Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a ainsi appelé les non-alignés à s’opposer aux sanctions internationales frappant l’Iran pour son programme nucléaire controversé, en ouvrant les travaux préparatoires de ce sommet auquel sont attendus les représentants d’une centaine de pays. M. Salehi a expliqué le blocage des négociations sur le dossier nucléaire par « l’approche à deux poids, deux mesures de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et d’autres entités de l’ONU ».
Il a également demandé au sommet de prendre « des mesures effectives » contre les actions terroristes « menées par des gouvernements avec le soutien des puissances occidentales », citant l’assassinat de plusieurs scientifiques nucléaires iraniens depuis 2010. Téhéran a accusé les services secrets israéliens, américains et britanniques d’être derrière ces attentats. Les autorités ont exposé hier, à l’entrée du centre de conférences où se déroulent les travaux préparatoires, les carcasses des voitures détruites par les bombes qui ont tué certains de ces scientifiques.
M. Salehi a, en outre, défendu devant les délégués la position de l’Iran sur la question palestinienne, beaucoup plus dure que celle de la plupart des autres pays non alignés, puisque Téhéran ne reconnaît pas l’existence d’Israël et appelle régulièrement à sa disparition. Toute solution « juste » du problème palestinien passe par « l’opposition au régime d’occupation illégitime », a-t-il réaffirmé.
Téhéran a toutefois fait une concession à la diplomatie en invitant au sommet le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui reconnaît Israël, et en excluant le Hamas, son principal allié palestinien qui prône une lutte sans concession contre l’État hébreu.
L’Iran a par ailleurs annoncé qu’il profiterait du sommet pour défendre sa position dans la crise syrienne, où il a pris fait et cause pour le régime de Damas, l’un de ses principaux alliés, contre les Occidentaux et la plupart des pays de la région. Téhéran, tenu jusqu’à présent par ces pays à l’écart de la plupart des efforts internationaux pour ramener la paix en Syrie, présentera ainsi en marge du sommet une « proposition », dont les détails n’ont pas été révélés, pour un règlement du conflit. Le Premier ministre syrien Waël el-Halqi et le chef de la diplomatie Walid Moallem participeront au sommet.
Trente-six chefs d’État ou de gouvernement et une quarantaine de ministres ou hauts responsables sont attendus au sommet, auquel le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a décidé d’assister en dépit des réserves exprimées par les États-Unis et Israël. Parmi eux figure le président égyptien Mohammad Morsi, qui effectuera la première visite d’un raïs en Iran depuis 30 ans pour transmettre à son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad la présidence du Mouvement des non-alignés. Les dirigeants iraniens ont qualifié ce sommet de « plus grand événement diplomatique de l’histoire de l’Iran », affichant leur intention d’en profiter pour prouver que l’Iran n’est pas aussi isolé sur la scène internationale que l’affirment les Occidentaux.
(Source : AFP)

