Les combats se poursuivaient jeudi 23 août 2012 dans le quartier de Salaheddine à Alep, alors que l’armée loyaliste a repris les quartiers chrétiens à l’ASL. James Lawler Duggan/AFP
L’armée syrienne a repris hier aux rebelles les quartiers chrétiens du centre-ville d’Alep après deux jours d’une dure bataille, et les ont chassés de Telal, Jdeidé et Sleimaniyé, très fréquentés avant le début du conflit par les touristes, selon un habitant sous couvert d’anonymat. Une large partie des quartiers musulmans d’Alep soutient la rébellion, mais il en va autrement dans les secteurs chrétiens. Une grande partie du clergé chrétien, disant craindre que les islamistes ne s’emparent du pouvoir, a affiché son soutien au président Bachar el-Assad. Cette position en faveur du régime a été critiquée par une minorité de chrétiens qui craint de voir cette communauté payer le prix fort si le régime tombe.
L’agence officielle syrienne SANA a par ailleurs indiqué que la défense civile et « les entreprises publiques ont été dépêchées immédiatement pour faire les réparations nécessaires et ramener ces quartiers à la vie normale après les avoir nettoyés des terroristes ».
Toutefois, dans le reste de la deuxième ville du pays, les quartiers de Sakhour, Tariq el-Bab, Boustane el-Kasr et Chaar ont été pilonnés à l’artillerie lourde, selon des militants. Des combats ont également lieu à Salaheddine, principal bastion rebelle, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Également, les combats faisaient rage hier à Damas et dans sa proche banlieue. À 7 km au sud de la capitale, de violents combats opposaient soldats et rebelles près de Daraya où une mère et ses quatre enfants ont été tués, selon l’OSDH. La ville est en outre soumise à un violent bombardement aux obus des chars déployés aux alentours de la ville, a précisé l’OSDH. Dans la province de Damas, la localité de Rankous était la cible de tirs d’artillerie.
Des affrontements avaient également lieu dans le quartier de Hajar el-Aswad, dans le sud de Damas, soumis à des bombardements de l’armée. « Les soldats et les membres de l’Armée syrienne libre (ASL) jouent au chat et à la souris. L’armée du régime encercle le quartier et les combattants de l’ASL sont cachés, mais dès que les premiers avancent, les seconds sortent de leurs cachettes et ripostent », a expliqué le militant Omar el-Qabouni, membre des Comités locaux de coordination (LCC).
Dans l’est du pays, des avions de l’armée syrienne ont pénétré dans l’espace aérien irakien pour bombarder la ville frontière syrienne de Boukamal tenue par les rebelles, selon des responsables irakiens.
Comme chaque semaine, l’opposition a appelé à des manifestations contre le régime aujourd’hui et adopté comme mot d’ordre « Ne sois pas triste Deraa. Dieu est avec nous », en référence à une province rebelle du Sud, théâtre d’une grande offensive ces derniers jours, selon l’OSDH.
Selon un bilan provisoire de l’OSDH, de militants et des chaînes satellitaires al-Jazira et al-Arabiya, plus de 197 personnes ont péri hier à travers la Syrie. Dix-neuf cadavres ont par ailleurs été découverts près et dans Damas.
Sur le plan humanitaire, Amnesty International a affirmé hier que les civils faisaient face à une « terrible violence » dans la bataille d’Alep, accusant le régime syrien de viser de façon indiscriminée les quartiers résidentiels par des frappes aériennes et des bombardements à l’artillerie, au lieu de cibler les objectifs militaires. « Le recours à des armes manquant de précision, comme les bombes non guidées, les tirs à l’artillerie et au mortier par les forces gouvernementales ont fortement augmenté le danger pour les civils », a ainsi déclaré Donatella Rovera, conseillère d’Amnesty International de retour d’Alep. L’organisation de défense des droits de l’homme indique dans un communiqué avoir enquêté sur une trentaine d’attaques « au cours desquelles un grand nombre de civils non impliqués dans les hostilités, parmi lesquels beaucoup d’enfants, ont été tués ou blessés ». L’ONG souligne par ailleurs une forte hausse des exécutions sommaires et extrajudiciaires de civils non impliqués dans le conflit de la part du régime. Elle a également fait état « d’exactions croissantes », dont des exécutions et des mauvais traitements de prisonniers, de la part des rebelles, dont l’ASL.
Parallèlement, l’agence Chine nouvelle a annoncé hier vouloir fournir une aide humanitaire d’un montant de 30 millions de yuans (3,7 millions d’euros) aux Syriens réfugiés en Jordanie et au Liban.
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