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Révolte

Brahimi va « améliorer » le plan Annan, annonce l’opposition syrienne de l’intérieur

Violents combats à Damas et Alep ; nouvelles manifestations antirégime.

À Yabroud, près de Damas, les habitants sont descendus hier dans les rues pour manifester contre le régime, comme chaque vendredi depuis le début de la révolte.  Shaam News Network/Reuters

Le nouvel émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a rencontré hier à Damas des membres de l’opposition de l’intérieur, tolérée par le régime, à la veille de son entretien aujourd’hui avec le président Bachar el-Assad. À l’issue de cette rencontre, des membres de l’opposition de l’intérieur ont déclaré que M. Brahimi va « améliorer » le plan de paix de son prédécesseur Kofi Annan pour le rendre plus opérationnel. « (...) Il y aura des idées et des mesures nouvelles car la crise en Syrie ne trouvera de solution que par un compromis arabe, régional et international », a ainsi affirmé Hassan Abdel Azim, porte-parole du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND). Le CCCND regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes. « Nous avons dit à M. Brahimi, mandaté par la Ligue arabe et l’ONU, notre soutien à ses efforts pour régler la crise, en faisant cesser la violence et les tueries, en assurant les soins médicaux (aux blessés) et en libérant les détenus politiques, et ce en prévision d’une étape transitoire » conformément à l’accord de Genève conclu fin juin, a ajouté le porte-parole. Cet accord fixe des principes pour la transition en Syrie, mais sans appeler au départ du président Assad. M. Abdel Azim a plaidé pour « un compromis », affirmant que M. Brahimi allait « écouter l’opposition et les responsables et cristalliser des idées et un plan qui pourrait réussir ».


Une délégation du CCCND doit se rendre aujourd’hui en Chine, alliée de poids du régime, avant de participer le 23 septembre à une conférence à Damas d’une vingtaine d’organisations hostiles tant au régime qu’à l’opposition armée. Selon M. Abdel Azim, la délégation du CCCND va demander à Pékin de « faire pression sur le régime pour qu’il arrête les violences, retire les engins (militaires des rues), libère les détenus et autorise les manifestations pacifiques ». « C’est la violence du régime et la solution sécuritaire et militaire (qu’il a adoptée) qui ont généré la violence, les groupes extrémistes et les gangs criminels », a-t-il poursuivi. M. Brahimi s’était entretenu peu après son arrivée jeudi à Damas avec le chef de la diplomatie, Walid Moallem. Ce dernier l’avait assuré de « la pleine coopération de la Syrie pour faire aboutir sa mission », selon l’agence SANA. Il a également jugé que toute initiative pour régler la crise devait rester « loin de toute intervention étrangère ».


Parallèlement, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a reçu hier une délégation de l’opposition syrienne, emmenée par Mahmoud Daham al-Muslat, coordinateur des relations étrangères du Conseil national syrien (CNS) pour les États-Unis et le Canada. Il s’est entretenu avec eux des moyens de mettre fin à la crise en Syrie. M. Maliki a également exhorté ses interlocuteurs à « s’inspirer de l’expérience que l’Irak a acquise dans les périodes de changement ».
Sur le terrain, comme tous les vendredis, des manifestations hostiles au régime ont eu lieu dans la plupart des régions de Syrie, où de violents combats avaient lieu par ailleurs à Damas et Alep.


Ainsi à Alep, les rebelles continuaient d’opposer une forte résistance à l’armée, malgré les bombardements de leurs bastions. L’aviation du régime a pilonné à l’aube deux postes de police dont les rebelles avaient pris le contrôle jeudi dans le quartier de Midane, ont rapporté des habitants et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Ce quartier est considéré comme stratégique car il ouvre l’accès à la principale place de la ville. Un habitant y a fait état de combats ainsi que dans le quartier voisin d’Arqoub. « Je crois qu’il va y avoir une grosse opération militaire », a-t-il ajouté. « Les troupes du régime sont fortement déployées à Midane et se préparent pour en déloger les rebelles », avait déclaré auparavant le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Dans la province d’Alep, les insurgés ont attaqué une nouvelle fois l’aéroport Menagh, principale base aérienne de la région, selon l’OSDH. À Damas, l’ONG a fait état de « violents combats », notamment à Hajar el-Aswad et Qadam. Trois importantes déflagrations ont également été entendues en matinée, selon des habitants, qui ont précisé que des hélicoptères survolaient la capitale. Les violences ont fait 125 morts jeudi et 97 tués hier, selon un bilan provisoire. Depuis mars 2011, le conflit a fait plus de 27 000 morts, en majorité des civils, selon l’OSDH.


Par ailleurs, plus de deux mille écoles ont été détruites ou endommagées au cours du conflit et des centaines d’autres sont utilisées comme abris, a averti l’ONU hier, alors que la nouvelle année scolaire commence demain. « Ce sera un défi immense » d’assurer la scolarisation des enfants, a déclaré la porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance, Marixie Mercado.

 

 

 

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