Geneve la porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Marixie Mercado.

 

Sur un total d'environ 22.000 écoles, plus de 2.000 ont été endommagées ou détruites. En outre, plus de 800 écoles servent d'abris où sont logés des familles déplacées par le conflit, soit 200 de plus que la semaine dernière, a-t-elle précisé en citant des chiffres du ministère syrien de l'Education.

 

Il est crucial, a-t-elle souligné, que les enfants retournent à l'école pour détourner leur attention du "cauchemar" qu'ils vivent depuis 19 mois dans l'escalade du conflit qui a fait jusqu'ici quelque 27.000 morts, selon des organisations syriennes des droits de l'Homme. "Pour les enfants, retourner à l'école est une des manières les plus efficaces de leur donner un sentiment de stabilité, d'espoir et de normalité", a expliqué Mme Mercado.

 

Analyse

La diplomatie internationale est dans l’impasse

 

Reportage

Les bénévoles d’Alep au secours des plus pauvres

 

 

Le président Bachar el-Assad a reçu samedi matin, selon la télévision syrienne, l'émissaire international Lakhdar Brahimi en mission en Syrie pour tenter de trouver une solution au conflit sanglant.
 
Le président syrien a appelé à un dialogue intersyrien lors de cette rencontre, rapporte la télévision syrienne.
"Le véritable problème en Syrie c'est de combiner l'aspect politique et le travail sur le terrain. Le travail sur l'aspect politique se poursuit, notamment par un appel à un dialogue centré sur les aspirations du peuple syrien".
 
"Le succès de l'action politique dépend des pressions sur les pays qui financent, entraînent les terroristes et font entrer des armes en Syrie afin qu'ils cessent de le faire", a ajouté M. Assad faisant allusion aux insurgés.
Il a assuré que son pays "coopèrera avec tous les...
commentaires (1)

Les tentatives diplomatiques visant à sortir du conflit la Syrie sont "quasi impossibles" et insuffisantes pour mettre un terme aux combats ne cessait de répéter Brahimi . Pourra -il encore changer d'avis?. A suivre . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

09 h 56, le 15 septembre 2012

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Commentaires (1)

  • Les tentatives diplomatiques visant à sortir du conflit la Syrie sont "quasi impossibles" et insuffisantes pour mettre un terme aux combats ne cessait de répéter Brahimi . Pourra -il encore changer d'avis?. A suivre . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 56, le 15 septembre 2012

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