« Nous avons vécu les deux pires journées de notre vie »
OLJ /
le 24 août 2012 à 00h41
La bataille a été terrible, mais l’armée syrienne a repris les quartiers chrétiens du centre historique d’Alep qui étaient jeudi déserts, alors que des déflagrations sont entendues par intermittence, selon des habitants. « Nous avons vécu les deux pires journées de notre vie, nous ne pensions pas que cela pouvait se produire », a raconté Sonia, épouse d’un riche commerçant de la métropole du nord de la Syrie. « Si notre maison n’était pas construite comme une forteresse, nous serions morts. La façade est pleine d’impacts. Nous ne pouvions pas fermer l’œil de la nuit », explique cette femme, qui habite Tilal, un des trois quartiers chrétiens avec Jdeidé et Sleimaniyé. La place Farhat, avec la statue d’un ancien évêque face à la cathédrale maronite, porte les stigmates des combats sans merci que se sont livrés les belligérants. « C’est sur cette place que se trouvent les plus anciens monastères et églises d’Alep, notamment la cathédrale melkite, d’où l’évêque, critiqué pour ses positions favorables au régime, s’est enfui en toute hâte pour ne pas tomber aux mains des rebelles », a raconté un autre habitant. « Les combats de lundi et mardi ont été très violents et ont duré de très longues heures avant que l’armée ne parvienne à déloger les rebelles, procédant à l’arrestation de quelques dizaines d’entre eux », selon ce témoin qui n’a pas voulu donner son nom. « Il était essentiel pour l’armée de reprendre ces quartiers car beaucoup de maisons ont des tunnels conduisant à la citadelle toute proche », confie-t-il. « Après le nettoyage de cette zone, au cœur des quartiers résidentiels du centre-ville, des centaines d’Aleppins de ces quartiers sont descendus dans la rue Tilal jusqu’au quartier de Sleimaniyé pour exprimer leur joie et leur soutien à l’armée », a-t-il dit. Selon un habitant et une source de sécurité, après que les rebelles eurent été délogés, les habitants ont constitué des « comités populaires » pour les empêcher de revenir. Selon le chercheur Fabrice Balanche, Alep compte 2,7 millions d’habitants dont 85 % sont sunnites et 10 % chrétiens. La moitié d’entre eux sont des Arméniens. Le reste sont des syriaques, des grecs-catholiques et des maronites.
La bataille a été terrible, mais l’armée syrienne a repris les quartiers chrétiens du centre historique d’Alep qui étaient jeudi déserts, alors que des déflagrations sont entendues par intermittence, selon des habitants. « Nous avons vécu les deux pires journées de notre vie, nous ne pensions pas que cela pouvait se produire », a raconté Sonia, épouse d’un riche commerçant de la métropole du nord de la Syrie. « Si notre maison n’était pas construite comme une forteresse, nous serions morts. La façade est pleine d’impacts. Nous ne pouvions pas fermer l’œil de la nuit », explique cette femme, qui habite Tilal, un des trois quartiers chrétiens avec Jdeidé et Sleimaniyé.La place Farhat, avec la statue d’un ancien évêque face à la cathédrale maronite, porte les stigmates des combats sans merci que...
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