Des courriels de dirigeants de Goldman Sachs avaient notamment été publiés et qualifiaient les produits en cause de « contrats de m... ». Chris Hondros/AFP
En avril 2010, la Commission américaine des opérations de Bourse (SEC) avait engagé des poursuites civiles contre Goldman Sachs en l’accusant d’avoir trompé des investisseurs en leur vendant des produits financiers adossés à des prêts immobiliers à risque, au moment où le marché immobilier se retournait, tout en pariant sur la chute de ces produits. Des courriels de dirigeants de Goldman Sachs avaient notamment été révélés et qualifiaient les produits en cause de « contrats de m... ». Un courtier personnellement mis en cause, Fabrice Tourre, ironisait sur les « les pauvres petits emprunteurs peu solvables » qui ne « vont pas faire de vieux os ».
Cette affaire avait donné lieu à une audition très médiatisée des dirigeants de Goldman Sachs et de Fabrice Tourre devant une commission sénatoriale dirigée par le démocrate Carl Levin et le républicain Tom Coburn. Goldman Sachs avait accepté de payer le record de 550 millions de dollars en juillet 2010 pour mettre fin aux poursuites de la SEC. Quelque mois plus tard, le rapport de la commission Levin-Coburn sur la crise financière avait été très accusateur pour les banques et en particulier Goldman Sachs. Le DoJ avait également ouvert une enquête pénale, mais l’administration a donc finalement classé l’affaire sans suite.
Le sénateur Carl Levin a réagi vertement hier : « Que la décision du DoJ soit le résultat de lois ou d’autorités d’application des lois faibles, les actions de Goldman Sachs (liées aux dérivés de crédits immobiliers) étaient trompeuses et immorales » et « ont contribué à la crise financière qui nous a presque plongé dans une deuxième grande dépression ». M. Tourre reste toutefois poursuivi au civil par la SEC. Un procès est prévu à New York. « Le fait que le DoJ abandonne l’enquête enlève une des nombreuses ombres qui continuent de nuire à la réputation de la banque » a commenté Michael Wong, analyste de la maison de courtage Morningstar. En mars, un ex-employé accusait notamment les dirigeants de la banque de traiter en privé leurs clients de « pantins ».
La banque a aussi été critiquée ces dernières années pour avoir aidé la Grèce à baisser à court terme le niveau de son endettement en le lissant sur plusieurs années, dissimulant ainsi la mauvaise santé des finances du pays aujourd’hui au bord de la faillite.
Récemment, Goldman s’est aussi retrouvée montrée du doigt par un juge aux États-Unis dénonçant des conflits d’intérêt « dérangeants » dans le cadre du rachat d’une société de transport énergétique américaine, El Paso, par sa concurrente américaine Kinder Morgan l’an dernier.
Jeudi, Goldman Sachs avait par ailleurs indiqué que la SEC avait abandonné une autre enquête liée à des produits adossés à des titres immobiliers, mais la banque fait toujours l’objet de multiples poursuites et enquêtes liées à ses ventes de dérivés de crédits immobiliers avant la crise. L’action Goldman Sachs cédait 1,21 % à 102,35 dollars à la mi-séance.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine