Les manifestations anti-Assad se poursuivent sans relâche à travers la Syrie. Achilleas Zavallis/AFP
Plus de 100.000 Syriens ont quitté le pays en août, a annoncé mardi le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève. "Ces personnes ont cherché asile dans les pays voisins, c'est le chiffre mensuel le plus élevé depuis le début du conflit", a indiqué le HCR.
Selon une porte-parole de l'agence de l'ONU, la situation des réfugiés irakiens en Syrie est également très préoccupante. "Ils fuient pas centaines le pays, ils font l'objet de menaces directes" a-t-elle ajouté, en citant le cas d'un taxi transportant une famille de réfugiés irakiens, qui a été attaqué, ainsi que le meurtre de trois réfugiés irakiens dans une banlieue de Damas.
Par ailleurs, le président syrien Bachar el-Assad a rencontré, mardi à Damas, le nouveau patron du CICR. "Le président Assad a déclaré au président du Comité international de la Croix-Rouge qu'il saluait les opérations humanitaires menées par le comité sur le terrain en Syrie tant qu'elle restaient indépendantes et impartiales", rapporte la télévision d'Etat syrienne.
De son côté, le président du CICR Peter Maurer a salué "la volonté de coopération du gouvernement syrien" et "la confiance établie" entre Damas et l'organisation, selon l'agence officielle Sana. La rencontre a porté sur la "mise en place de mécanismes nécessaires pour renforcer cette coopération", précise l'agence.
M. Maurer était arrivé lundi soir dans la capitale syrienne pour sa première visite depuis sa nomination comme successeur à Jakob Kellenberger le 1er juillet, a affirmé la porte-parole du CICR à Damas, Rabab Rifaï. La visite de M. Maurer, qui doit durer jusqu'à jeudi, "portera sur les besoins humanitaires accrus et permettra de rappeler aux belligérants leurs devoirs en vertu de la loi internationale liée à la protection des civils" notamment, selon Mme Rifaï.
Depuis le début de l'année, le CICR et le Croissant-Rouge syrien ont distribué des secours à plus de 800.000 personnes, pour la plupart déplacées, et assuré l'approvisionnement en eau potable de plus d'un million de personnes.
(Lire aussi : A Alep, un vétéran de l'humanitaire réclame une zone d'exclusion aérienne)
Sur le terrain, les quartiers rebelles d'Alep, soumis mardi à de nouveaux bombardements à l'artillerie et au mortier, connaissent une véritable pénurie de produits alimentaires avec des marchés souvent vides, a affirmé un militant dans la métropole du Nord. "Le régime empêche les produits alimentaires de parvenir aux quartiers libérés (sous contrôle rebelle, ndlr). Les habitants sont obligés de passer les produits en contrebande, de quartier en quartier", affirme ce militant du quartier rebelle de Sakhour (est) qui se fait appeler Barra.
"Quand je vais acheter quelque chose, je dois aller dans plusieurs épiceries ou supermarchés avant de trouver ce que je veux: oeufs, yaourt, riz et même du lait pour les enfants. Ces produits sont quasi inexistants, les marchés sont presque vides", ajoute-t-il, joint par l'AFP via Skype.
"C'est difficile de trouver des bonbonnes de gaz aussi. C'est un vrai siège, une punition collective", assure le militant. "Si le régime pouvait nous priver d'air, il le ferait".
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plusieurs quartiers dont Salaheddine, ont été bombardés mardi par les troupes régulières, "faisant des blessés et détruisant des maisons". Un jeune homme a été tué par un tireur embusqué dans le quartier de Soukkari (sud).
Un rebelle a été tué dans des combats à Salaheddine, dont l'armée et les rebelles revendiquent le contrôle. Selon l'OSDH, les deux parties sont présentes dans ce grand quartier et marquent des points selon les jours. "Il n'y a pas de contrôle clair, ni pour les uns, ni pour les autres", affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.
Lundi, le général en charge des opérations de l'armée dans l'ouest d'Alep avait affirmé à l'AFP que les troupes reprendraient "d'ici 10 jours" la ville, théâtre depuis un mois et demi de combats. Un autre colonel a affirmé que Salaheddine était "totalement sous le contrôle de l'armée depuis le 9 août".
Combats et bombardements faisaient également rage ailleurs dans le pays, faisant au moins 31 morts -16 civils, huit soldats et sept rebelles- selon un bilan provisoire de l'OSDH.
A Damas, des combats ont éclaté dans la nuit à Yarmouk, le plus grand camp palestinien de Syrie situé dans le sud de la capitale, entre des combattants palestiniens proches du régime et des rebelles. Des affrontements ont également secoué le quartier rebelle de Tadamoun (sud).
A Deir Ezzor (est), les insurgés ont pris le contrôle d'une branche de la sécurité militaire après de violents combats qui ont duré plusieurs heures jusqu'à l'aube. Dans cette région frontalière de l'Irak, au moins huit soldat et quatre rebelles sont morts dans les affrontements. A Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays, deux civils, dont un enfant, ont été tués par des obus qui se sont abattus sur plusieurs localités.
Les régions rebelles de Homs (centre) et d'Idleb (nord-ouest) étaient également bombardés, selon l'OSDH. Dans le vieux Homs, un rebelle de 15 ans a été tué dans les combats. A Hama (centre), 11 civils et un rebelle ont été tués dans l'assaut d'une localité par l'armée.
Ces dernières semaines ont été les plus meurtrières en Syrie depuis le début de la révolte, avec plus de 5.000 morts en août. Au total, plus de 26.000 personnes ont péri en près de 18 mois.
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C'est malheureux et attristant! Espérons qu'ils puissent rentrer le plus rapidement possible chez eux dans un pays réconcilié pour élire par le moyen du vote leurs prochains dirigeants.
17 h 18, le 04 septembre 2012