Des Syriens lors d'une manifestation anti-régime à Marea, à 35 km de la ville d'Alep le 17 août 2012. BULENT KILIC /
En visite en Turquie, dernière étape d'une tournée l'ayant conduit en Jordanie et au Liban, pays voisins de la Syrie, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a haussé le ton vendredi en affirmant que le régime syrien devrait "être abattu et rapidement".
Le chef du Quai d'Orsay a tenu ces propos alors que les combats faisaient rage vendredi près du principal aéroport militaire de Damas. Entre-temps, des quartiers insurgés d'Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit, étaient pilonnés par l'armée syrienne.
Ces violences ayant fait au moins 21 morts, selon une organisation syrienne, se déroulaient au lendemain de l'annonce par le Conseil de sécurité de la fin de la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, qui étaient chargés depuis avril de surveiller un cessez-le-feu qui n'a jamais été appliqué.
Comme tous les vendredis depuis le début de la révolte il y a 17 mois, des manifestations ont été organisées, malgré la répression, un peu partout en Syrie sous le slogan "avec une Armée syrienne libre (ASL) unie, la victoire est assurée", en référence aux insurgés qui combattent les troupes du régime.
Dans la ville d'Idleb, les forces de l'ordre ont encerclé les mosquées pour empêcher les fidèles de défiler dans la rue, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Et dans les provinces d'Alep (nord), en grande partie sous contrôle rebelle, et de Deraa (sud), foyer de la révolte, des "manifestations massives" ont eu lieu pour réclamer le départ du président Bachar el-Assad, selon l'OSDH qui tire ses informations d'un réseau de militants et de témoins.
Sur le front militaire, des combats ont éclaté près de l'aéroport militaire de Mazzé, dans la banlieue-ouest de Damas, preuve d'une résistance rebelle dans la capitale malgré les nombreux communiqués des autorités assurant que la ville avait été "nettoyée des terroristes".
Plusieurs quartiers du sud de Damas ont également été bombardés par l'armée, selon l'OSDH qui rapporte par ailleurs des accrochages sur l'autoroute reliant la capitale à la ville de Deraa (sud), près de la frontière jordanienne.
A Alep, insurgés et forces armées se livraient toujours bataille pour le contrôle de cette ville stratégique située à 355 kilomètres au nord de Damas, en proie à des combats depuis près d'un mois.
Plusieurs quartiers où les rebelles sont retranchés étaient bombardés tandis que des combats se déroulaient dans d'autres secteurs de la métropole, forçant les civils à se réfugier dans des abris ou à fuir, selon l'OSDH.
Ces combats font également courir des risques aux travailleurs humanitaires qui, pour cette raison, peinent à octroyer une aide médicale aux civils, selon la Croix-Rouge britannique.
Par ailleurs, les corps de 65 personnes non identifiées ont été retrouvés à Qatana, à 20 km au sud-ouest de Damas, selon l'OSDH.
Signe de l'impuissance de la communauté internationale face aux violences qui ont fait en Syrie plus de 23.000 morts en 17 mois selon l'OSDH, la mission de supervision des Nations unies en Syrie (Misnus) se terminera "dimanche à minuit".
Selon l'ambassadeur de France à l'ONU Gérard Araud, il y a toutefois "une volonté consensuelle" du Conseil de maintenir une présence de l'ONU à Damas sous forme d'un bureau de liaison.
Après cette décision, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a annoncé qu'une rencontre du groupe d'action international sur la Syrie se tiendrait vendredi.
Moscou veut que les grandes puissances, divisées sur la question d'un départ de M. Assad, lancent avec l'Arabie saoudite, l'un des principaux soutiens rebelles, et l'Iran, principal allié régional de Damas, un appel aux belligérants pour qu'ils mettent "fin à la violence le plus tôt possible".
Téhéran a pour sa part annoncé avoir accepté une proposition du président égyptien Mohamed Morsi pour la création d'un groupe de contact sur la Syrie avec l'Egypte, l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie.
Dans le même temps, l'ONU a annoncé vendredi que l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères, Lakhdar Brahimi, 78 ans, prendra la succession de Kofi Annan comme médiateur international en Syrie.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé à un soutien international "fort, clair et unifié" à M. Brahimi, en annonçant sa nomination dans un communiqué.
Le porte-parole adjoint de l'ONU, Eduardo del Buey, a précisé que M. Brahimi se rendrait "bientôt" à New York pour des entretiens. M. Annan quittera ses fonctions le 31 août.
Concernant le dossier des réfugiés, plus de 2.000 Syriens, dont un général, ont fui jeudi la Syrie pour la Turquie à la suite d'un raid aérien de l'armée sur le bastion rebelle d'Azaz (nord), a déclaré à l'AFP un diplomate turc, portant à 62.000 le nombre total des réfugiés syriens en Turquie.
Près de 200.000 Syriens se sont par ailleurs réfugiés en Jordanie et au Liban, pays à l'équilibre confessionnel fragile qui connaît un regain de tensions en raison du conflit syrien.
De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est fixé comme objectif de nourrir environ un million de personnes d'ici à fin septembre en Syrie.
Reportage
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Le chef du Quai d'Orsay a tenu ces propos alors que les combats faisaient rage vendredi près du principal aéroport militaire de Damas. Entre-temps, des quartiers insurgés d'Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit, étaient pilonnés par l'armée syrienne.
Ces violences ayant fait au moins 21 morts, selon une organisation syrienne, se déroulaient au lendemain de l'annonce par le Conseil de sécurité de la fin de la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, qui étaient chargés depuis avril de surveiller un cessez-le-feu qui n'a...




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