L'Assemblée générale de l'ONU a adopté vendredi à une large majorité une résolution dénonçant le pilonnage des villes rebelles par l'armée syrienne. Mario Tama /
L'Assemblée générale de l'ONU a adopté vendredi à une large majorité une résolution dénonçant le pilonnage des villes rebelles par l'armée syrienne et critiquant l'impuissance du Conseil de sécurité à agir pour faire cesser le conflit en Syrie.
La résolution, présentée par l'Arabie saoudite au nom du groupe arabe et soutenue par une soixantaine de pays dont les Etats-Unis et les Européens, a été adopté par 133 voix pour, 12 contre et 31 abstentions.
Dans le même temps, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les grandes puissances à surmonter leurs "rivalités" pour mettre fin au conflit en Syrie qu'il a qualifié de "guerre par procuration avec des acteurs régionaux et internationaux armant un camp ou l'autre".
Estimant que le conflit aurait pu être évité, il a évoqué des prévisions d'experts qui redoutaient il y a 18 mois une "radicalisation, l'extrémisme et le terrorisme". "Toutes ces prévisions terribles ont été confirmées", a-t-il ajouté.
"Les intérêts immédiats du peuple syrien doivent prévaloir sur les rivalités ou les luttes d'influence", a déclaré M. Ban à l'ouverture d'un débat à l'Assemblée générale sur une résolution sur la Syrie.
Cette déclaration intervient au lendemain de l'annonce de la démission du médiateur international Kofi Annan après des mois d'efforts infructueux pour mettre un terme à plus de 16 mois de violences, la Russie, pays allié du régime de Bachar el-Assad, a appelé à remplacer M. Annan "d'urgence".
Moscou et Pékin ont bloqué au Conseil de sécurité trois projets de résolution occidentaux condamnant la répression menée par le régime syrien.
Cette initiative a une portée essentiellement symbolique puisque l'Assemblée ne peut émettre que des recommandations.
Sur le terrain, l'armée bombardait les quartiers rebelles à Damas et Alep, théâtre d'une bataille cruciale dans la guerre en Syrie où les insurgés ont pris le contrôle de 70% de la province de Deir Ezzor, principal réservoir pétrolier du pays, limitrophe de l'Irak.
Malgré les violences qui ont encore fait 19 morts, 14 civils et cinq rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des milliers de personnes sont descendues dans les rues comme tous les vendredi, à Tartous, Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre), Hassaké et Alep (nord) où les manifestants ont appelé à "exécuter Bachar".
Dans la deuxième ville du pays, Alep, survolée par des avions et des hélicoptères, de violents combats ont éclaté à Salaheddine, le bastion rebelle que l'armée tente de prendre d'assaut, selon l'OSDH.
Selon les habitants, des snipers sont déployés sur les murailles de la vieille ville. "La citadelle d'Alep est un symbole, c'est l'histoire de nos ancêtres, nous allons l'attaquer si Dieu le veut et nous libèrerons tout le pays", a déclaré dans le dédale de la vieille ville, Abou Mohammad, un rebelle.
"La violence continue de s'intensifier" à Alep où des renforts "considérables" ont été dépêchés pour la "grande bataille", a estimé le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.
A Damas, l'armée livrait bataille aux rebelles dans le quartier de Tadamoun, voisin du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk où 21 civils ont été tués jeudi par des tirs d'obus, selon l'OSDH.
Des combats ont également éclaté aux abords de l'aéroport militaire à Marj el-Sultane dans la province de Damas, selon l'OSDH. L'armée avait repris il y a une semaine le contrôle de la capitale après des combats violents et cherche à nettoyer les poches de résistance rebelle.
A Deir Ezzor, "les opposants ont pris le contrôle de toute la province, hormis les villes de Mayadine et de Boukamal, où se déroulent de violents combats", a déclaré le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane à l'AFP.
Les forces du régime utilisaient des avions ainsi que l'artillerie postée à Mayadine pour bombarder d'autres secteurs tombés entre les mains des opposants qui ont pris un bâtiment des services de sécurité dans cette ville, plantant le drapeau de l'indépendance, selon l'OSDH.
Un général de brigade de l'armée du président Bachar el-Assad a par ailleurs franchi vendredi matin la frontière pour se réfugier en Turquie, portant à 29 le nombre de généraux syriens déserteurs accueillis sur le sol turc, a déclaré une source diplomatique turque.
Mettant à profit les divisions internationales, le régime syrien reste déterminé à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, et qui s'est militarisée face à la répression sanglante faisant plus de 20.000 morts en 16 mois selon l'OSDH.
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La résolution, présentée par l'Arabie saoudite au nom du groupe arabe et soutenue par une soixantaine de pays dont les Etats-Unis et les Européens, a été adopté par 133 voix pour, 12 contre et 31 abstentions.
Dans le même temps, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les grandes puissances à surmonter leurs "rivalités" pour mettre fin au conflit en Syrie qu'il a qualifié de "guerre par procuration avec des acteurs régionaux et internationaux armant un camp ou l'autre".
Estimant que le conflit aurait pu être évité, il a évoqué des prévisions...


